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le bus 2 paul kirchnerPrésentation de l’éditeurDépoussiéré, révisé, le véhicule sort du garage ; l’homme au pardessus se poste à l’arrêt… et c’est reparti pour un tour ! Le bus se prend pour King Kong, un ascenseur ou Steve Martin, il psychanalyse son passager, le téléporte ou le trompe avec d’autres hommes… Le bus est plus que jamais une porte vers tous les possibles. Quelques détails, comme les téléphones « intelligents » et le look des passagers ancrent ces histoires dans le XXIesiècle. Mais on saisit surtout que l’univers hallucinant de Paul Kirchner est d’une vitalité indémodable. Petit album à l’italienne réalisé dans un noir et blanc impeccable, Le Bus 2 est un objet venu d’ailleurs. L’artiste se joue des époques, ajoutant à ses histoires une pointe de mélancolie qui les rend encore plus percutantes. Le Bus 2 a été partiellement pré-publié dans divers magazines, dont Aaarg ! en France et Tin House Magazine aux États-Unis.

Traduit de l’anglais par Patrick Marcel.

Éditions Tanibis – 56 pages

Depuis le 16 novembre 2015 en librairie.

Ma note : 3,25 / 5

Album : 12 euros

Après près d’un quart de siècle au dépôt, Le Bus de Paul Kirchner reprend du service et ajoute quelques arrêts à sa ligne surréaliste. Faisant suite à un premier tome reprenant des vignettes publiés entre 1979 et 1985 dans la version américaine de Métal Hurlant, ce second album à l’italienne s’illustre toujours par sa brièveté, son trait épuré noir et blanc tout en hachures et aplats et ses histoires paroles.

À raison de strips en deux bandes de trois cases indépendants les uns des autres, les saynètes reprennent les mêmes codes : mêmes personnages du passager flegmatique et du bus protagoniste à part entière quasi anthropomorphisé, même principe d’exercice de style oubapien. Seuls les vêtements, accessoires et coupes de cheveux des personnages secondaires modernisés et la technique du dessinateur, passant de la plume à un encrage au feutre, ont changé durant ce quart de siècle.

Le lecteur donc de découvrir ou retrouver les pérégrinations et autres tribulations d’un voyageur au sein d’un univers étrange. Passés quelques rituels indéboulonnables – attendre à l’arrêt, passer par la case chauffeur, payer son ticket ou trouver une place -, le passager de ce road trip est tributaire des variations fantaisistes de l’environnement, entre situations absurdes, perspectives brouillées, fausses apparences, mises en abyme ou encore univers parallèles

Transcendant les dimensions et les directions, l’auteur joue avec les angles et points de vue, déconstruit les cadres et bouscule la logique et la physique, donnant parfois naissance à une profondeur graphique intéressante. Il n’hésite pas non plus à s’amuser avec les références culturelles, mettant en scène parodie de comédie musicale à la manière de Busby Berkeley ou imitation de King Kong.

En décalage complet d’avec la rationalité et en rupture d’avec la linéarité, ses déclinaisons fantastiques des transports en commun peuvent être lues comme une critique d’un monde urbain aseptisé, une allégorie surréaliste d’une réalité trompeuse qui cache autre chose que ce qu’elle affiche, en particulier l’absence de logique voire la folie. Si certains sketchs sont immédiatement intelligibles, le sens profond reste parfois confus. Si tant est qu’il y ait forcément un message…

Paul Kirchner a résolument su construire un univers singulier à l’ambiance mystérieuse, tantôt comique, tantôt inquiétante. Cette démonstration du trajet de bus comme rien moins qu’anodin reste malgré tout très conceptuelle… sans doute trop pour plaire à un public autrement plus large que celui de lecteurs pointus de l’art séquentiel.

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Extrait :

le bus 2

Un grand merci aux Éditions Tanibis & à Babelio pour m’avoir offert l’opportunité de découvrir ce livre.

2 réflexions sur “Le Bus 2 de Paul Kirchner

  1. Si je peux comprendre l’intérêt éditorial de rassembler ces strips en un volume, je pense que la découverte de ces variations sur le même thème est indigeste pour le lecteur qu’il n’a pas la sagesse de le faire à doses homéopathiques….
    La parution sous formes de strips dans un hebdo ou mensuel me semble bien plus adaptée…

    Prends le bus, un petit tour, descends au premier arrêt… Et reviens demain…

    Aimé par 1 personne

    • Pour cette série, c’est un bon conseil. Mais qui dénote quand même la faille du concept puisqu’une vraie bonne idée à mon sens entraîne un plaisir jubilatoire quand on en a une compilation inédite à dévorer gloutonnement, sans pause recommandée pour éviter l’indigestion.

      J'aime

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