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je n'ai jamais eu de petite robe noirePrésentation de l’éditeur : Florence est journaliste dans la presse féminine et mène une vie sentimentale décousue. Depuis sa jeunesse, elle a rompu avec sa famille. Lors de l’enterrement de sa mère, Florence renoue avec son père qu’elle ne voyait plus. Ensemble, ils tissent un lien un peu fou, étrange, osent enfin s’aimer et se le dire. Et ce sentiment bouleverse la narratrice : ne détestait-elle pas son père jusqu’à présent ? Et lui, ne l’ignorait-il pas ? Que se passe-t-il ? La mort de sa mère ne se contente pas de mettre à nu des sentiments enfouis, elle ouvre aussi la boîte de Pandore sur un secret de famille datant de 1943. Un secret aussi incroyable qu’effroyable et dont son père est le seul à détenir la clé. Et qu’en est -il de la petite robe noire ? Pourquoi Florence n’en a-t-elle jamais portée ? C’est que les petites robes noires ont elles aussi leur secret… Un texte poignant, haletant dans les méandres troubles de la mémoire…

Éditions Hugo Roman – 222 pages

Depuis le 15 octobre 2015 en librairie.

Ma note : 2 / 5

Broché : 15,95 euros

Ebook : 10,99 euros

À la lecture du prière d’insérer, l’on comprend que l’héroïne est un double littéraire de l’auteur et que le roman Je n’ai jamais eu de petite robe noire est davantage une autofiction. Dès les premières lignes du premier roman de Roselyne Madelénat, l’on a la conviction, non détrompée en cours de la lecture, que le texte sera un déballage impudique, le récit d’une intimité exhibée pour la plus grande satisfaction des penchants voyeuristes. Un genre littéraire que l’on adore ou que l’on déteste ; j’ai tendance à me situer dans la seconde catégorie…

Et de découvrir dans ce dit-roman manifestement largement autobiographique une famille dysfonctionnelle pour être poli, de fous pour ne pas l’être. Racontée par l’un de ses membres, la benjamine, cette vie familiale traumatisante semble parfois rapportée de manière partiale, presque malhonnête. Loin de se présenter sous son meilleur jour, la narratrice apparaît comme une quinqua paumée, limite pathétique, une cougar à la vie sentimentale décousue, incapable de résilience. Une femme immature qui n’est jamais responsable, fautive de rien et qui règle ses comptes publiquement avec sa famille et son univers professionnel. Une personnalité certes écorchée mais qui passe pour une foutue emmerdeuse.

Alors certes, c’est bien écrit et il y a suffisamment d’humour pour insuffler un peu de légèreté dans un propos lourd et dérangeant. Pas étonnant de la part d’une femme qui a, toute sa carrière durant, été journaliste et rédactrice en chef de presse magazine, même s’il peut paraître surprenant, eu égard au profil psychologique lié à son histoire personnelle que l’on découvre, qu’elle soit en charge des rubrique psycho, sexo et bien-être de célèbres titres de la presse féminine !

Il y a également un certain suspense rapport à l’enquête familiale. Entre narration du passé au présent et dialogues parfois intérieurs, le lecteur est confronté à cette famille singulière et à ses secrets en lien avec la Seconde Guerre mondiale. Dans un style saccadé, presque décousu, à l’image de la pensée de la narratrice, sur un ton empli de chagrin, de colère et d’amour, sont abordés les thèmes du non-dit, de la construction et du pardon. Si je juge inconvenante ce genre de mise en lumière d’affaires qui relèvent de la sphère privée, nul doute que ce titre saura rencontrer un public friand de récits intimes.

Vous aimerez sûrement :

Rien ne s’oppose à la nuit de Delphine de Vigan, Les cœurs fêlés de Gayle Forman, On est pas sérieux quand on a dix-sept ans de Barbara Samson, La salle de bain du Titanic de Véronique Ovaldé, La vie sans fards de Maryse Condé, Les mots qu’on ne me dit pas de Véronique Poulain, Le premier été d’Anne Percin…

Extraits :

Quand on n’a pas eu de gosse, on a un peu plus de mal que les autres à quitter l’enfance. À devenir adulte. On a raté une marche.

Toi, devant témoins, tu apparaissais comme le mari et le père le plus charmant du monde. Une fois le huis clos reformé, tu donnais libre cours à ta folie.

Un grand merci aux Éditions Hugo Roman pour m’avoir l’opportunité de découvrir ce livre en avant-première.

3 réflexions sur “Je n’ai jamais eu de petite robe noire de Roselyne Madelénat

    • Oui, thématique corde raide pour ne pas dire sur le fil du rasoir ! Après, je ne sais pas quel est ton seuil de tolérance. Pour exemple, Rien ne s’oppose à la nuit de Delphine de Vigan et La vie sans fards de Maryse Condé sont à mes yeux du déballage du même acabit, si ce n’est pire.

      Aimé par 1 personne

  1. Pingback: Fille de sang d’Arounwadi | Adepte du livre

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