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en moins bienPrésentation de l’éditeur : Emma. Un pélican à la con. Une station balnéaire aux États-Unis. Un Allemand qui tourne. Une tribu de hippies crados. Le moral dans les bottes. Une dune qui chante. Cassavetes, Kurosawa et Huey Lewis. Un pressing. Un verre de trop. Une équipe TV. Puis une autre. Richard. Love in Vain. Un requin et un marteau. Un coup de feu. Du sang sur le sable. Une Chevrolet Impala. Le bruit des vagues. L’amour à trois. L’amour tout seul. Une lettre d’amour. La vie qui continue. En moins bien.

Éditions Pocket – 277 pages

Depuis le 5 mai 2011 en librairie.

Archive du blog Gwordia

Ma note : 5 / 5

Broché : épuisé

Poche : 6,80 euros

Découvrir un auteur français qui a la trempe d’un auteur américain, ça n’a pas de prix. C’est d’ailleurs cet intéressant croisement qui donne au premier roman d’Arnaud Le Guilcher toute sa beauté : l’action d’En moins bien se déroule aux États-Unis mais le verbe relève de la parlure argotique tout ce qu’il y a de plus frenchy.

L’écrivain, probablement un brin zinzin (au sens élogieux du terme), fait emboîter au lecteur le pas d’un loser magnifique. Les personnages sont déjantés, les situations cocasses mais sous ces airs d’absurdité la plus crasse, le fond est pro, le récit est profond. Ça vous chatouille les zygomatiques et ça peut même vous tirer la larmiche. Des bouquins commak, on devrait en boulotter plus souvent. Non seulement ça fait reluire les méninges mais en plus, c’est bon pour le moral de se gondoler.

Le must ? Ce roman moderne, original, drôle, émouvant et intelligent a une suite !

Extraits :

Ce bâtiment avait un capital sympathie dégueulasse : un enduit dégoulinant, des petites fenêtres immondes. Il y a des gens à l’urbanisme qui mériteraient d’habiter dans les saloperies qu’ils dessinent.

Y a pas de mots pour décrire  le moment où on déshabille pour la première fois la personne qui cristallise tout.  J’étais bouleversé. Je me suis mis à trembler. Comme une feuille. Quand je l’ai pénétrée pour la première fois, j’ai eu envie de pleurer. Je suis pas une fiotte, mais là faut reconnaître que ça m’a méchamment secoué.

Je sais pas comment réagi un bonhomme dans les quelques jours qui suivent ou précédent le début d’une histoire d’amour… C’est étrange… On est crevé, mais en forme. Epuisé, mais heureux. Le sentiment amoureux doit générer des hormones euphorisantes ou du Prozac.

Tableau du 1er tour :

Nous – Les gens normaux

Les flics – Les hippies

Pierre de Coubertin en voyant ça a dû faire des triples axels dans sa tombe. On jouait sur deux terrains parallèles, les torses nus contres les tee-shirts. Y avait pas d’arbitre et ça a tourné à la foire. La moitié des hippies, dont le goal, jouait à poil. A la première patate, le portier baba a fait un amorti de la bite et ona dû le sortir. De notre côté ? Waterloo…

Je marque à mort. On me touche, j’ai un hématome. Je me cogne et vlan, un bleu. Dans le coeur c’est pareil, je marque à mort. Un coeur brisé plein de bleus, c’est mon coeur à moi. C’est pas de la faïence, c’est autre chose. J’ai plus tellement envie. J’ai plus envie du tout même, pour être honnête. Tout ça me pèse. Mais peser c’est autre choses, alors…

Elle est où Emma ? Elle est partie…

T’est où ? C’est qui, qui te fait l’amour ? C’est qui ? C’est comment, les bras des autres ? C’est plus chaud ou moins chaud ? C’est plus fort ? Moins fort ? C’est comment ? Ils te tirent les cheveux, parfois ? Tu leur dis « Je t’aime » à l’oreille, aussi ? Tu dis quoi ? Et à qui ? Et quand ? Et où ? Ca me donne le vertige tout ça, c’est trop haut pour moi.

La vache…

C’est dur quand même.

Je pourrais faire sans toi. C’est sûr. Je peux me mentir assez longtemps. Mentir, je sais faire. Ne pas penser à toi, c’est autre chose. Je suis mort, putain, tu te rends compte ? Je suis mort… Toutes ces expériences pour en arriver là… Tout ça pour ça. C’est fou. Mort et vivant. A la fois. C’est barjot. C’est des coups à pas renaître. Mais renaître, c’est autre chose.

Alors…

T’es où, Emma. T’es où ?

Je t’en veux pas de tout ça. S’en vouloir, c’est autre chose. J’aimerais juste savoir comment tu vas, comment tu te sens et si tu es bien dans tes pompes. Je reprendrais bien un peu de quotidien. J’aimerais te voir te laver. T’entendre fredonner l’infredonnable, toutes tes chansons pourries, faire tes imitations à la con et rire. Rire. C’est ça. C’était bien ça.

Une vie sans toi, ça risque d’être un peu long. Pas beaucoup plus qu’une éternité, mais pas beaucoup moins non plus.

3 réflexions sur “En moins bien d’Arnaud Le Guilcher

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