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bonneville laurent saulnierSelon les chiffres officiels de la rentrée littéraire 2016, ce ne sont pas moins de 560 livres, répartis en 363 romans français et 197 romans étrangers dont 66 premiers romans, qui vont paraître à partir du 17 août.

Mais loin de se cantonner à la littérature générale, dans un esprit d’ouverture des frontières littéraires satisfaisant les goûts de lecture les plus éclectiques, la traditionnelle présentation sur Adepte du livre de la rentrée littéraire exclusivement sous l’angle du premier roman s’ouvre en partie à la littérature de genre.

Entrepris il y a déjà plusieurs semaines (#1#2#3#4#5#6#7#8#9 et #10), le tour d’horizon des primo-romanciers publiés chez les petits éditeurs indépendants comme dans les plus grandes maisons d’édition continue avec cet antépénultième épisode.

Alors, lecteurs en tous genres, liseurs de tous horizons, impatients découvreurs de nouvelles saveurs et peut-être des best-sellers de demain, êtes-vous prêts à vous offrir de l’inattendu, du jamais lu et à soutenir les nouveaux auteurs de cette rentrée littéraire côté premier roman ? Read-y ? À vos marque-pages, prêts, lisez !

Aux Éditions Le Dilettante :

  • Métamorphose d’un crabe de Sylvie Dazy, à paraître le 24 août : Autant prévenir, avec Métamorphose d’un crabe pas de vue sur la mer, de bar terrasse et d’ensoleillement record : on y vit gris, ça gagne petit, à la rude, sans trop d’air et avec nul sourire. Ce que nous dévoile, au fil de ce monologue fiévreux, de cette confession rêche, Sylvie Dazy, c’est la prison au quotidien, la vie et rien d’autre d’un fonctionnaire de la pénitentiaire. Les plaisirs et les jours d’un maton lambda, mais qui médite l’écriture d’un « grand livre sur la prison ». Notre homme s’appelle Christo, un gars du Nord, nanti d’une absurde licence d’anglais, poussé à l’ombre de la prison de Bapaume et qui, loin du café familial, « lève l’ancre pour une exotique nature » à savoir le monde de la tôle. Car là, sans doute avec son goût de l’écoute et de son œil d’ethnologue, il pense assouvir son goût d’un ailleurs périlleux, d’une aventure en temps réel : « Du danger parfois, du risque, des armes. De la solidarité entre hommes aussi, et de la joie, les surveillants aimaient rire fort. Le matin serait une aventure. » Mais si l’aventure est là, elle prend surtout l’allure d’une ronde sans fin, rythmée par le choc des talons et le cliquetis des clés, le grondement des roulantes et les alertes soudaines : suicide, feu, émeute, une vie de déambulations dans un sempiternel corridor ponctué de remontrances, de promotions et de mutations. Ensuite viennent les hommes, surveillants et surveillés, balances et demi-chefs, faux potes et vrais dingues. « La prison est une drôle d’école, on y travaille autant à la louche qu’au pinceau délicat, c’est ce que personne ne veut comprendre. »
  • Bonneville de Laurent Saulnier, à paraître le 24 août : C’est l’histoire d’un mec dans une auto avec des idées noires et un fort pétage de fusibles. Pourtant, au départ, rien que du paisible : une maman poule plutôt revêche qui pèse son poids d’amour étouffant sur ses deux poussins qu’elle gave de poulet, un père bientôt décédé, tout en rêve et qui se lance dans la grande aventure : acheter sans rien dire à personne une belle américaine, une vraie, une grande, une Pontiac Bonneville, trois cents chevaux et huit cylindres en V majuscule qui devient l’icône, le totem et l’emblème de la famille. Une danseuse tout en acier fin et pur nickel qu’il faut néanmoins gaver de pétrole « autant qu’un char Sherman » et bichonner à mort. Trop belle pour nous ! Si belle qu’on finit par l’admirer plus que la piloter, cette maîtresse coûteuse et défaillante. Mais peu à peu, depuis la pompe où il gagne petit, le fils de la maison, un drôle à problèmes, long comme un devis de chauffagiste, se sent pousser des ailes de chrome : à nous deux la route et la vie inimitable. Pourquoi pas moi. Et voilà notre héros lancé on the road, se rêvant le Clyde de cette Bonnie sur coussin d’air. L’aventure, hélas, va donner dans le saumâtre. Pour son premier roman, Laurent Saulnier a verrouillé les portières et bloqué les freins, on respire à peine et le mur se rapproche, ce qui ne l’empêche pas de siffloter sur le fil d’un rasoir romanesque tranchant et fatal. Vous êtes prévenus !

