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new york esquisses nocturnes molly prentissEn France, au Québec, en Suisse comme en Belgique, éditeurs, libraires, journalistes et blogueurs sont, depuis début mai, en pleine préparation du moment phare de l’année pour le monde de la littérature : la rentrée littéraire. Si aucun chiffre n’a encore été dévoilé, une chose est sûre, les primo-éditions de cette rentrée littéraire 2016 seront assez nombreuses et diversifiées pour satisfaire tous les goûts de lecture. Les premiers livres à paraître ouvriront officiellement le bal le 17 août.

Quelle part sera consacrée à la littérature française ? À la littérature francophone ? À la littérature étrangère ? Quelle place sera accordée au premier roman ? Certains titres filtrent déjà et comme à l’accoutumée, sortir du lot face à la quantité pléthorique de romans à paraître à cet instant du calendrier littéraire ne sera pas facile. D’autant plus pour les premiers romans… C’est pour ces derniers que se joue une fois encore le désormais fidèle, bi-annuel et personnel festival du premier roman de la rentrée littéraire par Adepte du livre, une mise en lumière exclusivement consacrée aux nouveaux auteurs qui facilitera la quête des lecteurs déjà conquis par l’aventure entre les lignes des primo-romanciers et incitera peut-être les plus timorés à sauter le pas de l’inconnu(e) littéraire…

Que lirez-vous cet automne ? À en croire l’alléchante première sélection de premiers romans français et de premiers romans étrangers et ce non moins engageant deuxième aperçu des primo-éditions de la rentrée littéraire 2016 – inventaire qui sera complété tout au long de l’été -, nul doute que vous devriez vous laisser séduire par l’une et/ou l’autre de ces prometteuses nouvelles plumes publiées par de petits éditeurs indépendants comme par les plus grandes maisons d’édition.

Alors, lecteurs en tous genres, liseurs de tous horizons, impatients découvreurs de nouvelles saveurs et peut-être des best-sellers de demain, êtes-vous prêts à franchir les frontières et les genres littéraires, à vous offrir de l’inattendu, du jamais lu et à soutenir ces néo-romanciers ? Read-y ? À vos marque-pages, prêts, lisez !

Aux Éditions Fayard :

  • La jeune fille et la guerre de Sara Novic (États-Unis / Croatie), à paraître le 17 août : Croatie, 1991. Ana Juric mène une existence paisible avec ses parents, sa petite sœur Rahela et son meilleur ami Luka lorsque la guerre éclate. Au cours d’une expédition en Bosnie pour tenter de faire soigner Rahela, Ana et sa famille tombent dans une embuscade. Seule survivante, Ana apprend le maniement des armes, quitte le pays pour les États-Unis et tente de se reconstruire.
  • Féminine d’Émilie Guillaumin, à paraître le 24 août : Emma, grande lectrice, rêve d’une vie bouillonnante et ayant du sens. Elle s’engage dans l’armée française, découvre la routine, la hiérarchie, l’inconfort, les exercices absurdes et répétés, mais aussi le frisson des chants patriotiques et du lever des couleurs, l’ivresse des marches forcées nocturnes. La découverte des paradoxes d’une nouvelle vie, entre fascination et exécration.
  • Muse de Jonathan Galassi (États-Unis), à paraître le 31 août : Paul Dukach est l’héritier de Purcell & Stern, un éditeur américain indépendant au fabuleux catalogue. Il apprend le métier aux côtés du président Homer Stern. Il est fasciné par la poétesse Ida Perkins, dont l’éditeur, son cousin et ancien amant, est le plus grand rival d’Homer. Paul parvient à la rencontrer à Venise, où elle lui confie des secrets qui bouleverseront leurs vies à tous.

Aux Éditions Calmann-Lévy :

  • New York, esquisses nocturnes de Molly Prentiss (États-Unis), à paraître le 17 août : Au début des années 80, le downtown de New York est le centre de l’univers, un terrain de jeu revêche, encore hermétique à la menace de l’embourgeoisement. Artistes et écrivains s’y mêlent dans des squats insalubres où leurs rêves de reconnaissance prennent des formes multiples. Parmi eux, Raul Engales, un peintre argentin en exil, fuyant son passé et la « guerre sale » qui a enflammé son pays. S’affamant pour payer son matériel, il peint le jour d’immenses toiles mettant en scène les spectres qu’il croise la nuit. Un soir, il attire l’attention de James Bennett, critique d’art en vogue du New York Times, proche de Basquiat, Warhol et Keith Haring. Tandis que l’ascension fulgurante de l’un entraîne l’autre sous les projecteurs, une double tragédie les frappe. Dans ce chaos, Lucy, l’amante enjouée de Raul, échappée d’une obscure banlieue de l’Idaho, tente de les extraire de leur détresse. Entre peintre, critique et muse se dessine alors un triptyque amoureux étourdissant. Avec une écriture inventive d’une grande force poétique, Molly Prentiss explore la nécessité de beauté, de partage, de création et d’amour dans un paysage urbain et mouvant.
  • Ballade mortelle de Robert McClure (États-Unis), à paraître le 14 septembre : À peine sorti d’un petit séjour de neuf ans en prison, Babe Crucci, un redoutable tueur à gages, n’a plus que deux idées en tête : se ranger des voitures, mais surtout renouer enfin avec son fils Leo, inspecteur des Homicides à la police de Los Angeles. La tâche s’avère compliquée : non seulement parce que Babe va quand même devoir exécuter un dernier « petit boulot » plus que dangereux s’il veut que sa retraite ne soit pas misérable, mais aussi parce que côté fiston, les choses sont loin d’être simples après tout ce qu’il lui a fait subir dans son enfance… et après. Leo, de son côté, est une étoile montante (un rien douteuse) du LAPD qui n’a évidemment aucune envie de se rabibocher avec un père ayant toutes les chances de l’entraîner dans sa chute. Car peut-on vraiment imaginer que Babe Crucci veuille se refaire après toute une vie de crime alors que ses anciens camarades en gangstérisme sont plus qu’honorés de le reprendre avec eux ? Écrit à deux voix, Ballade mortelle décrit des « affranchis » tels qu’ils sont, et le résultat est tout aussi comique qu’affligeant. Dialogues touchants et sans détours entre le père et le fils, répliques bien senties entre gangsters : nous ne sommes pas loin de l’univers des Sopranos.

