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les douze tribus d'hattiePrésentation de l’éditeur : Gare de Philadelphie, 1923. La jeune Hattie arrive de Géorgie en compagnie de sa mère et de ses sœurs pour fuir le Sud rural et la ségrégation. Aspirant à une vie nouvelle, forte de l’énergie de ses seize ans, Hattie épouse August. Au fil des années, cinq fils, six filles et une petite-fille naîtront de ce mariage. Douze enfants, douze tribus qui égrèneront leur parcours au fil de l’histoire américaine du XXe siècle. Cette famille se dévoile peu à peu à travers l’existence de ces fils et de ces filles marqués chacun à leur manière par le fort tempérament d’Hattie, sa froide combattivité et ses secrètes failles. Les Douze Tribus d’Hattie, premier roman éblouissant déjà traduit en seize langues, a bouleversé l’Amérique. Telles les pièces d’un puzzle, ces douze tribus dessinent le portrait en creux d’une mère insaisissable et le parcours d’une nation en devenir.

Éditions Gallmeister – 311 pages

Traduit de l’américain par François Happe.

Depuis le 2 janvier 2014 en librairie.

Ma note : 3,75 / 5

Broché : 23,40 euros

Ebook en anglais uniquement : 6,27 euros

Grands caractères : 23 euros

Les douze tribus d’Hattie est de ces premiers romans créant la surprise sur lesquels auteurs et éditeurs jouent gros et récoltent plus gros encore. Paru en décembre 2012 aux États-Unis et créant la surprise de l’année 2013, il s’est miraculeusement écoulé à 250 000 exemplaires, est en cours de traduction dans 16 pays et considéré comme l’une des plus brillantes entrées en littérature de ces dernières années outre-Atlantique.

Dans ce roman puzzle aux airs de recueil de nouvelles, Ayana Mathis tente de brosser une fresque de l’Amérique noire du XXe siècle (de la ségrégation aux eighties en passant par la Grande Migration, la guerre du Vietnam ou encore la lutte pour les droits civiques) par le prisme du portrait d’une femme puissante.

De cette femme, mère et noire qui apprend à compter sans les hommes dans une Amérique blanche, machiste et raciste, chacune des facettes de ses espoirs, ses désillusions, ses forces et ses failles est révélée par le récit polyphonique de ses douze enfants qui se dévoilent également. Un kaléidoscope de visions tronquées dont le lecteur omniscient dégagera sa juste représentation : une mère courage dévastée par la perte, aux sentiments enfouis derrière l’obsession d’échapper à la misère, toujours prête à affronter un nouveau sacrifice.

Un roman douloureux, sensible et fort sur la construction de soi entre amour et horreur (aspirations, désenchantement, impuissance, perte, folie, homosexualité, alcoolisme, jalousie…) qui évite les écueils du lyrisme, de la grandiloquence et du misérabilisme. Même s’il manque un indéfinissable ingrédient pour faire de ce livre hommage à la grand-mère de l’auteur une grande représentation de la société états-unienne, il rend en filigrane justice aux souffrances du peuple noir et au dessin de cette nouvelle nation qui devra compter avec lui. Des premiers pas littéraires ambitieux qui promettent une maîtrise à venir digne d’intérêt.

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Famille modèle d’Eric Puchner, Freedom de Jonathan Franzen, L’empereur aux mille conquêtes de Javier Moro, Les soeurs Deblois de Louise Tremblay d’Essiambre, Le bruit des autres d’Amy Grace Loyd, Une si longue lettre de Mariama Bâ, Celles qui attendent de Fatou Diome, Tu seras partout chez toi d’Insa Sané…

Extraits :

Six gardait pour lui cette gêne constante, non pas par stoïcisme ou par courage, mais par amertume. Sa douleur et sa fragilité faisaient de lui quelqu’un de particulier, ayant subi un préjudice particulier et qui en était particulièrement indigné, quelqu’un d’exceptionnel en raison de la souffrance qu’il avait connue. Cette douleur était son bien le plus précieux, et il y tenait aussi furieusement que s’il s’était agi d’un joyau dérobé sur un cadavre.

Six n’était pas sûr que la religion fût autre chose qu’un tas de gens pris dans un délire collectif qui se dissipait à l’instant même où ils franchissaient les portes de l’église et se retrouvaient dans la rue. Et qui pourrait le leur reprocher ? Qui n’aurait pas envie d’être emporté par quelque chose de radieux et de sublime ?

Un grand merci au magazine ELLE et aux Éditions Gallmeister pour m’avoir offert l’opportunité de découvrir ce livre dans le cadre du Grand Prix des Lectrices ELLE 2015.

19 réflexions sur “Les douze tribus d’Hattie d’Ayana Mathis

  1. J’attendais avec impatience ta « note » et ton avis sur ce roman car je savais que c’était un des trois livres dans la catégorie « roman » reçus dans le cadre du Grand Prix des Lectrices…. J’attends avec impatience de lire les deux autres pour me faire peut être une idée sur les romans que je vais recevoir fin juillet ;-)

    Aimé par 1 personne

  2. Reçu ce bouquin cette semaine dans le cadre du prix des lectrices de ELLE ! Il me fait de l’œil depuis un moment, je suis contente d’avoir attendu pour l’acheter ! Je t’ai invitée au groupe facebook des jurées de cette année, rejoins-nous !

    Aimé par 1 personne

    • Ravie qu’au moins un des titres que le jury de septembre a retenu te plaise. Merci pour l’invitation, bien reçue. J’ai essayé de mettre de l’ordre mais j’ai l’impression que le groupe est indiscipliné ;) Ça va se mettre en place…

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