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un portrait de jane austenPrésentation de l’éditeur : Si les romans de Jane Austen (1775-1817) sont encore très lus – et très « vus » quand ils sont portés à l’écran -, on ignore généralement tout de cette fille de pasteur qui a grandi dans une famille nombreuse issue de la gentry et qui, demeurée célibataire, a toujours vécu avec sa mère et sa sœur Cassandra. Elle écrivait très discrètement sur un coin de bureau et son premier roman publié, Raison et Sentiments, ne l’a été qu’en 1811, signé d' »une dame » parce qu’elle ne cherchait pas la célébrité. » Cette jeune dame, écrit pourtant Walter Scott, a le don le plus extraordinaire qu’il m’ait été donné de rencontrer pour décrire les relations, les émotions et les personnages de la vie ordinaire. » Car pour comprendre le génie de Jane Austen il faut se souvenir qu’elle est fille de l’Angleterre de la fin du XVIIIe siècle : elle a gouverné son existence et sa plume en conciliant précisément la raison et les sentiments selon un solide bon sens épicé d’un humour à toute épreuve. David Cecil (1902-1986), aristocrate britannique et professeur de littérature anglaise à Oxford, a publié en 1978 ce portrait littéraire considéré aujourd’hui comme un classique. II replace admirablement son personnage dans son époque et reprend de larges extraits de sa correspondance, presque inédite en français. Renonçant à toute lourdeur universitaire au profit de la sensibilité et du plaisir, il fait de cette biographie subtile et amusée un vrai roman à la Jane Austen…

Traduit de l’anglais par Virginie Buhl.

Éditions Payot – 286 pages

Depuis le 7 janvier 2009 en librairie.

Archive du blog Gwordia

Ma note : 4,5 / 5

Broché : 21 euros

Poche : 9,15 euros

Mansfield Park, Persuasion, Lady Susan, Northanger Abbey, Raison et sentiments, Emma, Orgueil et préjugés… Ces sept textes, auxquels on peut ajouter quelques œuvres de jeunesse et textes inachevés, sont l’objet d’un véritable culte, de la simple admiration au janeitism le plus idolâtre, autour de leur auteur : Jane Austen. Un engouement massif et durable qui a inscrit cette écrivain à la jonction du roman sentimental du XVIIIe et du roman réaliste du XIXe comme une référence classique des lettres anglaises mais également un incontournable du patrimoine littéraire mondial.

Malheureusement, il ne reste que peu d’éléments permettant de connaître plus avant la figure de proue des lettres pré-victoriennes, une femme et une romancière singulière et décalée à sa façon et tout à la fois profondément de son époque et de son rang (gentry anglaise). Malgré une correspondance et des témoignages comptés, David Cecil réussit la performance de délivrer un portrait éclairé et parvient presque même à donner la sensation de lire un texte supplémentaire de cette plume réputée pour ses critiques sociales et son humour mordant.

Parcourir les quelques mots de ses relations épistolaires où l’on reconnaît le style de la romancière et découvrir un peu de sa personnalité intime est un pur plaisir Un portrait de Jane Austen est une biographie fascinante de référence recommandée pour ne pas dire incontournable qui, si besoin était, incite follement à la relecture de l’œuvre trop courte de cette grande dame et fière représentante des femmes de lettres.

Extraits :

Les bonnes manières relèvent si bien du bon sens,

Que les unes et l’autre sont indissociables.

George Savile

Rares et particulièrement satisfaisantes sont les sociétés qui réussissent, même de façon discontinue et imparfaite, à allier le bon sens, les bonnes manières, une intelligence cultivée, une piété tempérée par la raison et un solide sens de l’humour.

Une telle société convenait parfaitement à Jane Austen.

« J’ai passé une très agréable soirée, cependant, bien que tu n’y puisses découvrir aucune raison ; c’est que je ne pense pas nécessaire d’attendre, pour goûter aux satisfactions de la vie, d’avoir une bonne raison de le faire. »

Même si elle devait se contenter de partenaires mal assortis, Jane Austen s’efforçait de prendre plaisir à la soirée. Dans les phrases comme celle-là, elle nous rappelle Sydney Smith. Ainsi déclare-t-il : « J’estime et j’ai toujours estimé que choisir entre la vie et la mort est infiniment moins important qu’on ne le pense généralement ; mais si l’on choisit la vie, alors le bon sens exige que l’on s’amuse avec les meilleurs compagnons que l’on puisse trouver, et en toutes circonstances. »

Non sans ironie, elle note que la nature humaine est imprévisible : « Personne, s’écrie-t-elle ne correspond jamais à nos attentes, ni dans ses sentiments, ni dans ses actes, ni dans ses joies, ni dans ses souffrances ! »

« Mme Ferrars était (…) une personne laconique car, contrairement à la plupart des gens, elle ajustait ses paroles à la quantités de ses idées. »

Ce passage illustre d’autres aspects caractéristiques du génie à l’oeuvre dans les romans de Jane Austen : le portrait au vitriol associée à la délicatesse du style, (…).

« Peux-tu seulement imaginer Mars Holder morte ! La pauvre femme a fait la seule chose au monde qui était en son pouvoir pour nous forcer à cesser de nous moquer d’elle.

8 réflexions sur “Un portrait de Jane Austen de David Cecil

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