Aux Éditions Allary :

  • Je vais m’y mettre de Florent Oiseau, à paraître le 25 août : Fred, la petite quarantaine, surfe sur l’écume des jours. Après des années à enchaîner jobs alimentaires et périodes de chômage, il a renoncé à faire carrière. Il passe désormais ses journées à dormir, manger des Knacki devant les émissions de Sophie Davant et boire des demis au bistrot du coin en attendant l’amour. Jusqu’au moment où il découvre qu’il arrive en fin de droits, et que ses maigres allocations disparaîtront bientôt. Il n’a plus le choix : il doit s’y mettre. Un emploi salarié ? Il n’en trouvera pas. Mais des ennuis, oui. Fred, par paresse ou naïveté, a une fâcheuse tendance à se laisser glisser dans les embrouilles… De Paris à Malaga, Je vais m’y mettre nous embarque pour une série d’aventures drolatiques en compagnie d’un personnage aussi attachant que désabusé. Une comédie d’aujourd’hui où, derrière les éclats de rire, se dessine le devenir de la génération précaire.

Aux Éditions du Rocher :

  • La concordance des temps de Vladimir de Gmeline, à paraître le 25 août : À Bornéo, une équipe de spéléologues s’apprête à explorer une rivière souterraine. Leur chef s’inquiète. L’expédition s’annonce difficile et la mousson s’éternise. Mais les obstacles ne viendront pas seulement de la nature, ni des traumatismes anciens que certains lui ont cachés. Dans la ville côtière de Balitan, où ils séjournent avant leur départ, une histoire d’amour interdite va dérégler la vie d’une communauté employée par une compagnie pétrolière. L’humidité, la chaleur et l’ennui engourdissent les corps. La jalousie d’un homme trahi fait basculer cette immobilité dans une violence inattendue. Les spéléologues s’y trouvent mêlés malgré eux. Commence alors une course poursuite au cœur de la jungle, tandis que le temps détraqué ne leur laisse aucun répit. La concordance des temps nous plonge dans l’univers clos des expatriés, des femmes oisives et des hommes sûrs de leur force. L’air est moite et les certitudes vacillent. Chacun s’interroge : faut-il partir ou rester ? Assumer les conséquences de ses actes ou trouver excuses et faux semblants ? Être fidèle à celui que l’on est ou à l’image que l’on donne ? Les événements les obligeront à répondre à ces questions. Vladimir de Gmeline, grand reporter à l’hebdomadaire Marianne, signe ici son premier roman.

Aux Éditions La Table ronde :

