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max et la grande illusion emanuel bergmannC’est bientôt reparti pour cette grande exception française qu’est la rentrée littéraire ! Avec la parution, échelonnée du 16 août à la fin du mois d’octobre, de pas moins de 581 romans, la rentrée littéraire 2017, un soupçon plus dense que le cru précédent (560 romans en 2016), ose, en dépit d’un premier semestre décevant en librairie, une programmation ambitieuseEt audacieuse puisque, même si les littérature française et littérature francophone font une belle progression avec 390 romans à paraître (363 en 2016), ce sont les primo-éditions qui connaissent la plus forte augmentation avec la publication prévue de 81 premiers romans contre 66 nouveaux auteurs en 2016 ; la littérature étrangère étant seule à essuyer un recul, somme toute minime, avec 191 romans soit cinq titres de moins que l’année passée.

Est-il besoin de dire que sur Adepte du livre, on se réjouit follement de cette généreuse cuvée de nouvelles plumes ? Ne reste qu’à espérer que cette place plus large faite aux primo-romanciers flanquant les têtes d’affiches plébiscitées tant par les lecteurs que par les professionnels du livre se reflétera également dans la course aux grands prix littéraires d’automne… Et que l’intérêt soudain qui leur est porté de plus en plus de côtés (spécialistes comme amateurs) n’est pas qu’un opportunisme tendanciel mais une attention sincère et durable, les prémisses d’une vraie tradition comme ici sur Adepte du livre

Quoi qu’il en soit, le rituel bi-annuel tour d’horizon de la rentrée littéraire côté premier roman ici fait aura toujours sa place, puisqu’entre la pléthore de livres à paraître et une lumière qui ne se porte bien souvent que sur les pointures de la littérature, il est difficile pour les plumes prometteuses de sortir de l’anonymat et d’émerger sur les tables des libraires ! Et comme chaque année, fidèlement à l’esprit du blog d’ouverture des frontières et des genres littéraires, la présentation des premiers romans de la rentrée littéraire sera consacrée tant aux premiers romans français et premiers romans francophones qu’aux premiers romans étrangers, tant aux premiers romans de la littérature générale qu’aux premiers romans de la littérature de genre (thriller, science fiction, érotique, fantasy…) et tant aux premiers romans des grandes maisons d’édition qu’à ceux publiés par les petits éditeurs indépendants, afin de satisfaire toutes les préférences et autres habitudes de lecture.

Invitation à sauter le pas de l’inconnu(e) littéraire, potentiel(le) promesse de toutes les audaces, de tous les renouveaux littéraires, ce coup de projecteur exclusif sur chaque premier texte de la rentrée littéraire 2017 – qui se déroulera comme à l’accoutumée tout au long de l’été – laisse entrevoir que les écrivains en herbe n’échappent pas à la vogue, à l’air du temps. Les thèmes fétiches de la rentrée littéraire 2017 – inspirations partagées d’auteurs, demandes d’éditeurs conscients du potentiel commercial ou préférences de lecteurs ? – restent dans l’ensemble fidèles aux dernières grand-messes éditoriales. Autofiction, exofiction, romans et polars historiques privilégiant notamment les guerres mondiales, les années 60 et 70 dont l’incontournable Mai 68, la guerre d’Algérie ou encore la libération des mœurs et l’émancipation de la femme, ou encore biographies romancées de personnages célèbres ont le vent en poupe. Et même si certains livres se penchent sur les questions sociétales qui dominent l’actualité, force est de constater que la majorité des écrivains ne cherchent pas à ancrer les lettres modernes dans le réel et délaissent l’imaginaire et l’invention d’une société future aux auteurs de science fiction. Une fuite en arrière de la production littéraire française actuelle dont on ne saurait traduire si elle tient à la volonté d’échapper au temps présent, à l’absence de personnalités contemporaines inspirantes ou à la simple nostalgie… Bref, la mode est au passé révolu.