Aux Éditions Actu SF :

  • Anasterry d’Isabelle Bauthian, à paraître le 19 août : Rien ne saurait ébranler Anasterry, la plus riche et intellectuelle baronnie de Civilisation. Rien… sauf peut-être un défi de gamins. Quand Renaldo, fils du baron de Montès, et son meilleur ami entreprennent de trouver la faille de cette utopie pour séduire une jeune fille, ils ignorent qu’ils vont déterrer de sombres secrets… Quels sont ces monstres découverts dans les marais ? Sont-ils liés à la tolérance d’Anasterry pour les mi-hommes qu’on opprime partout ailleurs ? Après trente ans de paix, Civilisation risque-t-elle d’être si facilement bouleversée ? Pour réparer ses erreurs, Renaldo devra choisir entre son patriotisme, ses idéaux et ses responsabilités d’homme libre. Il apprendra surtout qu’on ne pardonne rien aux donneurs de leçons, surtout quand ils ont raison…
  • Superposition de Daniel Walton (États-Unis), à paraître le 2 septembre : Jacob Kelley, physicien à la retraite, reçoit un ami très excité qui évoque une intelligence extraterrestre avec un revolver à la main. Quelques jours plus tard, il se retrouve accusé du meurtre de ce dernier. La distorsion du temps et de la réalité opérée par une étrange machine complique la situation.

Aux Éditions Asphalte :

  • Sporting club d’Emmanuel Villin, à paraître le 1er septembre : Dans une capitale méditerranéenne jamais nommée, le narrateur doit interviewer Camille, personnage mystérieux et insaisissable, dans le dessein d’écrire un livre. Mais ce dernier ne cesse de se dérober et de reporter leurs rendez-vous. Le narrateur passe alors le plus clair de ses journées dans une piscine en bord de mer, le Sporting Club. Pour tuer le temps, il observe la ville qui se transforme – toujours plus hostile et agressive, comme sourde à son propre passé – et côtoie la faune qui la hante. Cette ville, véritable capharnaüm plongé sous un soleil de plomb, affecte peu à peu le narrateur, qui nourrit son attente de rencontres dans lesquelles s’entremêlent les époques.

Aux Éditions L’Archipel :

  • La conjuration de Göttingen de Jérôme Legras, à paraître le 31 août : Juin 1954. On retrouve le corps sans vie du bibliothécaire adjoint de l’université Princeton, William Wein. Avant de mourir, avec son sang, il parvient à tracer sur une stèle la lettre epsilon. Le chef adjoint de la police locale, Michael Rumford, est chargé de l’enquête. Mais celui-ci, épaulé par l’inspecteur Bill Barlowe, va découvrir peu à peu que ce meurtre n’a rien d’un crime de routine… En se rapprochant de physiciens allemands ayant fui le nazisme, les deux enquêteurs se trouvent mêlés à d’anciens complices de la Wehrmacht comme à de fervents tenants du maccarthysme. Albert Einstein a-t-il plagié un article d’Henri Poincaré sur la découverte de la relativité ? Edgar Hoover, le patron du FBI, cherche à faire chanter le physicien pour s’assurer qu’il cessera de s’opposer publiquement à la bombe H. Espionnage industriel, soupçons d’amitiés communistes, guerres entre scientifiques sur fond de rideau de fer, Michael Rumford n’est pas au bout de ses peines…

Aux Éditions de L’homme sans nom :

  • Rêves d’Utica de Roznarho, à paraître le 25 août : Ghetto surpeuplé de la Zone 3. La révolte éclate. Alyss, adolescente timide en proie à d’étranges visions, s’enfuit et part à la recherche d’Utica, cité refuge fondée aux confins du monde par le mythique Protée. Peuples barbares, savants fous, humains augmentés, cyborgs et intelligences artificielles sèmeront autant d’embûches sur son chemin. Mais si le monstre n’était pas celui que l’on croyait ?

