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preuves d'amourPrésentation de l’éditeur : Jusqu’où iriez-vous pour protéger votre enfant ? L’affaire semble évidente lorsque D.D. Warren arrive sur les lieux : maltraitée par son mari violent, l’agent de police Tessa Leoni a fini par craquer et l’a descendu à coups de revolver. Pourtant, elle se mure dans le silence : pas un mot au sujet de son mari décédé, ni sur la mystérieuse disparition de sa petite fille de 6 ans qu’elle aime pourtant par-dessus tout… Que cherche-t-elle à cacher ? La coriace et désormais incontournable D.D. Warren mène l’enquête. Enceinte depuis peu, en duo avec son ancien amant et collègue Bobby Dodge, elle se retrouve plongée dans le sombre passé d’une femme finalement pas si différente d’elle, prête à tout pour sauver sa fille… Au cœur de ce suspense haletant, deux personnages féminins fascinants qui s’affrontent dans une course contre la montre pour la survie d’un enfant. Lisa Gardner franchit un cap avec ce nouveau roman, plus poignant que jamais.

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Cécile Deniard.

Éditions Albin Michel – 431 pages

En librairie depuis le 2 octobre 2013.

Archive du blog Gwordia

Ma note : 4 / 5

Broché : 20,90 euros

Poche (à paraître le 30/9/2015) : 7,90 euros

Ebook : 14,99 euros

En faisant connaissance avec l’auteur américaine Lisa Gardner – publiant également sous le nom d’Alicia Scott -, j’ai enfin compris pourquoi je ne lisais que peu de romans policiers ou de thrillers : à l’évidente condition que ces genres soient maîtrisés par leurs auteurs, leurs produits sont ce que l’on appelle désormais à tout vent des page turner. Celle ou celui ayant déjà passé une nuit blanche sur un livre comprendra mon sentiment à leur égard : ces bouquins que l’on dévore sont aussi usants que palpitants ! Pour les cycles de sommeil comme pour les nerfs. J’évite donc.

On l’aura compris, Preuves d’amour compte parmi ceux-là. Combinaison parfaitement maîtrisée des deux registres – l’enquête du polar et la tension psychologique du thriller -, il poursuit une série de six tomes entreprise par l’auteur mettant en scène la policière D.D. Warren dont deux des titres ont été primés : La fille cachée par le Prix Daphné Du Maurier du suspense en 2000 et La maison d’à côté par le Grand Prix 2011 des lectrices Elle policier.

Dans cet opus, Lisa Gardner confronte à sa désormais célèbre enquêtrice une autre femme également dans les forces de l’ordre mais victime tout autant que suspecte dans cette histoire. Au cœur d’une trame machiavélique et d’un suspense géré de main de maître dès les premières pages, l’alternance des points de vue est particulièrement saisissante et ne laisse d’autre choix au lecteur que d’être happé par le récit, d’attendre impatiemment les révélations.

Cette enquête originale mettant les nerfs à rude épreuve pose la question de savoir jusqu’où l’on peut aller pour ses enfants. Une interrogation fondamentale (et forcément très impressive sur le lecteur parent) qui n’est pas sans rappeler l’excellent Dîner d’Herman Koch, quoique beaucoup plus actif. Occasion pour l’écrivain de sonder la noirceur de l’âme humaine en jouant sur la fibre la plus sensible qui soit : l’amour filial. Elle pose en outre la question de l’ambiguïté des personnalités qui choisissent de combattre le crime : sont-elles totalement opposées à celles qu’elles traquent ou au contraire infiniment proches ? Les plus célèbres pyromanes ne sont-ils pas des pompiers ?

Loin toutefois de se contenter d’un polar-thriller modèle, construit au millimètre et extrêmement bien documenté sur les dernières avancées de la police scientifique comme tout bon auteur du registre qui se respecte, Lisa Gardner en profite pour partager ses observations et s’interroger plus profondément. Cette confrontation féminine lui permet d’analyser avec justesse à mon sens les rapports entre les femmes (leur manque de solidarité notamment) et d’évoquer la condition féminine, la difficulté à concilier vie professionnelle et privée, en l’occurrence par le prisme d’une mère célibataire et d’une farouche indépendante en passe de fonder une famille, dans un milieu professionnel plutôt masculin.

Sous bien des aspects en somme, Preuves d’amour est une véritable réussite, qui ne manquera pas de satisfaire les fidèles de Gardner et de convaincre les néophytes comme moi de découvrir ses autres livres, notamment de la série… Après un peu de répit s’entend, comme démontré précédemment !

Vous aimerez sûrement :

Avant d’aller dormir de S.J. Watson, La vie d’une autre de Frédérique Deghelt, À moi pour toujours & Les revenants de Laura Kasischke, 658 de John Verdon, Mr. Peanut d’Adam Ross, L’arbre au poison d’Erin Kelly, Vengeances de Philippe Djian, Un passé en noir et blanc de Michiel Heyns, Rainbow Warriors d’Ayerdhal, Enfants de la paranoïa de Trevor Shane, Le blues du braqueur de banque de Flemming Jensen, Le livre sans nom d’Anonyme…

Extraits :

Elle voulait faire entrer la scène de crime dans son ADN. S’imprégner des plus petits détails domestiques, depuis le choix des peintures jusqu’à celui des bibelots. Envisager le décor sous dix angles différents, le peupler d’une petite fille, d’un père dans la marine marchande et d’une mère dans la police. Ce lieu, ces trois vies, ces dix dernières heures. Tout se résumait à ça. Une maison, une famille, la collision tragique de plusieurs existences.

C’est pour ça que les hommes battent les femmes, évidemment. Pour démontrer leur supériorité physique. Pour prouver qu’ils sont plus grands et plus forts que nous et qu’aucun entraînement spécial n’y changera jamais rien. Ils sont le sexe fort. Alors autant se soumettre tout de suite et capituler.

(…) Plutôt crever que de me soumettre. Plutôt crever que de capituler.

Les hommes ne sont pas un problèmes pour une policière.

Ce sont les femmes qui essaient de vous dégommer, dès que l’occasion se présente.

Nous sommes si peu nombreuses sous l’uniforme qu’on pourrait imaginer une forme d’entraide. Mais les femmes sont bizarres. Toujours prêtes à s’en prendre à une de leurs semblables, surtout si l’autre est perçue comme faible, si, par exemple, elle a servi de paillasson à son mari.

Peut-être qu’en nous tous, la frontière qui sépare le bien du mal est plus mince qu’elle ne devrait. Et peut-être qu’une fois cette frontière franchie, il n’y a pas de retour en arrière possible. Nous ne sommes plus les mêmes.

Un grand merci à Entrée livre et aux librairies Decitre pour m’avoir, dans le cadre de l’opération « Coups de cœur des lecteurs », offert l’opportunité de découvrir ce livre en avant-première.

4 réflexions sur “Preuves d’amour de Lisa Gardner

    • Comme toute série, il est préférable de lire les titres dans l’ordre. Cela étant, il peut parfaitement se lire indépendamment. L’enquête est complète et pour ce qui est des détails personnels sur l’enquêtrice, les descriptions et les rappels sont suffisants pour cerner le personnage.

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  1. Pingback: Une autre vie de S. J. Watson | Adepte du livre

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