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les parapluies d'erik satie de stéphanie kalfonÀ dix jours de son lancement officiel, la rentrée littéraire d’hiver 2017 est d’autant plus proche que la décade sera largement occupée par des fêtes de fin d’année que je vous souhaite à toutes et à tous les plus enchanteresses qui soient.

Entre littérature française, littérature francophone et littérature étrangère, l’on ignore encore le nombre exact de parutions de cette rentrée littéraire de janvier, en particulier dans la catégorie premier roman. Comme à l’accoutumée, il sera impossible de tout lire et les choix de lecture seront cornéliens. Et comme toujours, les livres de cette rentrée littéraire d’hiver les moins nombreux et les moins plébiscités seront les premiers romans. C’est pourquoi ils seront les seuls ici mis en lumière dans la désormais traditionnelle présentation bi-annuelle sur Adepte du livre de la rentrée littéraire côté premier roman. Un éclairage exclusif qui concerne tant les primo-éditions de la littérature générale que celles de la littérature de genre (thriller, science fiction, érotique…) et tant les nouveaux auteurs des grandes maisons d’édition que ceux publiés par des petits éditeurs indépendants, conformément à l’esprit d’ouverture de frontières et des genres littéraires et dans le but de satisfaire les préférences de toutes les lectrices et tous les lecteurs.

Après les première et deuxième sélections de premiers romans français, de premiers romans francophones et de premiers romans étrangers, voici le troisième volet de la rentrée littéraire d’hiver 2017 côté premier roman. Cet inventaire des nouvelles plumes sera complété chaque jour jusqu’au 2 janvier, date officielle de lancement de la rentrée littéraire de janvier 2017.

Alors, lecteurs en tous genres, liseurs de tous horizons, impatients découvreurs de nouvelles saveurs et peut-être des best-sellers de demain, êtes-vous prêts à vous offrir de l’inattendu, du jamais lu  ? Read-y ? À vos marque-pages, prêts, lisez !

Aux Éditions Actes Sud :

  • Le meilleur des amis de Sean Rose (Angleterre), à paraître le 4 janvier : Vingt ans après un rendez-vous manqué, un homme s’apprête à retrouver l’ami qu’il a trahi et qu’il n’a pas revu depuis. Du temps de leurs études à Paris, Thibaut et lui ont tout partagé, y compris une passion pour Camille, promise au premier. Au milieu des vignes du domaine familial de Thibaut, attendant de le revoir enfin, le narrateur est assailli de souvenirs aussi réels que la brume qui se lève, le vent sur la joue, la lumière dans les arbres. Pour ce solitaire exilé du royaume de K., petit pays du Sud-Est asiatique, Thibaut incarnait la sérénité bienveillante et joyeuse de qui connaît ses racines et les chérit. Tous deux se complétaient, se répondaient. Aimer Camille, espérer être aimé d’elle, c’était confirmer le lien fraternel en même temps que le bafouer. Dans ce roman au charme cinématographique, temps et espace se mesurent à l’aune du point zéro de toute existence : le premier amour. Autour de ce centre de gravité de la révélation à soi tournoient les réminiscences, les évocations, les regrets qui lui sont associés et irriguent une vie. L’écriture, élégante et elliptique, accompagne le mouvement dansant de la mémoire quand elle se confie à l’attente.
  • Les Conséquences de Niña Weijers (Hollande), à paraître le 1er février : Une jeune artiste conceptuelle questionne la notion d’identité, de réalité de l’individu dans le monde contemporain, comme si nous n’avions le sentiment d’être réels que dans la mesure où nous sommes vus tels que le montrent les réseaux sociaux. Mêlant satire sociale désopilante et brillante analyse de la motivation d’un artiste, ce premier roman aux accents philosophiques est celui d’une jeune femme de vingt-sept ans.
  • Borderline de Jessie Cole (Australie), à paraître le 1er février : À près de quarante ans, Vincent n’a pas fait grand-chose de sa vie. Tout ce qu’il a, c’est Gemma, sa fille sensible, intelligente et bien plus mûre que ses seize ans. Un soir, une inconnue a un accident de voiture tout près de chez eux, dans le bush, en bordure de la ville. Ils tentent de venir en aide à la jeune femme mutique dont le bébé est mort dans l’accident, sans se douter que leur vie est sur le point d’être bouleversée. Premier roman de Jessie Cole, Borderline ressemble à une balade de Springsteen : désespérée et douce à la fois, sombre comme un ciel plein d’étoiles. Thriller.

