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le cercle des femmesPrésentation de l’éditeur : « Je rejoins Maman dans la maison fraîche. Elle poursuit son patient travail de tri : le tas des choses à jeter, le tas des choses à conserver, le tas des choses pour lesquelles on verra plus tard. Qu’est-ce qu’il m’a pris de me mettre à quatre pattes pour regarder sous la grande armoire ? Ma main a tiré à elle une énième boîte à chaussures. J’ai soufflé la pellicule de poussière qui recouvrait son couvercle avant de le soulever. » Réunies durant quelques jours à la campagne à l’occasion des funérailles de leur aïeule et amie, quatre générations de femmes partagent leur intimité et leur deuil. La jeune Lia découvre par inadvertance un secret de famille jalousement gardé pendant soixante ans. Ces révélations risquent-elles de déclencher un cataclysme au sein de cette tribu très attachante ? Roman initiatique, Le Cercle des femmes explore avec délicatesse les mécanismes inconscients de transmission de mères en filles et nous offre une galerie de personnages aussi touchants que fantasques.

Éditions Julliard – 194 pages

Depuis le 21 août 2014 en libraire.

Ma note : 3,25 / 5

Broché : 18,50 euros

Ebook : 12,99 euros

En bâtissant son premier roman autour du concept psycho-généalogique du secret de famille, Sophie Brocas a fait le choix d’un ressort à double tranchant. D’un côté, ce thème porteur ayant donné lieu à une abondante littérature, il est un parti-pris presque inévitablement gage de succès, tout du moins en ce qui est de donner l’envie de le lire. Mais d’un autre côté, cette branche littéraire étant foisonnante, s’y aventurer signifie risquer de souffrir de la comparaison…

Dans Le cercle des femmes, l’auteur a choisi de confronter trois générations au secret de la quatrième, lui permettant ainsi d’aborder la question de la reproduction des schémas familiaux, du caractère transgénérationnel des blessures psychologiques. Si elle traduit justement le fait que chacune des trois femmes apprivoise et réagit à sa façon confrontée à la révélation, les explications psychologiques de Sophie Brocas laissent à désirer quant à la pertinence de leur analyse. Plutôt que de s’enfermer dans un récit trop explicatif, erroné ou cliché et souvent importun, elle aurait gagné à faire usage de l’ellipse.

À ces maladresses, s’ajoute une intrigue relativement linéaire qui, hormis le dévoilement du secret, manque quelque peu d’originalité et de rebondissements pour faire de ce roman une grande saga. L’on peut également noter quelques invraisemblances, comme par exemple le fait qu’au moment des explications du secret, il y a sans cesse interruption abrupte en plein milieu des aveux pour cause de fatigue ou autre ; alors qu’en pareille situation, tout un chacun, tenaillé par sa curiosité, est capable de nuit blanche pour savoir le fin mot de l’histoire.

Malgré ces gaucheries pouvant tout à fait passer inaperçues et bien excusables si l’on accorde le bénéfice de la débutante à Sophie Brocas, le roman est simple mais reste efficace. Le thème du deuil est abordé avec beaucoup de sensibilité et les personnages sont un peu fantaisistes mais attachants. Disons qu’il est le roman basique du secret de famille et du roman d’apprentissage et qu’il se lit avec plaisir même s’il n’est pas de ceux qui restent en mémoire. À ce titre, il est quand même étonnant de voir qu’il a fait partie de la présélection de 32 romans en lice pour le Prix du Roman Fnac 2014 et qu’il a été élu Talent à découvrir chez Cultura. Un bon moment de lecture pour décompresser ou si l’on n’est pas trop exigeant, un roman trop peu ciselé pour les aficionados.

Vous aimerez sûrement :

Ce que je peux te dire d’elles d’Anne Icart, Les perles de la Moïka d’Annie Degroote, Les roses de Somerset de Leila Meacham, La tétralogie Le goût du bonheur de Marie Laberge (Gabrielle, Adélaïde, Florent), Sashenka de Simon Montefiore, La double vie d’Irina de Lionel Shriver, L’amour sans le faire de Serge Joncour, Un été de trop d’Isabelle Aeschlimann, Les quatre Grâces de Patricia Gaffney, Le châle de cachemire de Rosie Thomas, La poursuite du bonheur de Douglas Kennedy…

Extraits :

– (…) Tu vois, c’est incroyable. La mort est la chose la plus certaine de notre vie. Pourtant, elle nous surprend toujours.

– Ton arrière-grand-mère aura été toute se vie une femme de courage et de convictions, me dit-elle.

– C’est bizarre de parler d’elle au futur alors qu’elle est morte.

– C’est du futur antérieur, pas du futur. Mais tu as raison, ma chérie. C’est un temps merveilleux. Celui qui permet de parler au futur de ceux qui sont passées. C’est le temps des nécrologies.

Je réalise que l’on peut aimer un lieu pour celui qui l’habite, pas sans lui.

– (…) Tu sais, à cette époque, une jeune fille qui se donnait avant le mariage se mettait en danger au regard de la morale, de sa réputation, sans compter le risque de grossesse. Je ne suis pas certaine que ta génération mesure le cadeau qu’à été la pilule. Grâce à elle, vous pouvez délier le plaisir et la maternité aussi longtemps que cela vous chante. C’est la plus grande victoire du féminisme.

– (…) On aime et puis, bien souvent, on souffre. C’est vrai d’une histoire d’amour qui s’éteint, d’une expérience professionnelle qui s’arrête, d’un lien filial qui se délite. Cette douleur-là est une plaie. Mais la façon dont on la soigne appartient à chacun d’entre nous. On peut parfaitement choisir d’appuyer encore et encore sur la cicatrice. On peut décider qu’on restera éternellement blessé, malade de tristesse, pétrifié de chagrin. Au bout d’un temps, cette douleur devient familière, un repère sûr, presque rassurant. Bizarrement, expérimenter autre chose devient plus inquiétant que de souffrir. Aussi peut-on être un victime pour la vie. Mais on peut aussi parier sur la vie. Décider que la douleur ne nous aura pas, qu’elle ne mènera pas notre vie, ne sera pas notre destin. On peut se dire : OK, j’ai une grande balafre, mais elle ne m’empêche pas de vivre si j’évite d’appuyer dessus. Cette cicatrice me donnerait presque du caractère, une allure tout à fait unique, si tu vois ce que je veux dire.

Un grand merci aux Éditions Julliard pour m’avoir offert l’opportunité de découvrir ce livre en avant-première.

13 réflexions sur “Le cercle des femmes de Sophie Brocas

    • J’ai découvert diverses critiques qui le plombent (attention, la plupart sont des spoilers) mais pour ma part, je l’ai apprécié, à sa mesure. Ce n’est certes pas le meilleur du genre mais l’auteur débute, elle mérite d’être encouragée. J’ai hâte de savoir ce que tu en auras pensé…

      J'aime

  1. Tu remets un peu en cause les éloges que j’en avais lu ( je ne sais plus où, peut-être Cultura). Il est vrai que ce sujet est très classique. Tant d’autres l’ont si bien traité, il y a forcement un risque.

    Aimé par 1 personne

  2. Pingback: Les Indomptées de Nathalie Bauer | Adepte du livre

  3. j’ai aimé jusqu’à la partie ou Agnès et son père (l’italien) passaient du bon temps sur la plage de ASTI alors que ça devait être Ostia, la plage non loin de Rome…………………………………………………………….pas très forte en géographie!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

    Aimé par 1 personne

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