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l'amour sans le fairePrésentation de l’éditeurAprès dix ans de silence, Franck téléphone un soir à ses parents. Curieusement, c’est un petit garçon qui décroche. Plus curieusement encore, il s’appelle Alexandre, comme son frère disparu des années auparavant. Franck décide alors de revenir dans la ferme familiale. Louise, elle, a prévu d’y passer quelques jours avec son fils. Franck et Louise, sans se confier, semblent se comprendre. « On ne refait pas sa vie, c’est juste l’ancienne sur laquelle on insiste », pense Franck en arrivant. Mais dans le silence de cet été ensoleillé et chaud, autour d’un enfant de cinq ans, « insister » finit par ressembler à la vie réinventée. L’Amour sans le faire, c’est une histoire de la tendresse en même temps qu’un hymne à la nature, une nature sauvage, imprévisible, qui invite à changer – et pourquoi pas à renaître.

Éditions Flammarion – 320 pages

Depuis le 22 août 2012 en librairie.

Archive du blog Gwordia

Ma note : 5 / 5 mention Coup de cœur

Broché : 19 euros

Poche : 7,30 euros

Ebook : 6,99 euros

Grands caractères : 20,50 euros

Après avoir été conquise par Trois fois le loyer de Julien Capron, je suis une fois encore enchantée par l’écurie Flammarion. Avec ces deux romans, l’ancestrale maison d’édition s’inscrit avec éclat dans la rentrée littéraire 2012. Si vous deviez n’en lire que deux, choisissez ces deux-là ! Un doublé qui redonne ses lettres de noblesse à une littérature française souvent jugée trop morose.

Si Capron met les nerfs à vif, Serge Joncour, dans son nouveau roman L’amour sans le faire, met du baume au cœur en évoquant comme personne l’Homme et la Nature. Plutôt que de se complaire dans les désordres intérieurs, comme on le reproche trop souvent aux écrivains de nos latitudes, l’Écrivant comme il se définit lui-même sur Twitter trouve l’émotion, la beauté et l’espoir en toutes choses, sans pour autant négliger ou minimiser les blessures et la tristesseL’Amour sans le faire est compte, comme La non-demande en mariage de Brassens, parmi les plus belles déclarations d’amour qui soit. L’amour de la Terre, l’amour du prochain, l’amour de soi.

Entrelaçant des portraits écorchés, l’auteur excite les sens en livrant des instantanés de toute beauté. Il fait de l’écriture un tableau chatoyant, une musique douce, un fumet délicieux et nous amène à toucher du doigt des vérités qui sont peut-être les réponses de nos lendemains. En abordant des sujets aussi profonds que le rapport à la famille, la parentalité ou la misère sociale, Joncour nous livre un récit délicat, bouleversant et profondément humain, empreint de nostalgie, porteur d’avenir mais plus que jamais ancré dans un présent qu’il nous rappelle de saisir et d’apprécier.

Extraits :

Souvent il surprend chez lui une attitude que chez un autre il ne supporterait pas. Que les autres soient décevants, c’était fatalement concevable, mais s’y surprendre soi c’était mortifiant.

Ce genre de déraillement, pour lui, c’était une hantise, c’est comme le mot de trop dans la colère, la seconde d’inattention d’avant les accidents, le genre de fautes irrécupérables dont on ne finit jamais de s’en vouloir.

C’est toujours dangereux de miser son destin sur un homme. C’est si fragile, un homme.

Elle en est là, à se dire qu’aimer ce serait s’offrir à toute sorte de périls, toute sorte d’occasions de souffrir.

Alexandre il avait cette vision-là des choses, il voyait à dix ans, vingt ans, trente ans devant, il avait cette vision de l’avenir qu’ont les planteurs d’arbres.

Le malheur c’est comme un visage sur le visage, quand la vie vous a marquée d’une épreuve, le risque c’est de ne plus exister qu’à travers ça, (…). Déjà que soi-même on n’arrive pas à se sortir de sa douleur, déjà qu’on a tant de mal à s’en déprendre, il faut en plus que les autres vous résument à ça, c’est comme d’être malade, les autres ne voient plus que ça de vous, un malade.

Faire attention, ça devient vite comme un réflexe, un mode de vie.

Le respect scrupuleux de l’horaire, ça offre la sensation très concrète d’être ancré dans son schéma, de toujours y avoir sa place.

L’enfant, c’est toujours une manière de s’inventer une suite, de se construire un avenir, en dehors de quoi il ne reste plus rien, d’un couple une fois défait il ne subsiste rien, sinon des murs parfois, des souvenirs éparpillés dans la tête de chacun, mais les souvenirs, c’est rarement les meilleurs qui dominent, c’est souvent les derniers.

Ce qui est fascinant dans ce jeu, c’est le naturel avec lequel ça amène à se concentrer sur autre chose, à réquisitionner toute sa capacité de penser, à peine on commence la partie que l’enjeu existentiel, ça devient de combiner une poignée de lettres pour en sortir un mot. C’est magnifique, l’oubli dont ça enveloppe, et tout ce qu’on y investit de son ego, ça peut même aller jusqu’à la fierté en fonction du mot trouvé. Pendant la partie de Scrabble, Louise focalise toute sa concentration sur ces petits carrés écrus, (…).

C’est profondément à soi une douleur. L’amour comme une douleur, une douleur qui ne doit pas faire mal.

(…), à force de rester ensemble on ne tient plus à l’autre, mais on tient par l’autre, et là, c’est beaucoup plus délicat, ça demande une énergie folle de se déprendre, ou de la haine pure, à moins de miser sur l’événement d’une nouvelle rencontre, celle qui redonne la folie de recommencer à zéro.

Un grand merci aux Éditions Flammarion pour m’avoir offert l’opportunité de découvrir ce livre en avant-première.

Une réflexion sur “L’amour sans le faire de Serge Joncour

  1. Pingback: Julie’s way de Pierre Chazal | Adepte du livre

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