Aux Éditions Joëlle Losfeld :

  • Les parapluies d’Erik Satie de Stépahnie Kalfon, à paraître le 2 février : En 1901, Erik Satie a trente-quatre ans. Sans ressources et sans avenir professionnel, il délaisse Montmartre et l’auberge du Chat Noir pour une chambre de banlieue sordide où, coincé entre deux pianos désaccordés et quatorze parapluies identiques, il boit autant, ou plus, qu’il compose. Observateur critique de ses contemporains, l’homme dépeint par Stéphanie Kalfon est aussi un créateur brillant et fantaisiste : il condamne l’absence d’originalité de la société musicale de l’époque, et son refus des règles lui vaut l’incompréhension et le rejet de ses professeurs au Conservatoire. Les parapluies d’Erik Satie n’est ni une biographie, ni une hagiographie. C’est le premier roman de la réalisatrice et scénariste Stéphanie Kalfon, conçu à la fois comme un hommage et comme un témoignage sur la vie du musicien.

Aux Éditions du Seuil :

  • Rapatriés de Néhémy Pierre-Dahomey (Haïti), à paraître le 5 janvier : Belliqueuse Louissaint, jeune haïtienne au caractère intrépide, tente une traversée clandestine de la mer des Caraïbes pour rejoindre les États-Unis. Le voyage échoue. Elle y laisse un enfant. De retour sur le sol natal, elle est forcée de s’installer sur une terre désolée, réservée par l’état aux clandestins infortunés. L’endroit est baptisé Rapatriés. Les conditions de vie dans ce lotissement de boat people contraignent Belli à un choix déchirant : elle fait adopter ses deux filles, Bélial et Luciole. Bélial vivra en France sous la tutelle de Pauline, une employée d’ONG qui voit en l’enfant une nouvelle raison de vivre. Quant à Luciole, elle disparaît dans les vastes confins de l’Amérique du Nord. Plus tard, l’une des deux jeunes filles reviendra en Haïti, mais quand se présentera le moment des retrouvailles, un ultime exil aura marqué leur mère.

Aux Éditions Noir sur blanc :

  • Journal d’un psychotronique d’Aleksi K. Lepage (Canada), à paraître le 3 janvier : Un événement des plus extraordinaires pousse le narrateur à rouvrir le journal qu’il avait abandonné par inertie naturelle profonde, moins par souci de témoigner que pour faire front contre ce qui semblerait vouloir lui voler la vedette. Lui, un marginal qui se sent agir sur tout et tous comme un éteignoir, se remet donc à l’écriture, replié dans l’appartement où il vit, sans travail, sans le sou, misanthrope et égoïste mais moins par conviction que par l’effet d’une solitude que rien n’allège. Entièrement livré à ses pérégrinations intellectuelles nourries de lectures diverses et à ses errances dans Montréal, son être éparpillé se fait le réceptacle des préoccupations médiocres et dérisoires d’un monde boursouflé. En quelque cent pages, le lecteur est entraîné dans une sorte de féerie ratée du moi, un faux-journal fou furieux de fantaisie et d’imagination, déversé en une logorrhée joyeuse, souvent franchement drôle, et avec une légèreté qui ne s’encombre de rien, une langue singulière, inspirée, pleine de contrastes et de dérision. Il y a un je-ne-sais-quoi de joueur et par là de très rafraîchissant, une gaieté envers et contre tout, dans ce Journal d’un psychotronique qui oscille entre volonté de néant et volonté de grandeur, désenchantement et allégresse – comme si le spectacle d’une hypothétique fin du monde était, finalement, assez réjouissant pour que personne ne regrette d’être venu. Science fiction.

Aux Éditions Inculte Dernière marge :

  • Sarcophage de Rafael Garido, à paraître le 4 janvier : Dans une pièce fermée, scellée peut-être, deux femmes, sous la coupe de celui qu’on appelle l’Archonte, se droguent et offrent des plaisirs sexuels à cet homme qui semble les posséder. Jamais on ne saura si elles sont là contre leur gré, ni quelle est la véritable autorité qu’exerce l’Archonte sur elles. Ailleurs, sans doute, entre les murs de ce qui pourrait être un hôpital psychiatrique, divers personnages parlent, se mêlent, se déchirent dans un tourbillon hystérique, étouffant. Leurs histoires se mélangent, leurs folies s’entre-électrisent. Ces deux huis clos suffocants forment un texte à l’écriture dense, cruelle, sombre, qui sonde les corps humains comme autant de lieux de pouvoir, de soumission, de déchéance. Sarcophage est un premier roman d’une immense virtuosité, jeté dans une langue précise et d’une puissance rare, d’une poésie noire et ultra-violente qui n’est pas sans rappeler des auteurs tels que Lautréamont ou Antonin Artaud. Rafael Garido livre ici un texte qui a tout du tour de force et qui mène le lecteur au-delà même de l’asphyxie.

