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Les Jurons de Marie-Luce RuffieuxNonobstant la présence en nombre de grands noms de la littérature et de quelques belles surprises – en particulier l’inespéré come-back de la truculente tribu Malaussène de Daniel Pennac après dix-sept années d’absence dans Le cas Malaussène, Ils m’ont menti à paraître le 3 janvier chez Gallimard -, la rentrée littéraire d’hiver 2017 est pressentie comme décevante côté presse et attendue avec un enthousiasme plus timide qu’à l’ordinaire côté blogosphère. Manque d’entrain passager ou coup de semonce subliminal des lecteurs professionnels et amateurs en attente d’un véritable renouveau littéraire ? Quelle qu’en soit l’explication, souhaitons que ce désaveu anticipé profite aux primo-romanciers entre les mains desquels repose la potentielle nouvelle vague littéraire

Si l’on ignore encore le nombre précis de romans à paraître ainsi que la répartition entre littérature française, littérature francophone et littérature étrangère et, par conséquent, le nombre de premiers romans qui auront la chance d’être édités à l’occasion de la rentrée littéraire de janvier 2017, l’on sait en revanche que la seconde grand-messe éditoriale de l’année débutera le 2 janvier.

D’ici là et suivant la tradition sur Adepte du livre, chaque jour sera marqué par la présentation par décade de la rentrée littéraire côté premier roman. Un recensement de quelque cent primo-éditions à paraître entre début janvier et fin février 2017, établi dans le souci constant d’ouverture des frontières et des genres littéraires, portant autant sur les premiers romans français que sur les premiers romans étrangers, sur les premiers romans de littérature générale que sur les premiers romans de littérature de genre (thriller, science fiction, érotique…) et sur les premiers romans des grandes maisons d’édition que sur les premiers romans de petits éditeurs indépendants. Pour le moins composite, cet inventaire des nouvelles plumes saura satisfaire toutes les préférences de lecture !

Après une première sélection, voici le second volet de la mise en lumière des nouveaux auteurs d’une rentrée littéraire d’hiver qui approche désormais à grands pas. Alors, lecteurs en tous genres, liseurs de tous horizons, impatients découvreurs de nouvelles saveurs et peut-être des best-sellers de demain, êtes-vous prêts à vous offrir de l’inattendu, du jamais lu ? Read-y ? À vos marque-pages, prêts, lisez !

Aux Éditions Fayard :

  • L’abandon des prétentions de Blandine Rinkel, à paraître le 11 janvier : « Qu’est-ce qu’une vie réussie ? » Au bic, Jeanine recopie la question sur un post-it, puis, comme chaque jour, part marcher. Croisant, au cours de ses dérives, divers visages : un architecte syrien fuyant son pays, un danseur étoile moscovite, une mythomane espagnole… Ne sous-estime-t-on pas, d’ordinaire, l’amplitude des voyages intérieurs suscités par ces rencontres fortuites ? Sans doute fallait-il, pour en prendre la mesure, le regard d’un proche. C’est sa fille qui dresse le portrait de cette femme de soixante-cinq ans, en autant de fragments, composant un kaléidoscope où se confondent le monde et une mère.
  • Mon ciel et ma terre de Aure Atika, à paraître le 8 février : La comédienne retrace la vie bohême de sa mère, entre les chagrins d’amour et les grands dîners du côté de Saint-Germain-des-Prés.

Aux Éditions Balland :

  • Chewing gum de Mansour Bushnaf (Libye), à paraître le 3 janvier : Mukhtar, un jeune Libyen reste figé au milieu du parc public de Tripoli après avoir été abandonné par la jeune et sensuelle Fatma. Pendant ce temps, le pays est en proie à une folie de chewing-gum. Des professeurs tentent d’expliquer l’obsession de la population pour la consommation. Ce premier roman du dramaturge a été écrit après dix années passées dans les geôles de Khadafi. D’abord publié en arabe en 2008 au Caire, l’ouvrage a été banni de Libye par le régime. Il a finalement été publié en anglais en 2014. La richesse des idées évoquées et la profusion des images en un si bref ouvrage en font un livre magnifique auquel on continue de penser longtemps après l’avoir refermé.

