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de beaux jours à venir megan kruseProgrammée pour débuter le 17 août, la rentrée littéraire 2016 se profile et l’esquisse se fait d’autant plus nette que sur Adepte du livre s’étoffe la traditionnelle présentation exclusivement consacrée aux premiers romans de ce moment calendaire crucial pour le monde des lettres. Moins d’un mois sépare désormais les lecteurs des 560 livres officiellement annoncés, répartis en 363 romans français et 197 romans étrangers !

En partie consacrées à la littérature de genre fidèlement à un esprit d’ouverture des frontières littéraires, les sélections de la rentrée littéraire côté premier roman se succèdent (#1#2#3#4#5#6#7 et #8) sans se ressembler, dépassant largement le chiffre public cantonné à la littérature générale de 66 premiers romans. Cette neuvième mise en lumière des nouveaux auteurs publiés par de petits éditeurs indépendants comme par de grandes maisons d’édition permettra une fois encore de répondre aux goûts de lecture les plus éclectiques.

Alors, lecteurs en tous genres, liseurs de tous horizons, impatients découvreurs de nouvelles saveurs et peut-être des best-sellers de demain, êtes-vous prêts à vous offrir de l’inattendu, du jamais lu et à soutenir ces primo-romanciers ? Read-y ? À vos marque-pages, prêts, lisez !

Aux Éditions Gallimard :

  • Nos lieux communs de Chloé Thomas, à paraître le 25 août : À la fin des années 60, quelques étudiants d’extrême gauche partirent s’établir en usine. Dix ans plus tard, Bernard et Marie les suivirent, tentant de croire encore à la révolution. Bernard resta quelques années ; Marie, elle, y est encore. Leur fils Pierre, qui a été élevé par Bernard parce que Marie un jour s’est brusquement éloignée, ne s’intéresse pas à sa mère ni à cette expérience de l’engagement. Il a grandi silencieusement dans cette distance qu’il a faite sienne. Cette histoire, c’est Jeanne, son amie, qui la recueille aujourd’hui : auprès de Bernard d’abord ; auprès de Marie, qu’elle part rencontrer alors que personne ne l’a revue depuis des années ; dans les silences de Pierre ; dans l’intimité de la chambre qu’ils partagent ; à Berlin, plus tard. Elle tente de s’y frayer un chemin, de la comprendre, de la réinvestir autrement.
  • Et toi, tu as eu une famille ? de Bill Clegg (États-Unis), à paraître le 25 août : Il en faut peu pour détruire une vie. Un mensonge, une maladie, un accident… En une nuit, un incendie a tout enlevé à June : sa fille Lolly, qui allait se marier le lendemain ; Will, son futur gendre ; Luke, son petit ami, et Adam, son ex-mari. Unique survivante et réduite à l’errance, elle traverse le pays en voiture, abandonnant la petite ville du Connecticut où a eu lieu la catastrophe, à la recherche de ce qui la lie encore à Lolly, avec qui ses relations étaient difficiles. La voix des habitants, touchés eux aussi par le drame, émerge peu à peu. Il y a Lydia, la mère de Luke, mise au ban de la société en raison d’un scandale passé, il y a Silas, un adolescent qui aime tirer sur son bang de temps en temps, et ce d’autant plus qu’il est le détenteur d’un secret qu’il aimerait oublier. Il y a aussi les commères de la ville, qui voient en Luke un coupable idéal, car ce jeune Noir, de vingt ans le cadet de June, a déjà été incriminé pour une affaire de drogue. Autant de voix, de délicates interférences, qui témoignent de cette tragédie et en explicitent peu à peu les causes. Bill Clegg dresse une galerie de portraits subtile et émouvante, dans un roman à la narration complexe qui est avant tout une ode à la famille – celle que l’on a, celle que l’on crée – si imparfaite et fracturée soit-elle. La réflexion qui sous-tend Et toi, tu as eu une famille ? est poignante – comment supporter l’insupportable, comment se remettre d’une telle épreuve? – et se voit transcendée par l’espoir, la bonté et le pardon.
  • Monsieur Origami de Jean-Marc Ceci, à paraître le 25 août : À l’âge de vingt ans, le jeune Kurogiku tombe amoureux d’une femme qu’il n’a fait qu’entrevoir et quitte le Japon pour la retrouver. Arrivé en Toscane, il s’installe dans une ruine isolée où il mènera quarante ans durant une vie d’ermite, adonné à l’art du washi, papier artisanal japonais, dans lequel il plie des origamis. Un jour, Casparo, un jeune horloger, arrive chez Kurogiku, devenu Monsieur Origami. Il a le projet de fabriquer une montre complexe avec toutes les mesures du temps disponibles. Son arrivée bouscule l’apparente tranquillité de Monsieur Origami et le confronte à son passé. Les deux hommes sortiront transformés de cette rencontre. Ce roman, d’un dépouillement extrême, allie profondeur et légèreté, philosophie et silence. Il fait voir ce qui n’est pas montré, entendre ce qui n’est pas prononcé. D’une précision documentaire parfaite, il a l’intensité d’un conte, la beauté d’un origami.
  • Rock Sakay d’Emmanuel Genvrin, à paraître le 1er septembre : « À La Réunion, il aurait déprimé dans son coin, entre l’ennui du lycée et la déchéance familiale. Il avait bien fait de partir. Demain, il serait en France et oublierait Janis. Il avait voyagé à l’œil, surmonté les obstacles, agi par lui-même et survécu. Il avait rempli un cahier de nouvelles paroles et, demain, il les chanterait. Il avait vécu à cent à l’heure, il ne vieillirait pas, jamais, il était un rocker ! » Rock Sakay est à la fois une sorte de road movie et un roman d’apprentissage. Confronté à de nombreuses épreuves, Jimi croise des jeunes de différents milieux, avec lesquels il fait un bout de chemin. De la vie amoureuse avec une Malgache des quartiers populeux d’Analavory à l’univers du showbiz parisien, en passant par les foyers Sonacotra et l’enfer de la drogue, de la passion de la musique à celle du théâtre, Jimi trouve toujours sa voie. Dans ce premier roman, l’auteur saisit avec acuité et humour les non-dits de la société créole et il nous livre ici une histoire plutôt méconnue, sinon taboue, de la colonisation française de Madagascar par des Réunionnais.
  • Cabossé de Benoît Philippon, à paraître le 8 septembre : Les pérégrinations de Raymond, surnommé Roy, un homme au visage ingrat et malmené par la vie. Il fait un séjour dans un hôpital psychiatrique après avoir tué son père violent qui bousculait sa petite sœur Zoé. À sa sortie, il s’en prend à René, un homosexuel qu’il frappe à mort, décide de gagner Paris pour devenir homme de main et trouve l’amour en la personne de Guillemette. Thriller.
  • Les Corbeaux de Tomas Bannerhed (Suède), à paraître le 13 octobre : Les champs de Raven Fen suffisent à peine à la survie d’Agne et de sa famille ; son jeune fils Klas ne peut que regarder le désespoir consumer son père. Alors que Klas rêvent d’évasion, Agne, qui ne cesse d’imaginer ses récoltes dévorées par des insectes jamais vus en Suède, de prédire des cycles sans fin de tempête et de sécheresse et de n’entendre que l’incessant croassement des corbeaux – est obsédé par le jour où son fils prendra sa suite. Mais ce sont les années 1970 et Klas ne peut se résoudre à suivre une destinée qu’il n’a pas choisie. Écartelé entre loyauté et liberté, Klas se console dans la nature, loin du monde tourmenté de Raven Fen. Mais alors que son père, comme son père avant lui, sombre toujours plus profondément dans la folie, Klas commence à s’interroger sur sa propre santé mentale.

