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Coaching littéraire pour séduire en 7 étapesla-premiere-fois-que-berenice-vit-aurelien-elle-le-trouva-franchement-con

Présentation de l’éditeur : Véritable outil d’autocoaching, ce guide positif en 7 étapes vous propose de vous appuyer sur les cas de la littérature pour vous épanouir dans votre vie amoureuse. Vous y découvrirez comment faire les bons choix dans Les Misérables, vous comprendrez l’importance de déclarer sa flamme dans Orgueil et Préjugés, et vous cesserez de vouloir reconquérir votre ex après avoir relu Gatsby le Magnifique ! Plus encore, vous constaterez que les classiques de la littérature n’ont jamais été aussi modernes et que, s’ils l’avaient pu, d’Artagnan, Bel-Ami ou Manon Lescaut n’auraient probablement pas hésité à se connecter avec leur smartphone et à envoyer des textos enflammés… Du site de rencontres au relooking, en passant par les réseaux sociaux et la téléréalité, aucune des questions contemporaines n’est occultée.

Illustrations : James Dignan

Éditions Eyrolles – 223 pages

Depuis le 19 janvier 2017 en librairie.

Ma note : 4 / 5

Broché : 14,90 euros

Ebook : 9,99 euros

Derrière La première fois que Bérénice vit Aurélien, elle le trouva franchement con, titre à rallonge aussi trendy qu’improbable, se devine immédiatement le juste et malicieux retour de l’illustre phrase-seuil du roman Aurélien de Louis Aragon – La première fois qu’Aurélien vit Bérénice, il la trouva franchement laide. Sarah Sauquet ne pouvait résolument faire meilleur choix que de s’appuyer sur l’un des plus célèbres incipit mettant en scène un couple mythique de la littérature amoureuse pour intituler son livre de coaching littéraire en séduction.

Depuis quelques années, les guides de développement personnel ont le vent en poupe. Ouvrages censés aider à être heureux, leur mauvaise presse dans le milieu des sciences sociales s’inscrit en radical paradoxe d’avec leur succès sans précédent côté lectorat. Dans toute société, il est nécessaire à l’être humain de donner sens aux épreuves qu’il traverse et de disposer de moyens d’action et d’outils pour continuer à vivre ; d’autant plus dans la jungle du « marche ou crève » où, l’inédite richesse de niveau de vie ayant donné naissance à un nouvel ordre moral fondé sur l’autodétermination, l’autonomie et la survie individuelles plutôt que sur la solidarité et la survivance du groupe, s’aider soi-même est peu ou prou le seul secours que l’on puisse espérer. Dans cette dynamique en laquelle se plaindre et se poser comme une victime est conçu comme la méprisable inertie du loser alors que se battre et travailler sur soi pour se relever est perçu comme l’honorable proactivité du winner, le marché du bien-être en général et de l’autocoaching en particulier a naturellement explosé. Avec leur dimension universelle mais pas collective, loin de considérations philosophiques, parlant à l’individu de lui-même, de ses compétences, de ses ressources inexploitées et de sa marge de réparation par son propre travail qui lui permettra de devenir vraiment lui-même, les guides apparaissent comme ces indispensables instruments grâce auxquels les lecteurs ont trouvé les puissants ressorts de changement dont ils avaient besoin. Malgré le plus souvent des conseils entre truisme et inconsistance, ces ouvrages donnent au lecteur la sensation d’être compris et assisté dans ses problématiques existentielles et son besoin de transformer ce qui ne va pas dans sa vie et si, finalement, rien de nouveau ne lui sera appris et qu’il sera le seul responsable et acteur mais dira comme on l’entend souvent à propos de ces guides « ce livre a changé ma vie », c’est bien l’essentiel. Dans le tourbillon de préoccupations au cœur desquelles le discernement fait parfois défaut et dans un monde de précipitation et de complexité, il n’est jamais vain de replonger dans les basiques, les choses simples et évidentes que l’esprit tourmenté a tendance à occulter.

Et n’est-ce pas, selon la pascalienne pensée, dans les raisons du cœur que la raison s’ignore le plus souvent ? Sarah Sauquet l’a bien compris, « l’amour est la grande affaire de notre vie et c’est d’ailleurs pour cela qu’on lui demande autant », quel que soit le pays où l’on se trouve ou la culture à laquelle on appartient. Mais si, entre universelle perdition amoureuse et tendance feel good mercatique, l’évidence du guide de séduction s’impose, pourquoi lui adjoindre la littérature, l’aborder sous l’angle des lettres ?