Voici donc la première sélection de la rentrée littéraire 2017 côté premier roman. Alors, lecteurs en tous genres, liseurs de tous horizons, impatients découvreurs de nouvelles saveurs et peut-être des best-sellers de demain, êtes-vous prêts à vous offrir de l’inattendu, du jamais lu et à soutenir ces néo-romanciers ? Read-y ? À vos marque-pages, prêts, lisez !

Aux Éditions Belfond :

Le Sympathisant de Viet Thanh Nguyen (États-Unis), à paraître le 17 août : Prix Pulitzer 2016, Prix Edgar du Meilleur Premier Roman 2016, finaliste du prix PEN/Faulkner. Entre confession, témoignage, roman épique, restitution historique, œuvre politiquement engagée, un chef-d’œuvre psychologique d’un réalisme saisissant, un véritable coup de maître qui questionne, à travers le portrait d’un homme aux deux visages, tout un pan de l’histoire américaine. Un premier roman choc qui a propulsé instantanément Viet Thanh Nguyen au rang des révélations littéraires. Au Vietnam et en Californie, de 1975 à 1980. Avril 1975, Saïgon est en plein chaos. À l’abri d’une villa, entre deux whiskies, un général de l’armée du Sud Vietnam et son capitaine dressent la liste de ceux à qui ils vont délivrer le plus précieux des sésames : une place dans les derniers avions qui décollent encore de la ville. Mais ce que le général ignore, c’est que son capitaine est un agent double au service des communistes. Arrivé en Californie, tandis que le général et ses compatriotes exilés tentent de recréer un petit bout de Vietnam sous le soleil de L.A., notre homme observe et rend des comptes dans des lettres codées à son meilleur ami resté au pays. Dans ce microcosme où chacun soupçonne l’autre, notre homme lutte pour ne pas dévoiler sa véritable identité, parfois au prix de décisions aux conséquences dramatiques. Et face à cette femme dont il pourrait bien être amoureux, sa loyauté vacille…

La Tanche d’Inge Schilperhood (Hollande), à paraître le 17 août : Un premier roman qui a créé une onde de choc aux Pays-Bas. Finaliste de tous les plus prestigieux prix littéraires, une œuvre élégante, sobre, délicate, pour aborder un sujet tabou : entrer dans la tête d’un homme en lutte contre lui-même et contre ses pulsions pédophiles. Une lecture pas toujours confortable mais pourtant nécessaire, prompte à ouvrir un débat trop souvent dénié. Dans un village de la banlieue d’Amsterdam, au bord de la mer, de nos jours. Jonathan, la trentaine, sort de prison. Dans le bus qui l’emmène chez sa mère, il se répète ce que le psychologue lui a enseigné : s’il organise rigoureusement ses journées, il sera un homme meilleur. Jonathan se le promet : il va s’occuper de sa mère, faible, asthmatique, retourner travailler à l’usine de poissons, promener le chien, aller à la pêche. Il restera seul, il ne parlera à personne, il va s’occuper les mains, l’esprit, tout pour ne pas replonger. Car Jonathan est un pédophile. Il est sorti de prison, faute de preuves. Le psychologue lui a parlé d’un taux de récidive de 80 %. Il sait qu’il ne doit pas se laisser déborder par ses pulsions. Or, dans ce quartier en démolition où vit sa mère, vivent aussi une mère célibataire et sa fillette…