  • The Girls d’Emma Cline (États-Unis), à paraître le 18 août : Le Nord de la Californie, à l’époque tourmentée de la fin des années 1960. Evie Boyd a quatorze ans, elle vit seule avec sa mère, que son père vient de quitter. Fille unique et mal dans sa peau, elle n’a que Connie, son amie d’enfance. Mais les deux amies se disputent dès le début de l’été qui précède le départ en pension d’Evie. Un après-midi, elle aperçoit dans le parc où elle est venue traîner, un groupe de filles dont la liberté, les tenues débraillées et l’atmosphère d’abandon qui les entoure la fascinent. Très vite, Evie tombe sous la coupe de Suzanne, l’aînée de cette bande, et se laisse entraîner dans le cercle d’une secte et de son leader charismatique, Russell. Caché dans les collines, leur ranch est aussi étrange que délabré, mais aux yeux d’Evie, il est exotique, excitant, électrique, et elle veut à tout prix s’y faire accepter. Tandis qu’elle passe de moins en moins de temps chez sa mère, et tandis que son obsession pour Suzanne va grandissant, Evie ne s’aperçoit pas qu’elle s’approche à grands pas d’une violence impensable, et de ce moment dans la vie d’une adolescente où tout peut basculer. Dense et rythmé, le remarquable premier roman d’Emma Cline est saisissant de perspicacité psychologique. Raconté par une Evie adulte mais toujours cabossée, comme jamais remise de son expérience sectaire ni de son enfance ballotée, il est un portrait indélébile des filles comme des femmes qu’elles deviennent. Il est aussi le tableau très documenté d’un monde parallèle et inquiétant. Celui d’une secte qui n’est pas sans rappeler la tristement célèbre Famille de Charles Manson, dont la légende noire flotte au-dessus de Hollywood depuis près d’un demi-siècle.
  • Les années à rebours de Nadia Terranova (Italie), à paraître le 3 octobre : Messine, années 1970. Aurora est l’aînée d’une fratrie de six enfants. Père fasciste et mère transparente. Timide derrière ses lunettes à grosse monture, elle est la meilleure de la classe. Giovanni, lui, est le dernier d’une famille de communistes. Père avocat reconnu, mère agile aux fourneaux. Impétueux et charismatique, il est nul en classe mais rêve de faire la révolution. C’est à la fac de philo que les deux se rencontrent. Première passion, escapades sur l’Etna, et très vite un mariage accepté contre toute attente par la famille. D’autant qu’Aurora est enceinte… Les Brigate Rosse commencent à faire parler d’elles et, le soir, les jeunes mariés refont le monde avec leurs camarades d’utopie. Giovanni veut toujours vivre plus que ce que l’existence lui offre et fomente un attentat en rêvant de se faire emprisonner pour pouvoir marquer l’Histoire. Mais son attentat passe inaperçu et c’est en se droguant qu’il pallie ses frustrations de révolutionnaire raté. Avant la naissance de Mara, un fossé se creuse entre Aurora et Giovanni. Aurora devient institutrice, élève sa fille seule, entre deux apparitions de son mari-fantôme. Giovanni à la dérive est envoyé par son père à Milan, pour travailler dans un cabinet d’avocat, mais il se drogue plus que jamais. À son retour en Sicile, il passe plusieurs mois dans une communauté installée dans la campagne et retrouve une certaine sérénité, tandis qu’Aurora s’est décidée à reprendre une thèse. Mara est leur trait d’union, et leur donne la force de continuer. Enfin abstinent, Giovanni découvre qu’il est séropositif. Il vit le dernier été de sa vie avec sa fille de dix ans à peine, qu’il aime du mieux qu’il peut avant de mourir sur un lit d’hôpital de Messine, auprès d’Aurora. Simple et universel, ce roman est l’histoire d’un couple ancrée dans la réalité d’une époque – les années de plomb, l’invasion de la drogue, la désillusion des années 1980, le fléau du sida.

Aux Éditions Liana Lévi :

  • Désorientale de Négar Djavadi, à paraître le 25 août : Kimiâ Sadr, née à Téhéran puis exilée en France, suit un protocole d’insémination artificielle pour avoir un enfant avec son amie, Anna. Dans la salle d’attente, elle se remémore ses souvenirs, sa famille, ses parents, opposés aux différents régimes en place. Un récit qui évoque l’Iran des années 1970, la France d’aujourd’hui, l’exil, l’homosexualité, l’identité et la transmission.
  • Avec les pires intentions d’Alessandro Piperno (Italie), à paraître le 8 septembre : Iconoclaste, provocateur, politiquement incorrect, ce roman dresse le portrait d’une famille de la bonne bourgeoisie juive romaine, les Sonnino. Tout d’abord Bepy, qui à la sortie de la guerre préfère oublier le «clownesque couple» Mussolini-Hitler pour revenir à une scintillante et futile existence dans laquelle les femmes, surtout celles de ses amis, occupent beaucoup de place. Il ne comprendra jamais pourquoi son fils cadet Teo, doué et séduisant, choisit d’aller vivre «dans ce pays insensé dénommé Israël». Heureusement son aîné, Luca, s’inscrit dans la lignée paternelle : manteau croisé en cachemire, Porsche Carrera et fréquentation assidue de la business class. Quant à son petit-fils Daniel, le narrateur, issu d’un improbable mariage mixte, il est pris dans un insoluble dilemme : «être juif pour les gentils» et «gentil pour les juifs». Handicap auquel viendra s’ajouter sa timidité sexuelle et son incapacité à entreprendre la belle Gaia, dans le tourbillon de la jeunesse dorée romaine.

Aux Éditions Métailié :

  • 33 révolutions de Canek Sánchez Guevara (Cuba), à paraître le 25 août :Un trentenaire désabusé traîne son spleen à La Havane, entre son bureau et le Malecón… L’espoir se fait rare, la vie est un disque rayé. Rhum, salsa, tabac, et parfois un détour chez la Russe du neuvième étage. Il fait une chaleur criminelle et la révolution semble s’être oubliée au milieu du gué. Seule la mer, au loin, promet encore quelque chose… Canek Sánchez Guevara, petit-fils du Che, fait vibrer Cuba comme jamais : le désenchantement s’écrit dans une langue intense, hypnotique, et la crise des balsas est prétexte à un formidable hymne à la liberté.

13 réflexions sur “Rentrée littéraire 2016 côté premier roman #2

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