En premier lieu parce que Sarah Sauquet est une passionnée tombée dans la marmite de la littérature dès son enfance, comme un dérivatif curatif à la maladie digestive dont elle est atteinte. Une flamme qui l’a conduite à devenir, depuis plus de deux lustres, professeur de lettres en lycée, puis créatrice d’applications littéraires – Un texte, un jour pour la littérature française (n°1 sur l’Appstore  dans la catégorie Littérature et disponible sur le Google Play Store) déclinée en Un poème, un jour pour la poésie, A text, a day pour la littérature anglo-saxonne et Un poème, un Éros pour la littérature érotique et amoureuse française -, au point de compter parmi les femmes inspirantes réclamées pour tenir conférence au prestigieux TEDxWomen 2015. Autant d’expériences qui lui ont conféré légitimité et savoir-faire pour donner mieux que personne du pep’s aux classiques.

En second lieu parce que la vaste place de l’amour au cœur de romans dont l’importance historique est parfois considérable érige la littérature amoureuse au rang de réfléchissance pédagogique virant potentiellement en miroir aux alouettes. Expérience par procuration, d’apprentissage ou d’identification, de l’acte d’aimer, la lecture peut véritablement être utilisée à bon ou à mauvais escient. Grâce à son entendement profond et éclectique des classiques, Sarah Sauquet, sans verser ni dans l’anthologie de la littérature amoureuse ni dans l’approche hagiographique de l’amour romanesque, décortique la capacité de la littérature à fasciner et influer sur l’amour et démontre, si tant est qu’on se repose sur une rationalité empirique, dans quelle mesure il est possible de s’inspirer de la littérature pour s’épanouir dans sa vie amoureuse et combien les héroïnes et héros de romans peuvent se révéler de parfaits coaches amoureux.

Si certains sont mieux armés que d’autres pour rencontrer l’amour, le reconnaître et savoir le garder, il faut croire qu’être passionnée de littérature classique ne constitue, a priori, en rien une carte maîtresse. Bercée depuis mon adolescence par les chefs-d’œuvres de la littérature amoureuse, j’ai longtemps cru que l’amour, le vrai, frapperait à ma porte comme par enchantement. Telle une Emma Bovary rêvant à sa fenêtre, je me voyais rencontrer Heathcliff, Solal ou Aurélien, dans un amphi bondé, à une terrasse de café ou, pourquoi pas, en haut d’un téléphérique. Ce dernier aurait bien sûr immédiatement été frappé par une conception toute singulière du tragique et du romanesque, et nos destinées sentimentales se seraient unies autour d’un avenir déjà tout tracé. Les années aidant, j’ai, comme tout un chacun, roulé ma bosse, souffert un peu, et beaucoup appris. L’incorrigible et perplexe rêveuse s’est, contre toute attente, peu à peu transformée en chantre du pragmatisme considérant désormais la littérature comme support de réflexion, et non plus de perdition. C’est, en effet, à force de lire et de relire des classiques que j’ai pu affûter mon regard, étoffer mon jugement, mieux analyser des cas de figure auxquels j’étais confrontée ou qui m’étaient relatés. Et j’aime à penser que sans les classiques, et la connaissance qu’ils m’ont apportée de la nature humaine et de l’intelligence des situations, je n’aurais pas su reconnaître le véritable amour quand il s’est présenté à moi.

Restait encore à surmonter l’a priori infranchissable fossé entre classiques et amour au temps du XXIe siècle, force étant de constater que de l’amour courtois à la romance 2.0, les mœurs ont passablement évolué ; anachronisme préconçu faisant grossièrement fi du talent de Miss Sauquet pour dévoiler l’intemporelle modernité des chefs-d’œuvres de la littérature amoureuse dont la traversée des époques ne résulte nullement d’une pure coïncidence. D’autant que l’auteur n’a pas son pareil pour revisiter les grands classiques et les adapter à la séduction contemporaine !