Max et la grande illusion d’Emanuel Bergmann (Allemagne), à paraître le 7 septembre : Porté par une langue originale et pleine d’empathie, un premier roman culotté, qui s’impose comme une véritable prouesse littéraire. Drôle, émouvante et bourrée de charme, la rencontre inattendue de deux êtres hors du commun, réunis par l’envie dévorante d’accomplir des miracles. Un voyage rocambolesque à travers l’Europe des années sombres jusqu’aux collines de Los Angeles du début du XXIe siècle. Prague, 1934. Mosche Goldenhirsch, fils de rabbin, mène une existence bien triste et bien monotone. Sa mère adorée vient de mourir et les relations avec son père sont de plus en plus houleuses. Quand un cirque débarque à Prague, il décide de se lancer dans l’aventure et de suivre la troupe. Mosche se voue corps et âme à sa nouvelle passion et apprend toutes les ficelles du métier avec son maître, l’Homme demi-lune. Il rêve aussi à la très belle assistante, Julia… Et de fil en aiguilles, Mosche Goldenhirsch devient le Grand Zabbatini, ce magicien que tout le monde veut voir, Adolph Hitler y compris… Los Angeles, 2007. Max Cohn a 11 ans et sa vie vient de basculer : ses parents vont divorcer. Le jeune garçon est effondré, surtout qu’il est persuadé d’être responsable du drame. En fouillant dans les vieilleries de son père, il tombe sur un CD du Grand Zabbatini et découvre son célèbre tour : « le sortilège de l’amour éternel ». Max en est sûr, seul un magicien peut faire des miracles et réparer l’irréparable, alors il part à la recherche de celui qui représente son dernier espoir…

Aux Éditions Gallmeister :

Une histoire des loups d’Emily Fridlund (États-Unis), à paraître le 17 août : Madeline, adolescente un peu sauvage, observe à travers ses jumelles cette famille qui emménage sur la rive opposée du lac. Un couple et leur enfant dont la vie aisée semble si différente de la sienne. Bientôt, alors que le père travaille au loin, la jeune mère propose à Madeline de s’occuper du garçon, de passer avec lui ses après-midi, puis de partager leurs repas. L’adolescente entre petit à petit dans ce foyer qui la fascine, ne saisissant qu’à moitié ce qui se cache derrière la fragile gaieté de cette mère et la sourde autorité du père. Jusqu’à ce qu’il soit trop tard. Troublant et poétique, best-seller dès sa parution aux États-Unis, le premier roman d’Emily Fridlund a été acclamé par la critique.

L’enfer de Church Street de Jake Hinkson (États-Unis), à paraître le 17 août : Geoffrey Webb est en train de se faire braquer sur un parking. Et cette situation lui convient bien, il en redemanderait même. À son agresseur, il propose un marché : empocher les trois mille dollars qui se trouvent dans son portefeuille, le dépouiller de tout s’il le faut, en échange de cinq heures de voiture jusqu’à Little Rock, Arkansas. Webb a besoin de se confesser. Ce braquage et ce pistolet pointé sur lui, il les mérite. Et il est prêt à expliquer pourquoi. L’Enfer de Church Street est un hommage non déguisé à Jim Thompson dont il partage la vision du monde et l’humour noir. Ce roman est lauréat du Prix Mystère de la Critique (Meilleur roman étranger) et fait partie des 10 meilleurs polars sélectionnés par le magazine Lire en 2015.

Aux Éditions Alma :

Luwak de Pierre Derbré, à paraître le 24 août : Igor Kahn est un homme bien sous tous rapports, trop bien même. Contremaître scrupuleux dans une usine qui fabrique des baignoires balnéo à débordement permanent, il est poli avec tout le monde. Et solitaire. Il n’a qu’un seul ami, René, placé comme lui en famille d’accueil lorsqu’ils étaient enfants. Son licenciement suivi d’un gain à la Française des Jeux va le propulser au pays de ses rêves. Fini la vie atone ! Igor achète sur l’estuaire de la Gironde, une maison d’artiste. Igor peint, pêche, assiste aux réunions du conseil municipal, invite ses voisins charmants, se fait des amis. Tout semble lui réussir, mais Igor sent bien qu’il tourne en rond. Notre heureux ami va découvrir une notion qui le stupéfie : l’hapax existentiel. « Cette expérience unique et insolite qui partage de manière irrémédiable l’existence de celui qui l’éprouve entre un avant et un après. » Il se donne jusqu’au solstice d’été pour trouver son hapax à lui. Inattendu, extravagant, son graal le mènera à l’autre bout du monde, à Sumatra, au pays des luwaks.

