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ce que je peux te dire d'ellesPrésentation de l’éditeur : Un matin, très tôt. Le téléphone sonne. Violette a accouché dans la nuit d’un petit garçon. Blanche est bouleversée : elle ne savait même pas que sa fille était enceinte. Et puis un garçon, le premier au bout de cette lignée de filles, quelle histoire… Dans le train qui la mène de Toulouse vers Paris, Blanche relit les carnets de moleskine destinés à Violette où, remontant le temps, elle a essayé de se souvenir de tout, tout ce qu’elle peut lui dire d’elles. Elles : cette tribu de femmes, de sœurs, de mères, à la fois heureuse et cabossée, dans laquelle Blanche a grandi au cœur des années 1970, entre l’effervescence des premiers combats féministes et le joyeux bourdonnement des ateliers de la maison Balaguère, haute couture, la grande aventure familiale. De la petite fille que l’on fut (que l’on reste toujours ?) à la mère que l’on devient… Tendre et optimiste, ce roman explore avec une acuité pleine de douceur la complexité des liens maternels. Après Les lits en diagonale (Prix des lycéens 2010 de la fondation Prince-Pierre-de-Monaco), récit de son histoire avec son frère handicapé, Anne Icart signe ici son premier roman.

Éditions Robert Laffont – 319 pages

Depuis le 3 janvier 2013 en librairie.

Archive du blog Gwordia

Ma note : 5 / 5 mention Coup de cœur

Broché : 19 euros

Poche : 6,80 euros

Ebook : 8,99 euros

Une jolie jaquette attirante n’étant pas sans rappeler celle, aux Éditions Le Dilettante, du très bon roman d’Anna Gavalda Ensemble, c’est tout. Un prière d’insérer annonçant le récit d’une lignée de femmes. Un premier roman. Autant d’arguments suffisant à me donner envie de plonger dans Ce que je peux te dire d’elles d’Anne Icart.

Alors qu’elle part retrouver sa petite Violette qui vient d’accoucher, Blanche, qui ignorait tout de cette grossesse, entreprend, durant son voyage en train, de relire ses carnets qu’elle destine à sa fille avec laquelle elle est fâchée depuis trop longtemps. Des moleskine renfermant l’histoire familiale, entre bonheurs et tragédies sur cinq générations quasi exclusivement féminines. D’un petit village des Pyrénées à la rose Toulouse, des années 1950 à nos jours, Anne Icart brosse des portraits de femmes aussi singulières qu’universelles et dépeint avec passion les mondes de la haute couture et du journalisme.

De cette tribu de femmes émancipées, fortes autant que fragiles et solidaires devant l’éternel, c’est la condition féminine des soixante dernières années qui est retracée dans son ensemble. Au travers des secrets et des maux de ces femmes, c’est tout le poids de la transmission et de la reproduction des schémas familiaux qui est brillamment analysé.

Cette saga remarquable servie par une écriture ultrasensible est digne d’une plume aguerrie alors même qu’il ne s’agit que de la première production romanesque de l’auteur. L’on s’attache instantanément aux héroïnes du quotidien de ce roman qu’on ne peut lire que d’une traite tant on est enchaîné par les émotions qui le traversent : rire, larmes, tendresse, violence… C’est avec d’immenses regrets que l’on se défait de cette atmosphère sororale et maternelle fascinante qui explore magistralement la puissance des liens amoureux et transgénérationnels ; des regrets vite oubliés puisque l’on retrouve avec autant de plaisir d’autres aventures de toute cette charmante troupe dans la suite Si j’ai bonne mémoire. Un premier volet de diptyque tout simplement intense et authentique.

Vous aimerez sûrement :

Les perles de la Moïka d’Annie Degroote, Les Indomptées de Nathalie Bauer, Les roses de Somerset de Leila Meacham, Le cercle des femmes de Sophie Brocas, La tétralogie Les sœurs Deblois de Louise Tremblay d’Essiambre (Charlotte, Émilie, Anne, Le demi-frère), La tétralogie Le goût du bonheur de Marie Laberge (GabrielleAdélaïde, Florent), Un été sans les hommes de Siri Hustvedt, La trilogie de Katherine Pancol : Les yeux jaunes des crocodiles, La valse lente des tortues & Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi, Trois filles et leurs mères de Sophie Carquain…

Extraits :

Il y a des sentiments qui ne nous quittent pas, quel que soit l’âge que l’on a. Qui se font même plus intenses quand le temps s’accélère.

On aime toujours son père, même si c’est un salaud ou un lâche. Même si on ne le connaît pas.

Il va falloir grandir encore. Même si cette fois, ce n’est pas triste. On sait remettre les événements à leur juste place. Mais grandir, c’est décidément voir partir quelqu’un qu’on aime. Grandir c’est forcément être orphelin de quelque chose.

Il faut oeuvre vite et réfléchir pareil. Les falbalas. Le tralala. Quelle couleur, quelle forme. Un premier rendez-vous, ça se travaille, ça s’intelligence, ça prend son temps, même quand on n’en a pas. (…) On s’active autour des cintres, on retourne, on envoie valser, on hésite. Il faut un ton chaud (…). Mais pas trop quand même, il faut rester sage. Ne pas tout dire tout de suite.

Le chagrin est pervers. Il fait croire à ceux qu’il touche que la grandeur d’âme se mesure à la capacité que l’on a de vivre avec le malheur. Il semble pourtant tellement plus difficile d’être heureux.

Il faut grandir encore et encore alors qu’on voudrait tant revenir en arrière.

L’abandon est ce qu’elle déteste le plus au monde. Peut-être est-il temps de mettre un terme à cette fatalité. En partant avant d’être quittée.

Les gifles de mots sont parfois bien plus douloureuses que les gifles de mains.

Moi, je n’aurais pas imaginé être projetée d’un coup, comme ça, en l’espace de quelques heures, dans un autre monde que celui de l’enfance. Simplement parce que j’ai couché avec un garçon. Et pourtant. Le premier matin qui suit ma première nuit (…), j’ai l’impression que tout se lit sur mon visage, dans le moindre de mes mouvements. Comme si mon corps mais aussi mon esprit avaient perdu dans la nuit leur vieille peau de bébé pour endosser celle d’une femme. Que les voisins, les profs, les copines, tous devinent ce qui s’est passé. J’en tire une certaine fierté, oui, celle d’être devenue une autre, une grande. Mais ça me gêne terriblement aussi. J’ai l’impression de me promener à poil.

Connaître la joie des sommets et les blessures de la chute. Elle sait bien tout ce que l’on transmet de non-dits et tout ce que l’on oblige ses enfants à reproduire dans ce que l’on est ou ce que l’on n’est pas. En se dédouanant comme on peut. En espérant qu’ils auront plus de courage pour se défaire des malédictions. Mais ce n’est pas forcément vrai.

Parce qu’il n’y a rien de tel pour vaincre l’absence que de parler de ceux qui manquent, qui sont partis trop tôt, bien trop tôt, en leur rendant la force et la présence qu’ils avaient.

On a les audaces que l’on peut.

7 réflexions sur “Ce que je peux te dire d’elles d’Anne Icart

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