Et d’ainsi se plonger dans ce coaching littéraire pour séduire en 7 étapes qui, dans l’optique de révéler la pertinence des réponses apportée par la littérature aux difficultés existentielles et amoureuses, enrégimente rien de moins que les personnages de Balzac, Hugo, Laclos, Maupassant, Molière, Proust, Woolf, Zola, Brontë, Cohen, Flaubert, Prévost, Racine, Rostand, Sand, Austen, Constant, Dumas, Mérimée, Stendhal, Aragon, Huysmans, Musset, Scudéry, Homère, Lafayette, Tolstoï, Brontë, Fitzgerald & Sévigné.

Parce que depuis la nuit des temps, l’amour, dans son contentement comme dans ses déplaisirs, dans son triomphe comme dans ses échecs, n’est jamais que l’éternelle partition rejouée de « l’expérience personnelle de l’universalité » selon la formule d’Alain Badiou, l’essai répertorie toutes les étapes et tous les cas de figures de la quête amoureuse, analyse les situations sentimentales mises en scène par la littérature et les transpose à la réalité contemporaine. Passant des standards aux nouvelles représentations de l’aventure galante – recherche de l’âme sœur, drague, déclaration, vie de couple, ratages et autres pièges amoureux… / sites de rencontres, relookingsmartphone, réseaux sociaux, téléréalité, agences de coaching, applis de rencontres… -, aucuns des us et processus de l’amour traditionnel et moderne ne sont occultés.

Le travail d’analyse pointue de ce guide pratique est d’autant plus remarquable que la recension laisse la part belle à l’imagination de l’auteur. Ainsi n’hésite-t-elle pas, en marge de la rigueur des extraits, statistiques et conseils, à faire preuve d’une réjouissante écriture fantaisiste en rapportant, sous diverses formes narratives, des témoignages imaginaires de figures mythiques. Une transposition de personnages plus ou moins antiques à l’époque moderne non seulement cocasse mais surtout illustrative de l’impérissable modernisme, de l’éternelle contemporanéité de la littérature.

Prouvant qu’en fait de désuétude, ceux que l’on définit comme classiques le sont justement du fait de leur intrinsèque impossible obsolescence, Sarah Sauquet fait souffler un vent de fraîcheur sur la littérature amoureuse sans jamais la dénaturer. Rompue par sa vocation professorale au heurt d’avec les préventions d’un public convaincu à tort du caractère ennuyeux et suranné de ces œuvres, elle a élaboré un ouvrage abordable, sans maniérisme, qui, plutôt que de se complaire dans le pré carré de l’élitisme littéraire germanopratin, parvient à rassembler béotiens et amoureux de la littérature, acquis à la cause d’un temps de l’amour jamais révolu et de lettres qui le subliment.

Faisant donc office de mémoire pour les connaisseurs en littérature et de manuel pour les débutants, le livre, nonobstant un ciblage à première vue restrictif, est une publication grand public qui  s’adresse aux novices comme aux vétérans de l’amour, jeunes ou moins jeunes, le sentiment n’étant pas affaire d’âge. Malgré un parti-pris graphique girly, il s’adresse en outre autant aux hommes qu’aux femmes puisque les élans et tourments du cœur ne sont pas l’apanage d’un sexe ; en témoigne le test projectif introductif décliné au féminin comme au masculin qui permet au lecteur de définir quel séducteur sommeille en lui – un quiz tenant davantage du divertissement que de la fiabilité psychométrique dont les résultats toujours flatteurs donnent envie de découvrir ou revivre les existences de ces doubles littéraires (Emma Bovary + Ariane d’Auble + Gervaise Lantier + Phèdre + Juliette, Elizabeth Bennet + Roxane + Lady Chatterley, Mme de Merteuil + Manon Lescaut + Duchesse de Langeais, Jane Eyre + Princesse de Clèves pour les filles ; D’Artagnan + Fabrice del Dongo + Fitzwilliam Darcy, Dom Juan + Valmont + Adolphe + Julien Sorel, Armand de Montriveau + des Grieux + Athos + Cyrano de Bergerac + Oreste + Heathcliff pour les garçons). Il s’adresse enfin autant aux couples qu’aux célibataires puisque même s’il est d’heureuses amours, « rien n’est jamais acquis, à l’homme ni sa force, ni sa faiblesse ni son cœur, et quand il croit ouvrir ses bras, son ombre est celle d’une croix, et quand il croit serrer son bonheur il le broie, sa vie est un étrange et douloureux divorce » comme disait Aragon.