Aux Éditions Verticales :

  • Les cosmonautes de font que passer d’Elitza Gueorguieva (Bulgarie), à paraître le 25 août : Le roman nous plonge dans la Bulgarie communiste de la fin des années 80. A travers le regard d’une fillette de 7 ans, nous découvrons le quotidien « gris clair ou gris foncé » de la dictature. Pour tromper son ennui, la narratrice s’approprie la légende du cosmonaute dont son école honore le nom : Iouri Gagarine. Fascinée par la conquête spatiale soviétique, vantée par son grand-père, communiste émérite, elle se découvre une vocation, ou plutôt une mission secrète : devenir à son tour une héroïne de l’Espace. La chute du mur de Berlin va sonner le glas de ces enfantillages. La gamine qui se préparait à l’envol en Spoutnik déchante à mesure qu’elle découvre l’envers du décor : si ses parents se cachaient des heures entières dans la salle de bain, c’était pour écouter Radio Free Europe en espérant la fin de ce régime honni. Parmi d’autres mensonges déconcertants, elle apprend que le père Gel, alias le Père Noël, n’existe pas ou que Iouri Gagarine ne fut pas le premier homme à s’approcher de la lune… Quelques années plus tard, l’heure de la « Transition démocratique » a sonné. Alors que fleurissent les sex-shops dans son quartier, nous retrouvons notre narratrice en pleine métamorphose adolescente. Depuis qu’elle a entendu, sur des chaînes occidentales, les tubes du groupe Nirvana, sa vision du monde a changé. Résolue à devenir l’égérie d’un groupe de punk-rock, la voilà contrainte de se rabattre sur Grigor, jeune guitariste flegmatique avec lequel elle multiplie les provocations, sans succès. Dégoûtée par le carriérisme fulgurant de son cousin Andreï, devenu un politicien mafieux, elle assiste, impuissante, à l’hospitalisation de son grand-père dont les idéaux trahis virent à la confusion mentale… Ce premier roman sait trouver le ton, décalé, elliptique et nerveux, pour conjuguer l’univers intérieur de l’enfance et les bouleversements de la grande Histoire. L’héroïne, qui doit autant à l’effrontée Zazie qu’à l’intrépide Fifi Brindacier, subvertit avec une naïveté fantasque la langue de bois du totalitarisme et les faux-semblants de la démocratie.