Aux Éditions Bartillat :

  • Le carnet de Marceline Desbordes-Valmore de Lucie Desbordes, à paraître le 25 août : Un hommage à la vie et à l’œuvre de la poétesse Marceline Desbordes-Valmore, admirée par Baudelaire, Verlaine, Zweig et Yves Bonnefoy. L’auteure, une lointaine parente, se glisse dans la personnalité de son aïeule et imagine son journal intime au cours d’une longue partie de son existence.

Aux Éditions JC Lattès :

  • Le livre de Memory de Petina Gappah (Zimbabwe), à paraître le 24 août : Enfermée dans le couloir de la mort, pour un crime qu’elle n’a pas commis, Memory se souvient : son enfance joyeuse dans le township près d’Harare, où la nuit les sorcières mangent les enfants. Son attachement pour cet homme blanc, mystérieux et érudit, qui lui a donné une éducation et l’amour des livres… Désormais, Memory partage ses interminables journées avec Verity et Jimmy, l’arnaqueuse et la prostituée. Entre rire et émotion, le passé resurgit et éclaire son improbable destin.
    D’une écriture étincelante, mélodique, ce roman plonge le lecteur dans un monde de mystères, de dérisions et d’énergie vitale.
  • Cartographie de l’oubli de Niels Labuzan, à paraître le 24 août : 1889. Jakob Ackermann et une vingtaine de soldats allemands débarquent dans le Sud-Ouest africain. Ils ont pour mission de créer une colonie de peuplement. Ils s’imaginent être des bâtisseurs, l’étendard de la modernité. 2004. En marge d’une journée commémorant le massacre des Hereros, un jeune métis namibien interroge son passé. Comme son pays, il est fait de contradictions, de violences. Il est l’héritier de ce qui n’aurait pas dû être. L’un pense écrire l’Histoire, l’autre la questionne. Leurs voix se répondent. Elles racontent le destin de ces hommes et de cette terre convoitée, conquise, ravagée, où le XXe siècle est peut-être né.
  • Le Piège de Mélanie Raabe (Allemagne), à paraître le 14 septembre : Linda Conrads, écrivain à succès, n’a pas quitté sa maison depuis que sa sœur est morte il y a onze ans, hantée par son souvenir et par le visage de son assassin, qu’elle a vu fuir. Elle le reconnaît un jour à la télévision et décide alors de le confondre en racontant le drame dans son nouveau thriller et en acceptant une seule interview, celle de cet homme.
  • L’Échappée de Julie Tremblay, à paraître le 5 octobre : À vingt-deux ans, son diplôme de la Sorbonne en poche, Anne Menard décide de partir au Canada. De petits boulots en petits boulots, son itinéraire la mène jusqu’au Myers Lake, un petit coin de paradis perdu au fond de l’Ontario. Ce qui ne devait être qu’un simple travail saisonnier va prendre une tournure différente lorsqu’Anne fait la rencontre des fils du domaine. Si Nathan se montre très avenant avec Anne, Ethan est beaucoup plus difficile à cerner… Ex-star de hockey, il a vu sa carrière prendre brutalement fin et tous ses rêves s’envoler. Déterminée à mieux le connaître, Anne ne se laisse pas intimider par l’attitude revêche du jeune homme. Encore faut-il que celui-ci baisse la garde et accepte de s’ouvrir… (Érotique)
  • Les forêts profondes d’Adrien Absolu, à paraître le 5 octobre : Durant l’année 2014, l’épidémie d’Ebola a fait 10 000 morts en Guinée. Récit sur ces douze mois d’urgence sanitaire qui ont bouleversé les contacts quotidiens des habitants, pour limiter les infections, et pendant lesquels les croyances traditionnelles ont concurrencé la santé publique.

5 réflexions sur “Rentrée littéraire 2016 côté premier roman #11

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