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l'enfant des étoilesPrésentation de l’éditeurHugo est un garçon rêveur de six ans, bercé par les contes que lui lit son père. Ses mondes imaginaires seront son refuge lorsqu’il tombera gravement malade. Là-haut, un ange veillera sur lui et lui offrira pour l’éternité les clés du royaume des mille châteaux de son enfance… Ou lorsque la féerie adoucit la tragédie de la réalité… Débordant de tendresse, le conte de Dominique Chalumeau mêle à la gravité de son propos une poésie réconfortante et salvatrice. Construit autour de deux univers bien distincts, à destination des enfants comme des adultes, L’Enfant des étoiles ne laissera personne indifférent.

Éditions Publibook – 115 pages

Depuis le 18 novembre 2014 en librairie.

Ma note : 4,5 / 5

Broché : 15,95 euros

Ebook : 7,99 euros

S’il n’est pas rare que les flics troquent flingue ou menottes pour plume ou clavier, leur désir d’écriture n’est pas forcément assouvi par la rédaction d’un polar ou d’un thriller. Même si Dominique Chalumeau n’exclut pas à l’avenir d’en écrire un, plutôt sous la forme d’un roman à énigme façon Sherlock Holmes que sanglant inspiré de son passé à la criminelle, c’est loin de ce registre, entre réalisme et onirisme, qu’il a ancré son premier roman. Cet ancien du 36, quai des Orfèvres, aujourd’hui commandant de police, s’improvise donc écrivain et même auteur engagé puisqu’un tiers des droits de son livre sera reversé à la Ligue contre le cancer. Une bonne raison pour acheter L’enfant des étoiles, s’il n’en fallait qu’une.

Parce qu’au-delà de l’excellent argument de la B.A., le vrai bon prétexte pour l’acquérir et le lire est tout simplement que ce court texte est d’une beauté intense. La condition essentielle étant d’aimer les livres bouleversants déchirants, sachant qu’il emporte davantage dans un torrent lacrymal plus qu’il n’arrache une larme. À la mesure du livre le plus triste du monde, L’adieu à la femme sauvage d’Henri Coulonges ! Sauf que, contrairement à ce dernier, L’enfant des étoiles ne se résume pas à sa tristesse.

Décomposé en trois temps, le récit commence par raconter la belle vie de famille d’un couple de jeunes parents et de leur fils de 6 ans. L’existence idyllique est brisée dans un second temps par l’annonce de la leucémie du petit garçon. Commence alors la vie à l’hôpital pour enfants, le combat contre la maladie, les petites victoires et puis les défaites jusqu’à la tragédie. C’est dans le troisième et dernier temps que la narration prend toute sa mesure. La mort d’Hugo n’est pas une fin en soi. Il arrive au Royaume des 1 000 châteaux, cet univers raconté par son père avant de s’endormir, sous la protection d’un ange-gardien et accomplit le rêve de sa courte vie en devenant dragonnier. Par le biais des étoiles, de la pluie ou des bougies, parents et enfant peuvent s’adresser des messages entre les deux mondes avant d’être réunis pour l’éternité.

En faisant basculer ainsi son récit vers le fantastique, vers un monde imaginaire enchanteur, Dominique Chalumeau, inspiré de la réalité de trop de familles déchirées par la perte d’un enfant, ce deuil souvent désigné comme le pire de tous tant il est contraire à l’ordre naturel des choses, tente avec une grande délicatesse de transcender la mort. Affirmant avec une infinie poésie que la vie ne s’arrête pas au décès et que le lien parents-enfant ne se brise pas à la disparition, le primo-romancier essaie d’aider à accepter l’inacceptable, de soulager un peu, de réconforter dans la mesure du possible.

Ce livre porteur d’espoir, malgré une évidente influence culturelle chrétienne, a valeur universelle, ouvert à toutes les mystiques. Il présente d’ailleurs un monde d’après où tous, avec ou sans foi, vivraient ensemble dans une sérénité inaltérable et où chacun aurait la possibilité de faire évoluer son monde idéal à l’infini, au gré de ses songes. Une vision de la vie après la mort tentante et rassurante.

Dans ce conte merveilleux et émouvant, Dominique Chalumeau pose sur l’indicible de très beaux mots, compensant largement ceux qu’il n’avait pas trouvé à dire à des parents ayant perdu leur petite fille de quinze mois à l’occasion d’un enquête alors qu’il était jeune recrue policière. L’on ne peut que saluer cette première performance littéraire ; ce n’est pas donné à tout le monde de conférer à son verbe la puissance de remuer viscéralement et la possibilité de lutter contre ce foutu crabe. Achetez ce livre et aidez la recherche, bref, « donnez et vous recevrez » !

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Un grand merci aux Éditions Publibook et à l’auteur pour m’avoir offert l’opportunité de découvrir ce livre.

4 réflexions sur “L’enfant des étoiles de Dominique Chalumeau

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