Petit traité psychoaffectif d’éclairage sur soi et son rapport à l’autre, le premier ouvrage de l’essayiste n’est pas un manuel révolutionnaire de techniques infaillibles pour choper, se caser, se faire passer la bague au doigt ou ne jamais avoir le cœur brisé. Ni sot ni mièvre, il propose, par l’entremise d’une variété d’entrées extrayant la quintessence de la littérature amoureuse, des clés conventionnelles ou modernes basées sur l’usage, l’évidence et l’expérience pour rencontrer, séduire, garder l’âme sœur et même envisager plus sereinement l’échec amoureux. L’on en revient certes au fait de la relative vacuité de ce genre de guide de développement personnel qui rafraîchit plus la mémoire qu’il n’enrichit d’idées novatrices ; encore que les néophytes trouveront des réponses intelligentes à des questions cruciales et que la spécialiste du sujet revisite sous un jour nouveau certains des plus beaux textes qui soient. Mais peut-on vraiment jeter la pierre à un concentré de bon sens qui permet de prendre du recul et de s’auto-analyser, doublé d’un recueil rappellant les bonnes vieilles recettes indémodables de la séduction et de l’amour, celles qui mériteraient d’être remises au goût du jour et les nouveautés ?

Si La première fois que Bérénice vit Aurélien, elle le trouva franchement con, pressant le suc de la littérature comme support de réflexion à l’épanouissement amoureux, invite follement à (re)lire les classiques, l’exercice de style nécessite malheureusement de spoiler les histoires sur lesquelles s’appuie ses démonstrations. Ultime sacrilège pour tout adorateur de narrations – littéraires, cinématographiques ou quelles qu’elles soient – qui se respecte ! Cela étant, il n’est pas rare que les avant-propos des romans classiques fassent de même. Et puis, pas de mauvaise surprise pour les connaisseurs et gageons que les profanes n’auront pas le sentiment d’intrigues gâchées tant la pléthore d’exemples n’a que peu de chances d’inscrire dans les mémoires chacun des dénouements.

Brillamment menée dans l’ensemble, l’entreprise de Sarah Sauquet n’est pas exempte de quelques maladresses. L’on regrettera notamment que son coaching littéraire pour séduire ne le soit que sous l’égide des amours hétérosexuelles, l’homosexualité dans la littérature n’étant pas en reste. L’on déplorera en outre un certain manque de féminisme – dans l’acception non radicale de l’idéologie – notamment caractérisé par l’édifiant ratio de seulement 25 % de romancières qui participent à étayer une fresque de la littérature amoureuse faisant toutefois la part belle aux personnages féminins et par une mise en scène pauvrement rétrograde du concept de fidélité par l’entremise d’une Pénélope voulue fidèle à l’originale et à son époque mais dont, à l’arrivée, les propos résonnent comme un impair :

« Je me doute bien qu’Ulysse a dû avoir de nombreuses aventures, mais je n’en ai cure. Au risque de paraître terriblement vieux jeu, je pense qu’une femme se sent nécessairement grandie dans la fidélité alors que la fidélité d’un homme peut sembler, elle, suspecte. »

Des imperfections bien légitimes pour un premier pas dans le monde de l’écriture, qui restent en définitive de simples points de détails en comparaison de l’exigeant travail de documentation et de l’extrême rigueur réclamées par l’idée originale de Sarah Sauquet, développée avec sagacité. De sa plume énergique et lumineuse, elle a su révéler avec perspicacité le lien étroit qui unit l’amour I.R.L. et l’amour dans la littérature et permettre au lecteur d’appréhender le romantisme littéraire de façon pragmatique afin de tendre vers la plénitude amoureuse.

Incarnation de cette révolution silencieuse qui a scientifiquement démontré qu’un livre, qu’il soit identificatoire ou d’une absolue dissimilitude permettant de s’arracher aux soucis, contrariétés et autres idées noires tout en ne renonçant pas à regarder le monde tel qu’il est, peut accoiser, consoler, bouter hors de sa zone de confort et même transformer, La première fois que Bérénice vit Aurélien, elle le trouva franchement con est le combo parfait des phénomènes éditoriaux émergents des dernières années que sont le feel good book et la bibliothérapie.

