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dessousPrésentation de l’éditeur : Dessous décrit la vie tumultueuse de deux sœurs jumelles, Esther et Fanya, issues de la communauté juive du Lower East Side new-yorkais du début du XXe siècle. Leur mère tient un atelier de confection et trompe sans vergogne son mari, un homme effacé. Peu enclines à reprendre le commerce maternel, les deux sœurs s’éloignent du giron familial dès l’adolescence. Fanya est embauchée par une sage-femme avorteuse qui fera son éducation scolaire et politique. Esther, fascinée par les danseuses d’un théâtre burlesque local, prend des cours de danse tout en travaillant comme bonne à tout faire dans la maison close attenante au théâtre. Les chemins des deux sœurs, pourtant très liées l’une à l’autre, vont progressivement diverger. Avec Dessous, Leela Corman décrit les difficultés de cette population immigrante à la veille de la grande dépression, mais brosse surtout le magnifique portrait de deux femmes libres et farouchement indépendantes.

Éditions çà et là – 204 pages

Depuis le 23 août 2012 en librairie.

Archive du blog Gwordia

Ma note : 4,25 / 5

Album : 20 euros

Dessous, premier roman graphique de Leela Corman, est une plongée dans le Lower East Side New Yorkais du début du XXe siècle ainsi que, par moments, dans la Russie de la fin du XIXe. Traitant des mœurs d’une époque en général et de celle de la communauté juive en particulier, c’est avant tout la condition féminine dont l’auteur parle en nous faisant suivre les pas d’Esther et Fanya, jumelles fusionnelles que les hasards de la vie aux apparences anodines vont pourtant séparer. Malgré des existences radicalement opposées, ces deux intenses et puissantes héroïnes conservent une identique ambition : celle de rester maîtresses de leurs destinées, au mépris des conventions et au risque de se perdre en chemin…

De ces destins entrelacés, Leela Corman brosse un portrait de l’émancipation des femmes au cours d’une époque en mouvement et au cœur d’un monde sans concession souvent violent à leur endroit. Pas une des grandes thématiques féministes ne manque à l’appel : éducation, mariage forcé, prostitution, avortement

Le graphisme de Leela Corman n’est pas sans rappeler l’univers de Marjane Satrapi. Le décor tout de noir et de blanc très Art déco retranscrit parfaitement l’atmosphère de l’époque, symbolise la rudesse de la vie d’alors aussi bien que le caractère austère de la culture évoquée. La documentation pointue sur laquelle s’est appuyée l’auteur est sublimée par l’expressionnisme des illustrations très détaillées – notamment en ce qui concerne les scènes de rue et les tenues – infiniment esthétiques.

Comme l’Histoire l’a déjà conté – et le narre encore -, la libération de la femme s’est faite dans la douleur. Pas de surprise donc, Leela Corman, comme pour son trait, construit son fond sur la noirceur. Sûr, l’on ne ressort pas indemne de cet hymne à la liberté, mais qu’il est bon de se faire cabosser quand il s’agit d’humanité ! Entre justesse et sensibilité, cette lecture pleine de sens n’a qu’un seul petit défaut : l’absence de traduction de la plupart des termes yiddish employés, même si cela ne gène en aucun cas la lecture.

Merci à la bibliothèque en ligne Libfly et aux Éditions çà et là de m’avoir offert l’opportunité de découvrir ce livre dans le cadre de l’opération La voie des indés.

Une réflexion sur “Dessous de Leela Corman

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