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gégéPrésentation de l’éditeur : Il y a dans la bourgeoisie de province un charme suranné, tout entier incarné dans cette maison de deux étages où le temps s’écoule selon un tempo plus doux et étouffé. C’est ce que Jean découvre à son arrivée à Bordeaux, pour son stage de fin d’études, en rencontrant sa grand-tante, cette femme aussi élégante et bien élevée que belle et espiègle. Et il y a Gégé, l’inénarrable gouvernante allemande au passé trouble. Sur laquelle Madame veille autant que celle-ci lui est dévouée. En vivant avec ces dames, Jean apprendra le passage à l’âge adulte et les deuils qui l’accompagnent. L’ironie de la vie qui veut que, parfois, les conditions sociales s’inversent. Et surtout l’amour et la tendre fidélité que l’on porte aux êtres chers.

Éditions Pocket – 141 pages

Depuis le 1er octobre 2015 en librairie.

Ma note : 3,5 / 5

Broché (1995) : 15,30 euros

Poche : 5,30 euros

Ebook : 6,99 euros

Gégé de François d’Épenoux s’est hissée jusqu’à la sélection finale du Prix Goncourt du premier roman. Vingt ans plus tard, enfin paru en poche, ce texte court mériterait, si une telle récompense existait, de se voir décerner le Prix du livre qui n’a pas pris une ride malgré son charme suranné.

Gégé est le roman éponyme d’une vieille allemande, prostituée révolue mais alcoolique non repentie, devenue gouvernante au service d’une famille type de la bourgeoisie de province. Hébergé chez ces parents éloignés, Jean, en même temps qu’il fait son initiation professionnelle et amoureuse, se fait le témoin de ce choc des cultures et des conditions entre taiseux bienséants (presque toujours…) qui ne se fait jamais qu’avec respect et humour.

C’est avec délicatesse que le primo-romancier invite le lecteur un instant dans l’intimité de ce quatuor intergénérationnel insolite, offrant une certaine vision de la lutte des classes où l’attachement, par la force du temps, prévaut sur le rang. Ces destins croisés, de Bordeaux à Lacanau, entre débuts et crépuscules existentiels, est une tendre peinture de la vie, dans toute sa simplicité, émaillée de scènes croustillantes et servie par une écriture parfaitement maîtrisée. C’est sans doute son expérience de concepteur-rédacteur publicitaire qui a permis à l’auteur d’acquérir ce sens de la formule efficace. L’économie de ses mots n’écarte pas pour autant un réel talent pour le portrait comme pour la description, toujours justes, imagés et poétiques.

Cette entrée en littérature remarquée par l’Académie a depuis confirmé son mérite avec la production de six autres romans, dont deux ont été adaptés au cinéma et le dernier, Le réveil du cœur sorti en 2014, couronné du Prix Maison de la Presse. Si ce roman court n’est pas de ceux qui laissent un souvenir impérissable, il offre néanmoins un agréable moment de lecture.

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Extraits :

Gégé, d’un coup, puis de petits coups en petits coups, s’est remise à boire. Et quand Gégé boit, elle boit beaucoup. Elle ne boit pas, elle se bourre la gueule à s’en faire péter les veines, à s’en arracher le cœur, à s’en déchirer la mémoire.

Ce que Gégé préfère, c’est aller acheter du fromage à la crémerie Bayoux, au bout de la rue.

Une devanture néomédiévale, un camembert en bois faisant office d’enseigne, un colombage de bon aloi, quelques poutres peintes : ici, tout est bon, tout est beau pour qui aime le lait. La crème. Le yaourt. Les petits-suisses. Le beurre. La caillebotte. Et le fromage. Car des fromages, naturellement, il y en a partout. Des frais, des fais, des forts, des coulants, des collants, des secs et des plâtreux, des crémeux et des vieux, de chèvre ou de brebis, des moisis, en voilà, de toutes sortes, de toutes appellations… de l’emmenthal au livarot en passant par le cantal, le géromé et le maroilles, du sassenage au comté sans oublier le saint-fiacre, le port-salut et le chester, ils occupent l’espace avec vigueur, piqués d’une étiquette blanche, s’égouttant sur les clayons ou soigneusement alignés sur leur paille ondulée : à humer le parfum qui règne dans ce temple voué au dieu Calcium, on jurerait que beaucoup de fidèles ont enlevé leurs chaussures pour y pénétrer.

Un grand merci aux Éditions Pocket pour m’avoir offert l’opportunité de découvrir ce livre.

Une réflexion sur “Gégé de François d’Épenoux

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