Quelqu’un vous tient. Qui donc ? ce livre.
Un livre est quelqu’un. Ne vous y fiez pas.
Un livre est un engrenage. Prenez garde à ces lignes noires sur du papier blanc ; ce sont des forces ; elles se combinent, se composent, se décomposent, entrent l’une dans l’autre, pivotent l’une sur l’autre, se dévident, se nouent, s’accouplent, travaillent. Telle ligne mord, telle ligne serre et presse, telle ligne entraîne, telle ligne subjugue. Les idées sont un rouage. Vous vous sentez tiré par le livre. Il ne vous lâchera qu’après avoir donné une façon à votre esprit. Quelquefois les lecteurs sortent du livre tout à fait transformés. Homère et la Bible font de ces miracles. Les plus fiers esprits, et les plus fins et les plus délicats, et les plus simples, et les plus grands, subissent ce charme. Shakespeare était grisé par Belleforest. La Fontaine allait partout criant : Avez-vous lu Baruch ? Corneille, plus grand que Lucain, est fasciné par Lucain. Dante est ébloui de Virgile, moindre que lui.
Entre tous, les grands livres sont irrésistibles. On peut ne pas se laisser faire par eux, on peut lire le Koran sans devenir musulman, on peut lire les Védas sans devenir fakir, on peut lire Zadig sans devenir voltairien, mais on ne peut point ne pas les admirer. Là est leur force.

Victor Hugo

Résolument à la page mais aussi avant-gardiste, Sarah Sauquet a fait preuve de hardiesse en passant par le judicieux enrichissement numérique de son livre papier ; une association des supports de lecture papier et numérique trop peu commune qui gagnerait à être imitée (à bon entendeur mesdames et messieurs les éditeurs). Avec Aurélien et Bérénice, appli dédiée gratuite disponible sur iPhone/iPad et Android, ce ne sont pas moins de 21 textes supplémentaires qui sont offerts au lecteur.

Hymne à l’amour de soi, de l’autre et du verbe, La première fois… est un hommage brillant à la littérature

Si je me demande aujourd’hui pourquoi j’aime la littérature, la réponse qui me vient spontanément à l’esprit est : parce qu’elle m’aide à vivre. Je ne lui demande plus temps, comme dans l’adolescence, de m’épargner les blessures que je pourrais subir lors des rencontres avec des personnes réelles ; plutôt que d’évincer les expériences vécues, elle me fait découvrir des mondes qui se placent dans la continuité avec elles et me permet de mieux les comprendre. Je ne crois pas être le seul à la voir ainsi. Plus dense, plus éloquente que la vie quotidienne mais non radicalement différente, la littérature élargit notre univers, nous incite à imaginer d’autres manières de le concevoir et de l’organiser. Nous sommes tous faits de ce que nous donnent les autres êtres humains : nos parents d’abord, ceux qui nous entourent ensuite ; la littérature ouvre à l’infini cette possibilité d’interaction avec les autres et nous enrichit donc infiniment. Elle nous procure des sensations irremplaçables qui font que le monde réel devient plus chargé de sens et plus beau. Loin d’être un simple agrément, une distraction réservée aux personnes éduquées, elle permet à chacun de mieux répondre à sa vocation d’être humain.  des expériences que l’ont fait, en l’occurrence amoureuses.

Tzvetan Todorov, intellectuel récemment disparu, mari de l’auteur canadienne Nancy Huston

… mais avant tout un appel à l’ouverture des cœurs, en particulier les terrorisés, blasés et brisés qui ne devraient jamais oublier que, comme le disait Valmont à Mme de Merteuil :

Et si de l’obtenir je n’emporte le prix, j’aurais du moins l’honneur de l’avoir entrepris.