Aux Éditions de l’Aube :

  • Les oubliés du Cap de Karen Jennings (Afrique du Sud), à paraître le 5 janvier : Les flammes qui ravagent certains de ses quartiers ne font que renforcer ce que chacun sait déjà : Soutbek est une ville divisée. Le maire, Pieter Fortuin, ne se berce pas d’illusions : l’État ne les aidera pas. C’est à lui de sauver la situation et il ne ménagera pas ses efforts, quitte à prendre des risques insensés. Sauvera-t-il aussi son mariage avec Anna ? Et qu’en sera-t-il de son âme, qu’il semble prêt à sacrifier dans sa quête effrénée de reconnaissance, lui, hier un Noir pauvre parmi d’autres, aujourd’hui un maire élu – aussi – par des Blancs ? Un premier roman sombre et captivant, qui dépeint une Afrique du Sud post-apartheid très éloignée de la modernité incarnée par la ville du Cap.

Aux Éditions Decrescenzo :

  • Un impossible conte de fée de Yu-joo Han (Corée du Sud), à paraître le 19 janvier : Voici un roman singulier : la narratrice-auteure rencontre le personnage principal d’Un impossible conte de fée, une fillette de douze ans, maltraitée, qui court à sa perte et s’interroge : l’enfance est-elle toujours un conte de fée ? Dans ce roman, l’auteure se confronte à ses personnages, abolissant la distance et la place de chacun, intervertissant les rôles et les émotions, au point que l’on peut se demander : qui écrit l’histoire en réalité ? Han Yu-joo joue avec les mots et découpe au scalpel les émotions de ses jeunes personnages, étrangement matures pour leur âge, obligeant le lecteur adulte à se situer tout au long d’un livre qu’il est en train de lire d’une traite.

Aux Éditions Érick Bonnier :

  • La langue oubliée de Dieu de Saïd Ghazal (Liban / Canada francophone), à paraître le 19 janvier : Hanté par une histoire accablante que lui ont transmise ses grands-parents, rescapés du pogrom des chrétiens en Turquie au début du XXe siècle, Aram s’efforce de traduire leur mémoire rédigée par Sowo, le grand-père, en araméen, la langue des Syriaques d’Orient. Deux univers parallèles se télescopent, l’un au présent et l’autre au passé. C’est ce passé pesant dans lequel le héros est plongé à son corps défendant qui rendra son présent écrasant. L’histoire se dévoile à travers une lente évolution de sentiments dualistes comme un clair-obscur. Dans cette œuvre exutoire, à mi chemin entre les mémoires et l’autofiction, l’auteur règle ses comptes avec ses origines, son passé, son éducation et son exil forcé.

Aux Éditions Le Tripode :

  • Les Jurons de Marie-Luce Ruffieux (Suisse), à paraître le 19 janvier : Les Jurons est l’histoire du tournage d’un film qui tourne mal. Vraiment mal. Une accessoiriste de cinéma, qui s’ennuie passablement dans son travail, décide de donner vie à plusieurs objets qui l’entourent. Elle va alors, totalement impuissante, voir une tornade de bizarreries et de catastrophes s’abattre sur elle et le film. Pour écrire ce récit riche en désastres, Marie-Luce Ruffieux a collecté pendant plusieurs années des segments de phrases un peu partout : dans les livres, dans la rue, sur internet. Des milliers de mots glanés pour leur beauté involontaire, et patiemment archivés. Un jour, elle s’est isolée sur une montagne et a sorti ses ciseaux pour mettre bout à bout ses trouvailles. Dans un cut-up littéraire un peu fou, mettant l’imagination en roue libre, elle a créé un roman dont on peut dire, sans trop de risque, qu’il atteint des sommets de l’étrange.

Aux Éditions Mazarine :

  • Hook de Michelle Miller (États-Unis), à paraître le 8 février : Todd Kent est un jeune playboy ambitieux de Wall Street. Il est choisi pour s’occuper personnellement de l’entrée en bourse de Hook. Son équipe se compose de Neha Patel, une analyste indienne, Tara Taylor, l’une de ses anciennes conquêtes et Beau Buckley, un fêtard notoire. Mais le monde de la Silicon Valley leur réserve bien des surprises…

Aux Éditions Presses de la cité :

  • Les noces meurtries de Sandra Banière, à paraître le 26 janvier : Hélène semble mener une existence paisible au cœur du vignoble champenois. Personne ne peut imaginer le calvaire conjugal qu’elle endure. Parallèlement, sa fille Gaby perd ses illusions sur la vie familiale et se reconstruit dans la douleur. Roman régional.
  • Il faut sauver John Lennon de Mo Daviau (États-Unis), à paraître le 16 février : Découvrant un portail temporel dans une armoire, deux amis fabriquent une machine pour voyager dans le temps et en profiter. Ils mettent en vente des places de concerts mythiques, veulent empêcher l’assassinat de Lennon, effacer les mauvais traitements subis par une amie rencontrée lors de leurs voyages… Mais à force de modifier le passé, ne risquent-ils pas de réécrire le futur ? Science fiction.

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