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un jeu à somme nulleVoici le deuxième aperçu (retrouvez le #1) des classiques et autres incontournables en puissance des années à venir, de la potentielle nouvelle vague littéraire – c’est bien tout le mal que l’on souhaite aux primo-romanciers – de la rentrée littéraire d’hiver dont le coup d’envoi sera donné dans dix jours exactement. 476 romans officiellement annoncés, 308 côté littérature française ou francophone, 168 côté littérature étrangère et recoupant les deux catégories précédentes, 73 premiers romans (un peu plus selon mon inventaire personnel qui, fidèle à l’esprit de ce lieu privilégiant l’ouverture des frontières et des genres littéraires, explorera en partie des registres tels que thrillerscience fiction, érotique ou encore new adult…)… Autant de chiffres en cette rentrée littéraire de janvier qui promettent aux lecteurs occasionnels et aux liseurs boulimiques de ne pas risquer de s’ennuyer.

Le tour d’horizon en ce lieu ne concerne « que » les premiers romans français et les premiers romans étrangers, à paraître du 30 décembre 2015 jusqu’à la fin février 2016. Parce qu’avec ceux-là, il y a déjà suffisamment fort à faire. Parce que j’aime toujours autant les nouvelles plumes, potentielles promesses de toutes les audaces, de tous les renouveaux littéraires. Et parce qu’il me tient toujours autant à cœur de contribuer, ne serait-ce qu’un petit peu, à la mise en lumière des nouveaux auteurs souvent délaissés dans leur anonymat. Les petits nouveaux peuvent cependant se réjouir qu’il soit de plus en plus tendance de s’intéresser au premier roman. Un engouement qui doit largement au consciencieux travail de défrichage des libraires et des blogueurs. Ce sont désormais les grandes maisons d’édition et plus seulement les petits éditeurs indépendants qui multiplient les risques d’éditer d’illustres inconnu(e)s. Et la presse littéraire et autres médias généralistes de diversifier leurs articles, de s’ouvrir enfin à la nouveauté et de ne plus se contenter de tous régurgiter les mêmes communiqués de presse des mêmes sempiternelles têtes de gondole lues, relues et parfois peu réinventées. Pourvu que ça dure…

Alors, impatients découvreurs de nouvelles saveurs et peut-être des best-sellers de demain, êtes-vous prêts à vous offrir de l’inattendu, du jamais lu ? C’est parti pour le deuxième round de mon propre festival du premier roman !

Aux Éditions Gallmeister :

  • Corrosion de Jon Bassoff (États-Unis), à paraître le 1er janvier : Un vétéran d’Irak au visage mutilé tombe en panne au milieu de nulle part et se dirige droit vers le premier bar. Peu après, un homme entre avec une femme, puis la passe à tabac. L’ancien soldat défiguré s’interpose, et ils repartent ensemble, elle et lui. C’était son idée, à elle. Comme de confier ensuite au vétéran le montant de l’assurance-vie de son mari qui la bat. Ce qu’elle n’avait pas réalisé, c’était qu’à partir de là, elle était déjà morte. « Un formidable roman noir qui, en infusant de la beauté au cœur de la désolation, fait éclater les limites du genre. Un talent de virtuose. » – Jason Starr. « Imaginez du Chuck Palahniuk dilué dans le langage de Tarantino, puis mélangé à l’acidité de Jim Thompson, dans un livre fait pour être adapté par David Lynch, vous obtiendrez alors un aperçu de l’atmosphère de Corrosion. Le premier roman de l’inimitable Jon Bassoff inaugure un nouveau genre : le noir corrosif. » Ken Bruen

Aux Éditions Flammarion :

  • Le premier méchant de Miranda July (États-Unis), à paraître le 6 janvier : Cheryl est une quadragénaire un peu dérangée, membre d’une association d’autodéfense pour les femmes. Elle est hantée par le souvenir d’un bébé rencontré à l’âge de 6 ans et obsédée par Philippe dont elle est persuadée qu’il est son amant. Ses patrons lui demandent d’héberger leur fille Clee, 20 ans, belle et cruelle, qui, à force de persécutions, transforme paradoxalement sa vie.

Aux Éditions Piranha :

  • Un jeu à somme nulle d’Eduardo Rabasa (Mexique), à paraître le 7 janvier : Une dystopie à l’humour grinçant sur les ravages du néolibéralisme dans un pays ressemblant à s’y méprendre au Mexique. Max Michels a l’habitude de cohabiter avec les voix présentes dans sa tête. La voix de son père, un homme exigeant jusqu’à la tyrannie qui lui a inculqué de force la maxime selon laquelle « la valeur de tout homme se mesure à la dose de vérité qu’il peut supporter ». Et les voix des « nombreux », qui remettent sans cesse en cause le moindre de ses actes. Jusqu’au jour où, lassé d’être la marionnette de ses démons, il décide de se présenter à la présidence de Villa Miserias, une « unité habitationnelle » régie par un système subtil mais implacable : le quiétisme en mouvement.

    Dans cette fable politique grinçante, qui n’est pas sans rappeler l’œuvre de George Orwell, Eduardo Rabasa dissèque avec la précision d’un chirurgien les mensonges et les errements de nos démocraties modernes transformées en ploutocraties représentatives. Une parabole sur le pouvoir qui met en scène de nombreux personnages hauts en couleur qui tentent d’échapper à leur destin.

