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le premier jour de ma mortPrésentation de l’éditeur : « C’est pas vrai ! Pas moi ! Je ne vais pas crever maintenant ! J’ai encore rien dis ! » se répétait Albert qui croyait rêver. […] « Je vais crever ! » se répétait-il. Ses mots résonnaient dans son crâne et il avait infiniment peur, peur au point de se pisser dessus. À quelques centimètres de lui, sa femme Clara dormait d’un sommeil profond. Elle était allongée sur le dos. » Ce matin-là, Albert se réveille avec la certitude qu’il va mourir aujourd’hui. À ses côtés, sa femme dort et il n’ose pas la réveiller et préfère laisser son angoisse de la mort l’envahir. Il fait ainsi défiler le cours de sa vie aux côtés de cette femme qui l’a aimé au-delà du possible, renonçant même à avoir cet enfant qu’elle désirait tant. C’est cette longue journée que nous fait vivre Philippe Sohier en nous faisant découvrir une vie faite de renoncements, de mensonges et de non-dits qui rongent… Un roman poignant, vrai et sincère sur la vie, l’amour, le temps qui passe.

Éditions Hugo et Cie – 164 pages

Depuis le 9 septembre 2015 en librairie.

Ma note : 3,5 / 5

Broché : 15 euros

Ebook : 10,99 euros

La mort. Le décès. Le trépas. La dernière heure. Le repos éternel. Le dernier souffle. La fin. Rare point commun à tous les destins, seule promesse d’égalité faite par la Nature ; encore que la Faucheuse ne vient pas cueillir tout le monde de la même façon… Certains l’abordent sereinement, d’autres préfèrent n’y pas penser, mais pour beaucoup, cette inexorabilité est synonyme d’angoisse, d’effroi. Si le quatrième roman de Philippe Sohier, en lice pour le Prix des Libraires 2016, ne prétend nullement atténuer la phobie et n’offre aucun remède miracle pour ne plus avoir peur de la mort, il permet de dédramatiser le temps d’une lecture le sujet avec beaucoup d’humour et surtout, engage à repenser intelligemment son existence.

Loin du prière d’insérer qui peut laisser croire à un roman qui rumine les affres de la mort d’un condamné prémonitoire, ce texte est le récit divertissant d’un anti-héros manifestement prescient conduit par son intuition à opérer un retour sur sa vie, à dresser le bilan, à décider de ce qu’il convient de faire du temps qui reste et à savourer tous ces petits gestes auxquels nul ne prête attention que quand il est certain de les accomplir pour la dernière fois, avant que ne débarque la redoutée Camarde. Une réaction typique de tout être conscient ou hypocondriaque convaincu de sa mort imminente : se recentrer sur l’essentiel. Mais en loser magnifique qui se respecte, l’Albert au funeste pressentiment est d’une lâcheté commune que même l’avertissement divinatoire d’une mort prochaine ne peut contraindre à changer, à réparer ses erreurs, à préparer son départ, engoncé dans un orgueil mal placé ou une médiocrité ordinaire. Entouré d’une femme singulière et d’un meilleur ami alcoolique, les anecdotes cocasses entre présent et passé ne manquent pas, brossant le portrait d’un homme aussi pitoyable que touchant ; l’abord stéréotypé du trio laissant rapidement place à des personnages complexes, plus consistants que de prime abord.

Moins léger qu’il n’y paraît, Le premier jour de ma mort est une vraie réflexion sur les choix de vie et leurs conséquences, la routine, la possibilité de réorienter son destin, de s’améliorer, de pleinement profiter du temps qui passe plutôt que de le laisser s’enfuir. Invite à une introspection visant à toujours mieux se connaître soi-même et s’écouter pendant qu’il en est encore temps, il montre aussi à quel point il est difficile pour ne pas dire impossible de jamais vraiment connaître l’autre, même celui avec qui l’on croit tout partager. Mensonge, trahison, égoïsme, secret, omission, regret, remord, déception, frustration, non-dit… L’écrivain revient sur toutes les compromissions existentielles, petites ou grandes, au détriment des envies, des espoirs. Réclamant le droit à l’erreur, dont la responsabilité est souvent partagée, mais interdisant de s’y complaire, il explore l’amour, le couple, le mariage, la sexualité, la parentalité, l’amitié avec beaucoup d’originalité, de fraîcheur et de pertinence.

Philippe Sohier, malgré un sujet grave et une tristesse sous-jacente, offre au lecteur un roman drôle et étonnant grâce à une brillante pirouette narrative. C’est dans un style simple, sans détour et parfois cru qu’il rappelle, avec parfois quelques clichés, de profiter de l’instant présent, de cueillir dès aujourd’hui les roses de la vie, de carpe diem parce que tout peut s’arrêter à tout instant. Un livre moderne en forme de toujours utile memento mori.

Vous aimerez sûrement :

Un chagrin de passage de Françoise Sagan, Dolce agonia de Nancy Huston, Roman de l’au-delà de Matthias Politycki, Les cinq personnes que j’ai rencontrées là-haut de Mitch Albom, Dieu est un pote à moi de Cyril Massarotto, Les témoins de la mariée de Didier Van Cauwelaert…

Un grand merci aux Éditions Hugo et Cie pour m’avoir offert l’opportunité de découvrir ce livre en avant-première.

Une réflexion sur “Le premier jour de ma mort de Philippe Sohier

  1. Pingback: Julie’s way de Pierre Chazal | Adepte du livre

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