Loin d’être une illusion, la rencontre est un basculement extatique et l’amour un état de grâce qui transporte, donne foi en la flamboyance des lendemains. Qu’importe que l’on soit désarçonné par les émotions et pulsions qui échappent à notre compréhension car la mystérieuse et fascinante puissance de l’alchimie propulse l’être par-delà ses repères et le guide sur le chemin de sa magnificence créatrice. C’est à cela même que vous invite le divertissant et enrichissant travail de Sarah Sauquet. Êtes-vous sûr(e)s de ne pas vouloir prendre part à la plus intense aventure existentielle, la « seule possibilité de rédemption et de vision égalitaire entre les deux sexes » selon Pierre Bourdieu, qui permet de s’incarner dans un monde qui, par le prisme de l’amour toujours plus fort à l’heure du libertinage, du divorce de masse et à plus grande échelle de l’incertitude en la bonté humaine, est bien plus merveilleux qu’on ne le soupçonne ? Ce serait franchement con…

Vous aimerez sûrement :

L’arbre du pays Toraja de Philippe Claudel, Tartuffe au bordel d’Alain Paucard, Women’s Lands de Françoise Flamant, Une adolescence américaine de Joyce Maynard, Conversations d’un enfant du siècle de Frédéric Beigbeder, Comment vivre ? de Sarah Bakewell, Trois filles et leurs mères de Sophie Carquain, Beauvoir in love d’Irène Frain, Madame Hemingway de Paula McLain, The Guitrys d’Éric-Emmanuel Schmitt, Dernières nouvelles du front sexuel d’Ariane Bois…

Extraits :

SOMMAIRE

Avant-propos
Introduction

  1. Se préparer physiquement et psychologiquement
    • Séduire ou se mettre en couple
    • À vos marques, prêts, aimez !
    • On n’attire pas les mouches avec du vinaigre !
    • Aux (sombres) héros de la drague
    • De l’importance du relooking
  2. Éviter les obstacles
    • Avez-vous le droit d’y aller ?
    • To be libre or to be disponible ?
    • C’est mon choix !
    • Les obstacles à la relation amoureuse
    • La femme parfaite est une chieuse !
    • S’inscrire sur un site de rencontres
  3. Se jeter à l’eau
    • Partir avec un moral de gagnant
    • Comment se faire remarquer ?
    • « Donne-moi ton 06 » ou savoir prendre des initiatives !
    • Les métiers pour séduire
    • Le grand déballage ou de ceux qui en disent trop
    • Fragment d’un texto amoureux ou 24 heures de la vie d’une correspondance 2.0
  4. Prendre son temps
    • Avez-vous le bon décodeur ?
    • Ne vous racontez pas d’histoires !
    • Laissez-lui une chance
    • Ne pas brûler les étapes
    • Tu couches ou tu couches pas ?
    • Le fantasme de la MILF ou de la cougar
    • Télécharger des applis de rencontres
  5. Se faire confiance
    • Ne pas passer par des intermédiaires !
    • De la concession à la soumission
    • Dis-moi quel cadeau tu fais, je te dirai combien tu aimes
    • Survivre à l’île de la Tentation
    • Participer à une émission de téléréalité
  6. Garder le cap
    • L’éloge de la mesure
    • De l’importance d’être sincère
    • De l’art d’une bonne dispute !
    • Pourquoi est-ce que je ne sors qu’avec des boulets ?
    • L’exercice du curriculum vitae amoureux
  7. Donner du temps au temps
    • La goujaterie guidant le peuple : survivre à une rupture !
    • Point ne suffit d’être joli, il faut le charme !
    • On finit (presque) tous par trouver l’amour !
    • De l’échec amoureux
    • Faire appel à une agence de coaching en séduction

À la fin était le commencement
Résultats des tests
Bibliographie

Si notre époque actuelle nous incite à aller vite, et parfois même à brûler les étapes, voire à se brûler les ailes, il est une époque où la séduction passait par tout un cheminement bien codifié. Et si l’on remettait au goût du jour la carte de Tendre ?

Si sortir avec une femme plus âgée est relativement entrée dans les mœurs, certains s’étonnent toujours des couples hétérosexuels au sein desquels la femme est «plus» : plus âgée, plus diplômée, plus riche, plus ceci, plus cela… preuve que le féminisme a encore de beaux jours de lutte devant lui ! Rappelons simplement qu’être plus âgé, gagner plus ou être davantage diplômé ne garantit en rien de dominer au sein du couple, et l’on ne sait d’ailleurs jamais exactement ce qui s’y joue.

L’intime et impérieuse conviction que nous sommes faits l’un pour l’autre ne fait pas tout et il s’agit d’avoir l’humilité de ne pas en faire un drame.

Un grand merci aux Éditions Eyrolles pour m’avoir offert l’opportunité de découvrir ce livre en avant-première.

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