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constellationPrésentation de l’éditeur : Le 27 octobre 1949, le nouvel avion d’Air France, le Constellation, lancé par l’extravagant M. Howard Hughes, accueille trente-sept passagers. Le 28 octobre, l’avion ne répond plus à la tour de contrôle. Il a disparu en descendant sur l’île Santa Maria, dans l’archipel des Açores. Aucun survivant. La question que pose Adrien Bosc dans cet ambitieux premier roman n’est pas tant comment, mais pourquoi ? Quel est l’enchaînement d’infimes causalités qui, mises bout à bout, ont précipité l’avion vers le mont Redondo ? Quel est le hasard objectif, notion chère aux surréalistes, qui rend « nécessaire » ce tombeau d’acier ? Et qui sont les passagers ? Si l’on connaît Marcel Cerdan, l’amant boxeur d’Édith Piaf, si l’on se souvient de cette musicienne prodige que fut Ginette Neveu, dont une partie du violon sera retrouvée des années après, l’auteur lie les destins entre eux. « Entendre les morts, écrire leur légende minuscule et offrir à quarante-huit hommes et femmes, comme autant de constellations, vie et récit. »

Éditions Stock – 193 pages

Depuis le 20 août 2014 en librairie.

Ma note : 3 / 5

Broché : 18 euros

Ebook : 12,99 euros

S’il est bien un premier roman qui sort son épingle du jeu en cette rentrée littéraire 2014 – rappelons que pour ce cru, les primo-romanciers ne sont que 75 parmi les 607 auteurs édités -, c’est bien Constellation du jeune Adrien Bosc, fondateur des Éditions du Sous-Sol qui publient les revues Feuilleton et Desports.

En lice pour le Goncourt, le Goncourt des lycéens, le Prix de l’Académie française, le Renaudot, le Prix Jean Giono, le Prix de Flore, le Prix Décembre, le Grand Prix des Lectrices Elle 2015 et lauréat du Prix de la Vocation, son palmarès est difficile à égaler, même pour un auteur confirmé.

Le point de départ historique du récit, le crash du Constellation F-BAZN le 28 octobre 1949 contre le mont Redondo dans l’archipel des Açores, ne laissant aucune chance à ses quarante-huit membres d’équipage et passagers, célèbres pour certains, est certes porteur : l’appareil, considéré par la presse de l’époque comme le meilleur trimoteur du monde, a en quelque sorte transposé version aéronautique le drame du Titanic.

L’ambition de l’auteur d’évoquer les victimes de la catastrophe aérienne en ne les résumant pas à un groupe mais en exhumant, grâce à un travail de documentation minutieux et quelques rares libertés romanesques, chaque destin, est honorable. Il est vrai que les mémoires, quand elles se souviennent du drame, s’en rappellent avant tout pour la légende brisée de Marcel Cerdan qui partait rejoindre sa Môme Piaf et prendre sa revanche sur le ring contre Jack La Motta. Les souvenirs sont déjà plus flous quant à la violoniste prodige Ginette Neveu. Alors pour ce qui est anonymes… En revenant sur ce dramatique accident, Adrien Bosc érige une « forme de tombeau littéraire » à tous ces passagers.

À cette galerie de personnalités réunies par de fatales coïncidences viennent s’ajouter, s’intercaler, des parties thématiques consacrées aux faits précis de la catastrophe et aux recherches permettant d’en découvrir les possibles origines. Des chapitres riches d’un champ lexical quasi technique au charme mélodique recherché par l’amoureux des mots que revendique être l’écrivain.

Alors certes, l’hommage est admirable, le travail est carré et l’ensemble se lit sans difficulté. Mais le style, résolument journalistique – déformation professionnelle – n’a, à mon sens, pas le charme de la plume romancière. Un nouvel auteur n’est-il pas censé faire montre d’un vrai talent d’imagination ? Si je me réjouis pour Adrien Bosc de remporter un tel succès, je ne m’explique pas qu’il soit à ce point nominé pour des récompenses destinées à saluer des qualités romanesques. Constellation est un texte bien construit, maîtrisé, précis, mais c’est un document, le pur fruit d’un « simple » travail de recherche. À ce titre, il n’y a pour ma part aucune découverte d’un romancier et, malgré la qualité du travail effectué, je suis forcément déçue dans mes attentes et effarée de cet engouement des comités littéraires alors qu’il y a manifestement erreur sur le produit. Malgré tout, bonne chance à lui…

* Mise à jour du 9 octobre : Adrien Bosc a été sélectionné sur la première liste du Prix Interallié mais s’est fait recaler aux deuxièmes sélections des Prix Goncourt et Renaudot.

Vous aimerez sûrement :

Les Accusées de Charlotte Rogan, Une Île de Tracy Garvis-Graves, Outre-Atlantique de Simon Van Booy, Manhattan volcano de Pierre Demarty, On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans de Barbara Samson, Vous ne connaître ni le jour ni l’heure de Pierre Béguin, Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi de Mathias Malzieu, Journal d’un corps de Daniel Pennac, Du bleu sur les veines de Tony O’Neill, Et rester vivant de Jean-Philippe Blondel…

Un grand merci aux Éditions Stock pour m’avoir offert l’opportunité de découvrir ce livre en avant-première.

10 réflexions sur “Constellation d’Adrien Bosc

  1. Tous les prix (gagnés ou non) sont à mon sens amplement mérités concernant ce bouquin. J’ai été frappée par la rigueur de la construction (qui pour le coup est résolument romanesque !). Le sujet ne m’emballait pas vraiment à la base, mais je suis très heureuse d’avoir dépassé ça pour découvrir Constellation. ;)

    Aimé par 1 personne

    • Étant donné le succès critique et public remporté par ce titre, je ne m’attends pas à faire l’unanimité avec ce billet. Ce n’est que mon ressenti sincère.
      Je ne critique d’ailleurs pas la qualité du travail fourni par l’auteur mais le registre qui, à mon sens impartialement subjectif, est erroné.
      Et indépendamment de ce point discutable, pour avoir lu de nombreux premiers romans de cette rentrée, je trouve que beaucoup auraient mérité ne serait-ce qu’une nomination. Mais sans doute le tirage au sort des professionnels qui ne se fatiguent pas trop à lire, surtout pas des premiers romans, a désigné Bosc comme représentant quasi unique des primo-romanciers… A moins qu’il s’agisse – une fois encore ? – d’une affaire de réseau… Mais je m’arrête là avant de me faire trop d’ennemis ;)
      Quoi qu’il en soit, ravie que tu aies passé un agréable moment de lecture. Il ne m’est pas tombé des mains non plus et document ou roman, c’est toujours plus agréable qu’un navet !

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      • Ah je te rejoins totalement sur le fait qu’un tas de premiers romans de la rentrée littéraire au moins aussi bons ont surement dû passer à la trappe, j’en ai lu quelques uns aussi. Et c’est regrettable.
        Mais les prix ont leur limites aussi..

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