Aux Éditions José Corti :

  • Sanglier de Dominique Rameau, à paraître le 3 janvier : Sybille débarque fortuitement à la campagne, dans une maison qu’on lui prête une semaine. Elle est d’abord perdue, très seule ; mais les rares habitants qu’elle rencontre sont chaleureux. Et surtout dehors, toutes ces choses qu’elle ne connaît que de nom, grillons, oiseaux, herbes, l’intéressent. Syb tâche d’en savoir plus. Dynamique et intrépide, elle multiplie les sorties, les explorations, les expériences ; le jour, la nuit ; sur les rochers, dans l’eau glacée, au fond d’un pré. Elle prend des risques. Pour rejoindre les vaches, les lézards, les sons bizarres, la lune, elle invente, varie les approches, dessine, rêve. C’est très physique : elle se cogne, s’essouffle, se blesse aux ronces et aux barbelés. Mais elle n’a pas froid aux yeux. Sa solitude semble ici normale : renard, âne, vieille dame farouche et rieuse, adolescente étrange et attirante. Chaque jour de cette petite semaine l’éloigne davantage de ce qu’elle maîtrise, l’ouvrant à l’inconnu du monde ; elle s’y livre sans retenue. Un roman bref, à une seule aventure et cent cinquante-deux herbes, bêtes et gens.

Aux Éditions de l’Ogre :

  • La maison des épreuves de Jason Hrivnak (Canada), à paraître le 5 janvier : Après le suicide de son amie d’enfance, un homme entreprend de poursuivre le carnet dans lequel ils avaient ensemble construit un monde imaginaire et terrible dans lequel faire subir les pires épreuves à tous ceux qui leur voulaient du mal. À la fois lettre d’amour, tentative de rédemption et manuel de survie à nos pulsions autodestructrices, La Maison des Épreuves est un rêve fiévreux à ranger aux côtés de La Foire aux atrocités de J. G. Ballard et de La Maison des feuilles de Mark Z. Danielewski.

Aux Éditions Christophe Lucquin :

  • 11 ans de Jean-Baptiste Aubert, à paraître le 5 janvier : On peine à imaginer qu’un enfant, Kévin, le protagoniste du livre, puisse être mal au point de vouloir mettre fin à ses jours. Et si l’idée du suicide d’un petit garçon, tellement éloignée de la vision que nous avons de l’enfance, n’était pas qu’une monstrueuse exception ? Chaque année, cette exception concerne plus d’une centaine d’enfants âgés de 10 à 14 ans.Sans pathos et avec une certaine dose d’innocence et d’humour le premier roman de Jean-Baptiste Aubert pointe ce tabou majeur. Kévin est hypersensible, il écoute le monde et a décidément beaucoup de mal à le comprendre, d’autant plus qu’il subit un stress important dû à des tensions incessantes entre ses parents. Comment peut-il, sans le cocon famille de protection, apprendre à percevoir le monde ? Naturellement ce climat oppressant gangrène le reste de sa vie : il est plus perméable aux choses, se pose des questions, ses résultats scolaires et ses relations avec ses camarades s’en trouvent affectés. Kévin s’interroge sur la nécessité d’une vie faite de disputes et de malaises. Il finit par se retrouver dans une institution pour enfants en difficultés. Kévin arrivera-t-il à se sortir de ce lot d’enfants qui, comme le dit le neuro-psychiatre Boris Cyrulnik, pensent à la mort tant ils sont anxieux et malheureux ? Nous sommes immergés dans la conscience de Kévin qui raconte dans un carnet les événements marquants de sa vie et ses observations sur le monde qui l’entoure, avec un ton juste et des réflexions qui confirment que la vérité sort de la bouche des enfants. Une lecture qui ne peut que nous interpeller et nous émouvoir.

8 réflexions sur “Rentrée littéraire d’hiver 2017 côté premier roman #3

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