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la salle de bain du titanic véronique ovaldéPrésentation de l’éditeur : « Elle aimerait revenir au printemps de ses six ans. Juste avant l’été des deux cachalots (ou des deux orques, ou des deux je ne sais quoi, des deux bestioles magnifiques et pourrissantes échouées sur la plage de Camerone). Avant l’été où le monde a changé sa révolution. » Trois nouvelles pour un même gouffre. Un été sur une plage, une petite fille échappe à la surveillance de son père. Un homme en chemisette sort des dunes, il tient la fillette par la main et la ramène à sa famille. Soulagement, reconnaissance. Personne ne remarque l’immobilité et le visage de cire l’enfant. Véronique Ovaldé cerne au plus près, au plus juste, ce moment où la vie bascule.

Éditions J’ai lu – 78 pages

Depuis le 4 avril 2012 en librairie.

Archive du blog Gwordia

Ma note : 4,75 / 5

Poche : 4,95 euros

La salle de bain du Titanic, initialement prévu hors commerce (2009) et ayant finalement paru en édition augmentée et illustrée (2012), est un recueil de nouvelles d’à peine quatre-vingts pages. Si ces trois courts textes de Véronique Ovaldé, interdépendants donc à lire impérativement dans l’ordre, peuvent a priori passer pour aussi vite oubliés que lus, il n’en est rien. Leur écho se prolonge. Résonne longtemps.

Le prière d’insérer ne trompe pas. C’est d’horreur dont il est question, un drame annoncé, insoutenable, indicible. Et pourtant, l’auteur, de sa plume infiniment poétique, insuffle de la magie dans l’atmosphère pesante de son récit allant crescendo. Le contraste entre le style aérien et la cruauté des thèmes abordés est saisissant. De non-dits en digressions, tout est subtilement suggéré, le doute n’est pas permis et pourtant le mystère rôde. Là est toute la puissance de ce conte déguisé à la titraille faussement naïve. Une apparente candeur pour mieux enfermer dans la noirceur.

Vienna, personnage central de ces trois textes, est à l’image de ce Titanic évoqué dans le titre. Son introspection détachée oscille entre force et fébrilité. Sera-t-elle insubmersible ou fera-t-elle naufrage ? À chacun de le déterminer puisque la fin tombe comme un couperet. Comme ces moments où la vie bascule. Ces jours où.

La nouvelle est un exercice périlleux. Force est ici de constater que Véronique Ovaldé y excelle. De son écriture aiguisée fortement ancrée dans la lecture entre les lignes, elle démontre que la force d’une plume réside parfois dans les mots qu’elle n’écrit pas. De l’utilisation impressive des silences… qui font de ce texte tripartite une musique insolite, douce à entendre, même s’il nous joue la mélodie du désenchantement inexorable de l’existence. Brillant.

3 réflexions sur “La salle de bains du Titanic de Véronique Ovaldé

  1. Je garde de cette lecture un souvenir de malaise persistant… En fait, j’avais été surprise par cette tonalité après avoir lu Ce que je sais de Vera Candida… Techniquement bien fait mais… faut être d’humeur quand même ;-)

    Aimé par 1 personne

    • Ah ah ! Ce n’est assurément pas une lecture réjouissante. Mais quel sens de l’allusion ! Je suis toujours admirative des plumes qui racontent autant entre les lignes que dans les mots. Je n’ai pas lu Vera Candida, je vais aller fouiner dans tes chroniques…

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      • Tu ne le trouvera pas sur le blog, c’était une lecture bien antérieure et je ne l’ai pas chroniquée. Mais j’ai été très impressionnée par l’univers créé par Véronique Ovaldé et ce récit de femmes m’a totalement captivée. Tu auras peut-être l’occasion de le lire un de ces jours…

        Aimé par 1 personne

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