Aux Éditions Buchet Chastel :

  • Comme neige de Colombe Boncenne, à paraître le 1er janvier : Constantin Caillaud découvre par hasard un titre inédit d’Émilien Petit, dont il pensait tout connaître. Au moment de confier l’ouvrage à Hélène, son ancienne maîtresse qui lui avait fait connaître l’auteur, il ne le retrouve plus. Débute alors une enquête chez les éditeurs et les écrivains pour retrouver la trace du livre.
  • Randall de Jonathan Gibbs (Angleterre), à paraître le 14 janvier : Que se serait-il passé si Damien Hirst n’avait jamais existé ? Si le jeune artiste britannique le plus célèbre et le plus influent des trente dernières années avait été quelqu’un d’autre ? Quelqu’un d’encore plus provocateur, plus scandaleux et de beaucoup, beaucoup plus drôle ? C’est le scénario que met en scène Randall, formidable premier roman campé dans le Londres des années 1990, de la « Cool Britannia », et de l’émergence des « Young British Artists ». Randall retrace la trajectoire de son héros éponyme – un subversif et génial artiste contemporain –, depuis son diplôme d’école d’art jusqu’aux somptueuses soirées financées par de richissimes banquiers de la City. L’intrigue se noue autour de la découverte, par la veuve et le meilleur ami de Randall, des années après sa mort, d’une cache de dessins et peintures pornographiques qui compromettent l’ensemble des acteurs du monde de l’art et de la finance de l’époque. Que faire de ces brûlots estimés à des millions de dollars et qui révolutionneront sans aucun doute l’histoire de l’art contemporain ? Intrigant portrait d’artistes en devenir, histoire d’amour et d’amitié s’il en est, Randall propose une plongée dans un moment clé de l’histoire de l’art et relate avec humour et cruauté la folie financière contemporaine et l’explosion d’une société où ne fait plus sens que ce qui s’achète, et s’achète cher.

Aux Éditions Belfond :

  • Écoute le chant du vent suivi de Flipper, 1973 de Haruki Murakami (Japon), à paraître le 14 janvier : Événement ! Après trente-sept ans, Haruki Murakami autorise enfin la publication de ses deux premiers romans, Écoute le chant du vent, prix Gunzo 1979, et Flipper, 1973, tous deux totalement inédits. J’écrivais toujours sur la table de la cuisine, tard dans la nuit, jusqu’au petit matin. C’est la raison pour laquelle je nomme ces deux romans « écrits sur la table de la cuisine ». Avec beaucoup d’amour et une certaine gêne… Pour rien au monde je ne voudrais les changer. Un peu comme de très vieux amis. Peut-être que je ne les rencontrerai plus, que je ne leur parlerai plus, mais il est certain que jamais je ne les oublierai. Ils sont précieux pour moi, irremplaçables. Ils m’encouragent, me réchauffent le cœur. Enfin traduits et réunis en un seul volume, précédés d’une préface de Murakami qui en explique la genèse, ils composent les deux premiers tomes de la Trilogie du Rat, que clôt La Course au mouton sauvage.

Aux Éditions Monsieur Toussaint Louverture :

  • La maison dans laquelle de Mariam Petrosyan (Arménie / Russie), à paraître le 4 février : La maison est un lieu où chacun perd ses repères, son identité d’avant, fait l’expérience de l’amitié, de l’amour, du conflit, de la peur, etc. C’est un endroit pour s’initier à la vie que personne n’a envie de quitter.

Aux Éditions Le Tripode :

  • Notre Château d’Emmanuel Régniez, à paraître le 21 janvier : Un frère et une sœur vivent reclus depuis des années dans leur maison familiale, qu’ils ont baptisée « Notre château ». Seule la visite hebdomadaire du frère à la librairie du centre ville fait exception à leur isolement volontaire. Et c’est au cours de l’une ces sorties rituelles qu’il aperçoit un jour, stupéfait, sa sœur dans un bus de la ligne 39. C’est inexplicable, il ne peut se l’expliquer. Le cocon protecteur dans lequel ils se sont enfermés depuis vingt ans commence à se fissurer. On pourrait penser au film Les Autres de Alejandro Amenábar, à Shining de Kubrick. Ou à La Maison des feuilles de Danielewski. En reprenant à son compte l’héritage de la littérature gothique et l’épure de certains auteurs du nouveau roman, Emmanuel Régniez réussit un roman ciselé et singulier, qui comblera les amateurs d’étrange.

Aux Éditions Rivages :

  • Corps conducteurs de Sean Michaels (Canada / Écosse), à paraître le 13 janvier : Cet ouvrage retrace la vie d’un personnage réel, Lev Theremin, génie de la musique et inventeur des années 1920. Il donne des concerts à New York, rencontre Gerschwin, s’enflamme pour les thèses de Lénine, espionne pour le régime soviétique et se retrouve au goulag.
  • La mort à son rythme de James David Osborne (États-Unis), à paraître le 3 février : Dans une petite ville d’Oklahoma, lors d’une partie de pêche, deux frères, Aldo et Sepp, trouvent une tête dans la vase, mais ne préviennent pas la police, tandis que Danny, au service d’un caïd local, est à la recherche de son frère disparu…

16 réflexions sur “Rentrée littéraire d’hiver 2016 côté premier roman #2

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