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white trashPrésentation de l’éditeur : White Trash met en scène l’affrontement d’une infirmière et de son supérieur dans un hôpital en compression d’effectifs. À partir du démantèlement des services sociaux britanniques, John King, « l’écrivain du football et de la classe ouvrière anglaise », se livre à une satire des stéréotypes de classes et traite finalement des inégalités et de la place de l’humain dans la société. Il nous offre un roman noir puissant sur la fracture sociale, émouvant et d’une actualité troublante.

Traduit de l’anglais par Clémence Sebag.

Éditions Au Diable Vauvert – 376 pages

Depuis le 11 septembre 2014 en librairie.

Ma note : 5 / 5

Broché : 22 euros

Ebook : 12,99 euros

Avec le fuck d’une main squelettique sur fond d’Union Jack en illustration de couverture et une insulte* pour titre, White trash est indubitablement le plus punk, le plus frondeur des livres de la rentrée littéraire 2014. Rien d’étonnant puisqu’il s’agit d’un texte de John King, « auteur des meilleurs livres sur la culture anglaise depuis la guerre » selon Irvine Welsh, réputé pour explorer depuis bientôt vingt ans les expressions les plus rebelles de la société britannique underground, des milieux populaires ravagés par les années Thatcher, rongés par le chômage et l’alcoolisme.

Dans la continuité de son œuvre, John King brosse dans White trash une nouvelle fresque sociale de la perfide Albion, ayant pour toile de fond le démantèlement des services sociaux. Symboles de la lutte des classes, les protagonistes de cette satire n’ont pour seul point commun que de travailler à l’hôpital : d’un côté Ruby, simple infirmière, de l’autre Jeffreys, médecin et administrateur consultant pour réduire les dépenses et les effectifs.

Ces portraits alternés de la masse laborieuse et de l’élite que tout oppose sont servis par une écriture subtile. Pour Ruby, le langage est simple, imagé, moderne, dans l’action. Pour Jeffreys, le verbe est soutenu, châtié, classique, dans la réflexion. Entre ces points de vue, des voix en italique, de qui, pourquoi ? Longtemps, le récit reste posé entre les réalités de la vie hospitalière et l’intimité des personnages principaux. Mais plus on avance et plus apparaissent de troublants détails, incongrus, dérangeants, jusqu’à un final aussi inattendu que glaçant qui fait tomber les masques.

Dans ce roman noir percutant de 2002 enfin traduit en France, John King bouscule son lecteur et le fait glisser, l’air de rien, sur une pente totalement inattendue a priori. Le coup de poing littéraire est rude à encaisser et remet en perspective les places de chacun dans la société, réaffirme le caractère trompeur des apparences et va même jusqu’à emprunter à la théorie conspirationniste pour justifier la fracture sociale. White trash résonne étrangement à l’heure où les politiques de santé sont au cœur des problématiques de bien des gouvernements occidentaux… Mené de main de maître, ce texte donne longtemps à contempler, agréablement, avant de basculer violemment dans l’action. Aussi étonnant qu’éprouvant !

* white trash, littéralement « déchet blanc », est une expression argotique américaine du milieu du XIXe siècle ayant pour but de désigner la population blanche pauvre, dont la condition est jugée, ironiquement ou non, encore plus médiocre que celle de la population noire. L’insulte peut également se traduire, comme c’est le cas dans le livre de John King, par « nègre blanc ».

Vous aimerez sûrement :

Rainbow warriors d’Ayerdhal, L’idiot du palais de Bruno Deniel-Laurent, Debout-payé de Gauz, Peste de Chuck Palahniuk, Regarde les hommes mourir de Barry Graham, Travaux forcés de Mark SaFranko, Zora, un conte cruel de Philippe Arseneault, Enig marcheur de Russel Hoban…

Un grand merci aux Éditions Au Diable Vauvert pour m’avoir offert l’opportunité de découvrir ce livre en avant-première.

10 réflexions sur “White trash de John King

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