Aux Éditions L’Atalante :

  • L’espace d’un an de Becky Chambers (États-Unis), à paraître le 25 août : Rosemary, jeune humaine inexpérimentée, fuit sa famille de richissimes escrocs. Elle est engagée comme greffière à bord du Voyageur, un vaisseau qui creuse des tunnels dans l’espace, où elle apprend à vivre et à travailler avec des représentants de différentes espèces de la galaxie : des reptiles, des amphibiens et, plus étranges encore, d’autres humains. La pilote, couverte d’écailles et de plumes multicolores, a choisi de se couper de ses semblables ; le médecin et cuistot occupe ses six mains à réconforter les gens pour oublier la tragédie qui a condamné son espèce à mort ; le capitaine humain, pacifiste, aime une alien dont le vaisseau approvisionne les militaires en zone de combat ; l’IA du bord hésite à se transférer dans un corps de chair et de sang… Les tribulations du Voyageur, parti pour un trajet d’un an jusqu’à une planète lointaine, composent la tapisserie chaleureuse d’une famille unie par des liens plus fondamentaux que le sang ou les lois : l’amour sous toutes ses formes. Loin de nous offrir un space opera d’action et de batailles rangées, Becky Chambers signe un texte tout en humour et en tendresse subtile. Elle réussit le prodige de nous faire passer en permanence de l’exotisme à la sensation d’une familiarité saisissante.

Aux Éditions Denoël :

  • Jeux de vilains d’Iben Mondrup (Danemark), à paraître le 25 août : Godhavn est une petite ville sur l’île de Disko, située à l’ouest du Groenland. C’est là que s’est installée une famille danoise avec trois enfants qui, chacun à leur manière, tentent de trouver leur place dans cette petite communauté du bout du monde, où cohabitent trappeurs, pêcheurs et chiens de traîneaux faméliques. L’environnement hostile et le climat particulièrement rude ne facilitent pas leur intégration. Il y a Bjørk la fille cadette, capricieuse, égoïste et solitaire, Knut le garçon vulnérable et sensible, et leur grande sœur Hilde, la prunelle des yeux de leur père. Celle-ci tombe amoureuse de Johannes, un garçon de l’île, sauvage et imprévisible. Johannes se lie d’amitié avec la famille, et se retrouve au cœur d’événements violents et inattendus. Iben Mondrup se penche sur la vie secrète des enfants, dont elle dévoile avec poésie, force et émotion les secrets les mieux gardés et les désirs les plus inavouables.
  • De beaux jours à venir de Megan Kruse (États-Unis), à paraître le 25 août : Depuis des années, Amy subit la violence de Gary. Jusqu’au jour où elle reçoit le coup de trop et décide de s’enfuir avec ses deux enfants, Jackson, dix-huit ans, et Lydia, treize ans. Premier arrêt au Starlight, motel crasseux qui va leur servir de refuge. Tous les trois s’endorment sereins et soulagés, mais au petit matin Jackson a disparu. Croyant gagner l’amour d’un père qui le rejette, il est retourné chez eux et a trahi sa mère et sa sœur en révélant à Gary l’adresse du motel. Amy se rend alors à l’évidence : si elle veut assurer sa sécurité et celle de Lydia, elle va devoir abandonner son fils. Cette séparation brise le cœur de la petite fille, très attachée à ce frère doux et différent. Jackson, de son côté, doit désormais se débrouiller seul, tiraillé entre la recherche désespérée de l’amour paternel, sa culpabilité et sa difficulté à gérer son homosexualité naissante. De beaux jours à venir est un roman terriblement juste, touchant et sans complaisance, sur la famille, les sacrifices que l’on peut faire en son nom, et leurs conséquences. Un chef-d’œuvre où l’émotion prend à la gorge à chaque page.
  • Un si long chemin jusqu’à moi de Fabienne Périneau, à paraître le 22 septembre : Tout commence à Roissy, ce fameux jour de 2010 où un volcan islandais au nom imprononçable, l’Eyjafjöll, s’est brusquement réveillé, interdisant tout trafic aérien. Ce jour-là, Arielle, restauratrice de tableaux, devait s’envoler pour le Japon. Elle vit depuis des années sous la coupe de son mari, un obstétricien de renom, qui l’a isolée de ses amis, poussée à abandonner son métier et à prendre des médicaments pour la calmer, dit-il… D’autant que Daniel, son frère jumeau, son confident, est mort brutalement il y a quelques mois. Dans le chaos de l’aéroport un homme, Jack, séduisant et étonnamment généreux, propose de la ramener à Paris. Cette rencontre est-elle l’amorce d’une renaissance pour Arielle ? Quel chemin Arielle empruntera-t-elle pour sortir de son chagrin et de l’enfermement dans lequel son mari la maintient depuis des années ?

7 réflexions sur “Rentrée littéraire 2016 côté premier roman #9

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