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journal de la caniculePrésentation de l’éditeurAvant, le soir, pour me détendre, je faisais des croquis, avec règle et compas, comme on me l’a appris pendant mes études de dessin industriel. Maintenant j’écris sur un cahier volé dans la maison d’en face, désertée par ses occupants. Je me suis toujours fait l’effet d’un homme sans histoires. Ce qui m’a pris d’entrer dans cette maison, je ne saurais l’expliquer. La poussière qui s’accumulait sur la voiture garée devant, la boîte aux lettres qui débordait de publicités ont dû me faire craindre un événement dans le genre des faits divers dont parlent parfois la télévision ou les journaux. Ce que j’y ai découvert n’avait rien de spectaculaire. Pourtant, ce cahier que j’y ai ramassé dans une chambre d’enfant allait bouleverser mon existence.

Éditions Fayard – 256 pages

Depuis le 30 septembre 2015 en librairie.

Ma note : 1 / 5

Broché : 18 euros

Ebook : 12,99 euros

Si l’on en croit la critique professionnelle, le onzième roman Journal de la canicule de Thierry Beinstingel est un délice. À y regarder d’un peu plus prêt, l’on s’aperçoit vite que ces différentes présumées analyses ne sont que vagues paraphrases, quand ce ne sont pas carrément des copier-coller, du communiqué de presse ; technique par excellence visant à pallier le manque d’argument quand on n’a pas réellement lu. Mais quitte à pérorer sur un sujet dont on ne sait rien, la prudence voudrait qu’on ne déduise pas naïvement qu’un auteur sélectionné à deux reprises pour le Prix Goncourt des lycéens est forcément à l’abri d’un texte moins bon, voire mauvais… Parce que passé l’épreuve d’une lecture effective, force est de constater que ce roman n’a pas grand intérêt. Pire, il pourrait se voir décerner la mention du livre le plus ennuyeux de la rentrée littéraire 2015.

Partant du MacGuffin d’une mystérieuse disparition pour expliquer et observer l’entrée en écriture du personnage principal, Journal de la canicule n’est qu’une longue, très longue description de la vie de ce dernier durant la canicule de 2003 et de ses interrogations sur l’absence prolongée inexplicable de ses voisins. Ce type sans relief devient donc diariste et s’improvise enquêteur passif parce qu’il a trop d’imagination. Obsédé par l’absence de la famille d’en face, ce voisin qui vous veut du bien et qui pense au pire (meurtre, suicide ou autres faits divers) va s’introduire dans la maison désertée et fouiller pour comprendre. Malgré un mystère qui n’en est pas un, il ne se passe rien pendant plus de deux cents pages. Rien de rien. Même le dénouement est plat, sans surprise.

Le seul bouleversement du récit tient au fait qu’au fur et à mesure que l’anti-héros se couche sur le papier, qu’il remplit les pages du vide de son existence, il décortique sa solitude et se comprend mieux. Et d’observer l’évolution de son écriture, sa plume se délier et de ressentir l’impérieuse nécessité d’écrire. Le factuel digresse en descriptions et analyses de lui-même et du monde qui l’entoure.

La possibilité de lire le journal intime, fut-il d’un inconnu, attise inexorablement la curiosité et le voyeurisme. Mais quand ce journal appartient à un homme solitaire sans histoire dont les seuls loisirs sont la pêche et le dessin industriel, l’enthousiasme retombe quelque peu. Quel intérêt de commettre le péché d’indiscrétion à propos des confidences à soi-même de quelqu’un si ce n’est pour découvrir en lieu et place de secrets inavouables que la vacuité d’un quotidien terne ?

Comme l’épigraphe empruntée à Nabokov l’annonce, « un journal, je l’admets, est la forme la plus basse de la littérature ». Ce n’est pas toujours vrai mais preuve en est en l’occurrence faite. Présenté comme la poursuite de l’inlassable enquête de l’auteur sur le rôle du langage, ce carnet de bord monotone met deux cent cinquante-six pages insipides pour démontrer que l’exercice de l’écriture pour prendre du recul s’offre à tout un chacun. Voilà voilà.

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Là où tombe la pluie de Catherine Chanter, L’homme qui fuyait le Nobel de Patrick Tudoret, Le cas Sneijder de Jean-Paul Dubois, Gégé de François d’Épenoux, Etta et Otto (et Russel et James) d’Emma Hooper, La maison de terre de Woody Guthrie, L’amour sans le faire de Serge Joncour, Madame Diogène d’Aurélien Delsaux…

Extraits :

Ce n’est pas de la littérature, mais ça m’aide à déblayer les idées, ça m’ouvre l’esprit, ça m’aère.

Quand on écrit, on ajoute la succession des idées et l’épaisseur du temps, tandis que quand on dessine c’est l’exactitude que l’on veut notifier à un moment donné. Ces réflexions que je n’avais jamais formulées me surprenaient. J’avais l’impression que c’était l’écriture qui me les avait données à travers ce cahier que je noircissais chaque jour sans pouvoir m’en empêcher. Elle expliquait mon monde, pourquoi par exemple je dessinais les éléments de ma voiture, pourquoi je passais parfois des heures à reprendre chaque dessin, à le contempler, le rectifier, tenter de préciser la moindre vis qui ornait l’optique d’un phare. Ce n’était pas une explication franche et nette mais une compréhension globale, un ordonnancement qui se faisait dans ma tête.

(…) finalement, les mots nous entraînent plutôt vers l’infini, et peut-être que l’important c’est juste ce voyage pour aller d’une phrase à l’autre.

Un grand merci aux Éditions Fayard et à Netgalley pour m’avoir offert l’opportunité de découvrir ce livre.

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