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zalbac brothersPrésentation de l’éditeur : New York, une très secrète banque d’affaires. Un jeune français venu de nulle part. Une héritière qui hésite sur son destin. L’histoire d’une ascension et d’une chute. Dans la grande tradition de John Grisham, Karel de la Renaudière, un des directeurs d’une grande banque internationale, explore les coulisses de la haute finance et du pouvoir. Ce thriller captivant dresse un tableau à la fois fascinant et terrible de notre époque.

Éditions Albin Michel – 318 pages

Depuis le 3 juin 2013 en librairie.

Archive du blog Gwordia

Ma note : 2,75 / 5

Broché : 20 euros

Ebook : 13,99 euros

Zalbac Brothers est le premier roman de Karel de la Renaudière. Directeur d’une grande banque internationale, il s’est légitimement tourné vers un thriller évoluant dans les coulisses de la haute finance et du pouvoir. Il s’identifie d’ailleurs à son personnage et son parcours de façon à peine voilée, prêtant même le prénom de sa femme à son héroïne. C’est donc l’histoire d’un jeune Français ambitieux venu faire fortune à New York et dont on assiste à l’ascencion défiant toute vraisemblance, la chute, les frasques amoureuses, etc.

Quoique le sujet et l’intrigue soient maîtrisés, Karel de la Renaudière ne parvient pas à rendre son récit réellement excitant. Il y a certes de nombreux rebondissements mais c’est assez manichéen et plutôt prévisible dans l’ensemble. Et bourré de poncifs. Assemblage scolaire de techniques rédactionnelles, l’écriture manque d’émotions entre style direct, chapitres courts, phrases concises et dialogues nombreux. Sous couvert d’action, le rythme précipité (le temps, c’est de l’argent…) donne à l’ensemble un petit air bâclé.

Les personnages sont par ailleurs trop caricaturaux : le Jean-til, le méchant, le pourri de Bercy, les vilains hedge funds américains, la blonde sulfureuse mais pas tête de linotte et évidemment riche héritière… Un vrai feuilleton à l’américaine !

Sans compter que ce texte est le tableau tristement révélateur, le miroir assez fidèle du fonctionnement actuel du monde ultralibéral… En dépeignant ce détestable univers, l’écrivain, en plus d’enfoncer une porte ouverte, empêche le lecteur de s’évader d’une réalité cynique en lui imposant jusque dans ses loisirs la présence de ces manieurs de gros sous et autres spéculateurs qui s’en mettent plein les poches sur son dos. Assez déplaisant, particulièrement en ces temps de vaches maigres ! Il n’y a même pas la valeur ajoutée de la pédagogie puisque malgré la vulgarisation du secteur et de son jargon complexe auquel aucun non initié ne comprend rien à rien, on n’y voit pas plus clair sur toutes ces manipulations (magouilles ?). Cela dit, jouer l’indifférence à la lecture de ces passages ne nuit aucunement à la compréhension et on ne fait de toute façon pas beaucoup d’effort d’entendement tant tout ceci est franchement ennuyeux.

Et puis l’appellation thriller est un brin galvaudée puisque la seule hémorragie est financière. Ni meurtre, ni enquête, ce ne sont que complots, trahisons et vengeances.

Alors pourquoi ce roman ? Une envie de se déculpabiliser, de s’acheter une crédibilité comme l’auteur le dit lui même dans son texte ? Brosser la fresque d’un univers de requins tout en se donnant le beau rôle manque passablement de crédibilité. Pour parvenir au sommet où il se trouve actuellement, il a bien fallu à Karel de la Renaudière jouer au moins un peu le jeu aux obscures et border line rules.

Bref, un récit un peu hypocrite qui n’en apprend pas tellement plus mais qui assurément renforce le dégoût qu’évoque cette sphère à tout un chacun. Si, pour les gens du milieu, la lecture doit être aussi jubilatoire que celle de 99 F de Frédéric Beigbeder pour les gens de la pub, pour les autres en revanche, les private joke et dénonciations à peine déguisées sont insaisissables et donc sans intérêt.

Pas évident de manipuler les lettres comme on le fait avec les chiffres… Ce titre évoque évidemment Tom Wolfe et Le bûcher des vanités ou dans le registre de la bande dessinée Dantès de Boisserie, Guillaume et Juszezak. Difficile de s’imposer aux côtés de telles références… Pour autant, on va facilement jusqu’au bout de cette histoire qui se lit aussi rapidement qu’elle s’oublie. Malgré le manque de consistance, c’est une lecture légère pour passer le temps sans trop réfléchir.

Vous aimerez sûrement :

Jour de confession d’Alan Folsom, Un passé en noir et blanc de Michiel Heyns, Rainbow Warriors d’Ayerdhal, Les Revenants de Laura Kasischke, Enfants de la paranoïa de Trevor Shane, Bloody Miami de Tom Wolfe, Le blues du braqueur de banque de Flemming Jensen, Le livre sans nom d’Anonyme, Cosmopolis de Don Delillo, Ken Games de J. Robledo & M. Toledano, Alter ego de P.-P. Renders, D. Lapière et M. Reynès…

Extraits :

Jean commence à comprendre qu’il évolue dans un univers où les apparences comptent. Les financiers ressemblent tous plus ou moins à Donovan, mais la plupart arrivent à le masquer par un humanisme de bon aloi. Une enveloppe aux oeuvres de charité par-ci, un concert de bienfaisance par-là, une vente aux enchères au profit de la recherche contre le cancer le jour, du mécénat auprès des jeunes artistes le soir. Par ce système, les puissants s’achètent une respectabilité.

La vérité, c’est que les projets de fusions qui nourrissent sa hiérarchie sont souvent tirés par les cheveux. Quand les stagiaires passent leurs journées à remplir des tableurs de chiffres et de graphiques, les types placés juste au-dessus s’angoissent pour trouver l’idée du siècle. C’est là que la bât blesse, car souvent, 1 + 1 n’est pas égal à 3, ni même à 2. Si Coca investit dans l’aluminium, vu sa consommation de canettes, tout va bien, 1 + 1 égale 2, voire 2 et demi. Mais quand un géant du maïs rachète une start-up en physique moléculaire transgénique, c’est moins évident. Mais qu’importe, quand les ennuis débarqueront, le banquier responsable de l’opération sera déjà loin. Ce qui compte, ce sont les deals. Ceux qui se font ou pas. Le sésame ? « Done deal ! », c’est-à-dire « c’est fait, contrat signé ! ». Qui se souvient alors, dans l’euphorie de la nouvelle stratégie, que derrière la caverne se cachent souvent les quarante voleurs ?

Charmant et cultivé, il reconnaît lui-même qu’un Français éduqué aux techniques américaines sera le mieux placé pour faire la synthèse de la « task force« , l’énergie à l’américaine, avec la « french touch« , le petit supplément d’âme hexagonal.

– On est là pour rattraper tes conneries, reprend Donovan. La une de la presse, c’était pas l’idée du siècle ! Si tu veux étaler en public tes affaires de moeurs, il y a d’autres institutions pour ça. Le FMI par exemple !

Un grand merci aux Éditions Albin Michel pour m’avoir offert l’opportunité de découvrir ce livre.

2 réflexions sur “Zalbac Brothers de Karel de la Renaudière

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