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l'oubliPrésentation de l’éditeur : Elizabeth a disparu. Maud ne cesse de retrouver des bouts de papier dans ses poches, avec ce simple message. Elizabeth a disparu. Le plus troublant : c’est sa propre écriture. Mais elle ne se souvient pas avoir écrit ces mots. Maud ne se souvient d’ailleurs plus de grand-chose ces derniers temps. Elle ne se souvient plus de l’heure, ni si elle a mangé ni si sa fille est venue la voir. Ce qu’elle sait, en revanche, c’est qu’elle n’a pas vu sa vieille amie Elizabeth depuis longtemps. Trop longtemps. Lorsqu’elle tente d’alerter ses proches, elle a droit à des sourires indulgents, personne ne la prend au sérieux, elle est septuagénaire et on la traite comme une enfant de quatre ans. Malgré tout, Maud est de plus en plus persuadée que quelque chose est arrivé à Elizabeth. De la même façon que quelque chose est arrivé, cinquante ans plus tôt, à sa propre sœur aînée, Sukey, dont la disparition ne fut jamais élucidée. Maud ferait-elle un transfert inconscient ? Confondrait-elle le passé et le présent ? Mais n’y a-t-il pas tout autant de mystères autour d’elle aujourd’hui qu’à l’époque ? Maud va bientôt devoir remettre en question ses rares certitudes afin de faire la vérité sur son passé… et sur son présent. Avec ce roman phénomène faisant preuve d’un incroyable suspense psychologique, Emma Healey nous transporte littéralement dans l’esprit de Maud, atteinte de la maladie d’Alzheimer, avec une empathie et une justesse peu communes. Tout comme son inoubliable héroïne, le lecteur sera confronté, dans ce thriller irrésistible, à une perte totale de repères pour tenter de reconstituer un puzzle aussi captivant que complexe.

Éditions Sonatine – 354 pages

Traduit de l’anglais par Corinne Daniellot.

Depuis le 22 mai 2014 en librairie.

Ma note : 2,5 / 5

Broché : 21 euros

Ebook : 15,99 euros

Avec L’Oubli, la britannique Emma Healey a su marquer les esprits. Pas moins de neuf éditeurs se sont disputé l’exclusivité du titre après le Salon du livre de Londres 2013. Plus de vingt traductions sont en cours. Les droits d’adaptation audiovisuelle ont été vendus. Les critiques, professionnelles ou non, pleuvent et sont dithyrambiques. Jonathan Coe lui-même qualifie le livre de « bête semi-mythique que l’on ne peut mettre de côté ». Bref, la jeune auteur a réussi le tour de force de s’imposer comme un véritable phénomène littéraire en quelques mois et d’ériger son tout premier roman au rang de best seller.

Alors certes, pour une première publication, L’Oubli est brillant à plus d’un titre. L’idée d’une héroïne atteinte d’un Alzheimer est originale et le sujet porteur si l’on considère que plus de 850 000 personnes en France sont atteintes de cette pathologie neurodégénérative. La proximité d’avec la thématique pour de nombreux lecteurs est renforcée par une écriture empathique à la première personne offrant une plongée particulièrement troublante dans un esprit affecté. Par ailleurs, l’approche sensible de la maladie, tant du côté du patient (confusion, angoisse…) que de son entourage (tristesse, exaspération…), est d’une étonnante maturité si l’on tient compte du jeune âge de la primo-romancière – 28 ans. Enfin, la double intrigue entre passé et présent se faisant subtilement écho est parfaitement maîtrisée.

Mais en dépit de ces nombreuses quoique indéniables qualités, il n’en demeure pas moins que L’Oubli, catalogué dans le registre thriller, n’en a pratiquement que l’étiquette, si ce n’est la résolution plus que rapide des mystères en fin d’ouvrage. L’on est ici dans le récit psychiatrique quotidien, factuel et émotionnel de la maladie, dans le voyage intérieur, davantage que dans le thriller psychologique. En cela, les attentes de lecture intrinsèques au registre annoncé sont forcément déçues : pas ou peu de suspens, aucune action, nuls rebondissements, un rythme lent et de nombreuses répétitions (forcément avec une héroïne qui oublie tout…). L’ensemble devient de fait rapidement pesant et l’on a qu’une envie, c’est que le récit s’achève. La vraie réussite – en est-ce bien une ? – de l’auteur est de parvenir à créer ce sentiment d’impatience, d’exaspération et de lassitude dont témoignent les proches des malades.

En définitive, la plume est prometteuse mais le bilan de ce premier roman est pour ma part mitigé. Cela étant, d’un point de vue de l’approche de la forme la plus fréquente de démence, L’Oubli est instructif et forcément assez triste et angoissant.

Vous aimerez sûrement :

Avant d’aller dormir de S.J. Watson, Écoute-nous de Liz Coley, Le complexe d’Eden Bellwether de Benjamin Wood, La vie d’une autre de Frédériques Deghelt, Une constellation de phénomènes vitaux d’Anthony Marra, Je ne suis pas celle que je suis de Chahdortt Djavann, Roman de l’au-delà de Matthias Politycki, À moi pour toujours & Les revenants de Laura Kasischke, 658 de John Verdon, Shutter Island de Denis Lehane, Preuves d’amour de Lisa Gardner…

Un grand merci au magazine ELLE et aux Éditions Sonatine pour m’avoir offert l’opportunité de découvrir ce livre dans le cadre du Grand Prix des Lectrices ELLE 2015.

9 réflexions sur “L’Oubli d’Emma Healey

  1. Pingback: La Faute de Paula Daly | Adepte du livre

  2. je l’ai dans ma PAL mais pas encore lu, mais la critique me rappelle ce pour quoi je voulais le lire à la rentrée littéraire 2014. je l’avais oublié ou plutôt je suis en retard pour mes lectures.
    PS mon blog est toujours sur canalblog.celui que j’ai essayé de commencé sur wordpress est encore inactif. donc pour me suivre il faut changer d’adresse.
    des maux et des mots sera plus consacré à la fibromyalgie dont je suis atteinte en tentant de faire des liens avec mes lectures…

    Aimé par 1 personne

      • et le pire c’est que je l’ai oublié encore pour ma PAL de cet été (je fais un challenge « destination PAL » organisé par Lili Galipette :; on fait une liste de ce qu’on veut lire du 01/07 au 31/08 et on fait le bilan à la fin avec la liste des livres lus…
        je vais pouvoir faire le vide !!!

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          • sûrement vrai, mais ceux-là ils sont dans la PAL urgents à lire rapidement car il y en 4 qui font partie du challenge ABC (le truc que je ne referai plus!!!!!! je me retrouve avec des auteurs supplémentaires en X,Y, Z entre autres.
            et si je suis trop fatiguée… je lirai des « conneries » qui ne prennent pas la tête…
            car c’est la plaisir qui doit l’emporter. hé hé !

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