Aux Éditions Mercure de France :

Une fille au bois dormant d’Anne-Sophie Monglon, à paraître le 31 août : Lorsque Bérénice Barbaret Duchamp, 33 ans, cadre dans une grande entreprise de communication, rentre de congé maternité, elle sent qu’on la regarde différemment. En son absence, des changements notables ont eu lieu. Progressivement elle est mise à l’écart. Bérénice, qui n’a jamais cherché à être en première ligne ou dans la lumière, aurait tendance à accepter la situation, comme anesthésiée. Mais son mari et son amie Clara la secouent : elle doit se battre ! À la faveur d’un stage de développement personnel – « placer sa voix pour trouver sa voie » –, elle se lie d’amitié avec Guillaume, le formateur musicien. Chez le jeune homme, elle décèle un possible alter ego. Cette rencontre, conjuguée avec les sollicitations toujours plus urgentes de son nourrisson, lui donnera peut-être la volonté de se réveiller. Avec ce premier roman, Anne-Sophie Monglon peint la trajectoire d’une femme moderne confrontée à la violence du monde du travail, qui tente de se réapproprier sa propre vie et de lui donner un sens.

Aux Éditions Fayard :

Nitro Mountain de Lee Clay Johnson (États-Unis), à paraître le 20 août : Dans une ancienne région minière des Appalaches ravagée par la pauvreté, l’ombre de Nitro Mountain s’étend sur la cohorte de laissés pour compte, junkies, piliers de comptoir, vauriens et marginaux sublimes qui y vivent. Jones, un musicien bluegrass qui se donne avec son groupe dans des bars glauques, prend sous son aile Leon, un jeune homme paumé qui ne se remet pas de sa rupture avec la séduisante, torturée et bouleversante Jennifer. Celle-ci a eu la mauvaise idée de tomber sous la coupe d’Arnett, un truand psychopathe aussi terrifiant que fascinant, reconnaissable au tatouage Daffy Duck qu’il porte au cou. Quand Turner, ex-flic cinglé à la gâchette facile qui a troqué son arme de service pour une arbalète, se met en tête d’arrêter Arnett, suspecté de meurtre, afin de regagner son insigne, les choses ont déjà commencé à tourner à l’aigre. Un roman noir pénétrant, des personnages tordus, désespérés, et diablement attachants : Lee Clay Johnson fait une entrée fracassante en littérature à travers ce récit envoûtant, imbibé de whiskey et de drogues dures, sur fond de musique country.

Dans la peau de Gustav M. de Frédéric Chaslain, à paraître le 11 octobre : Gustav Malher est mort en 1911, du moins c’est ce que pense Cornelius Franz, chef d’orchestre à Vienne. Un beau jour, un être s’insinue dans son esprit et dans ses gestes, dans le but de lui faire achever sa dixième symphonie.

Aux Éditions Christian Bourgois :

Avenue Yakubu, des années plus tard de Jowhor Ile (Nigeria), à paraître le 7 septembre : À Port Harcourt, au Nigeria, en 1995, le destin de la famille Utu bascule un soir de septembre lorsque Paul, le fils aîné, âgé de dix-sept ans, ne rentre pas chez lui. Ses parents, Bendic, un éminent avocat respecté de tous, et Ma, une professeur d’université très appréciée, tentent de rassurer Ajie et Bibi, leurs deux autres enfants, répétant, avec un optimisme qui cache mal leur inquiétude, que Paul sera de retour avant le lendemain matin. Les heures et les jours passent sans qu’il ne réapparaisse. Il est rare de trouver tels suspense et poésie dans une même phrase. Dans ce premier roman, Jowhor Ile livre une évocation saisissante du Nigeria des années de dictature, creuset de traditions et de modernisme, un pays dont l’espoir et l’énergie s’expriment magnifiquement dans la jeune voix du narrateur, Ajie.

15 réflexions sur “Rentrée littéraire 2017 côté premier roman #1

  1. On parle déjà beaucoup du Gallmeister, Une histoire de loups.
    En premier roman, j’ai aimé Le courage qu’il faut aux rivières d’Emmanuelle Favier mais il m’en reste beaucoup à lire

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