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dire adieuPrésentation de l’éditeur : Elle était ma mère, une mère que j’avais protégée et qui, en échange, m’assurait de ma propre survie. Une mère qui parfois n’était pas très adulte, mais avec laquelle il n’était pas question que j’infléchisse mon comportement ou modifie ma façon de parler. Sauf que quand elle est morte, je ne pensais pas qu’elle pouvait mourir. Sophie Avon dessine le portait de sa mère disparue et de leurs relations. À travers de courts chapitres, elle évoque les épisodes de la vie de cette femme mélancolique que le destin n’a pas épargnée. De la jeunesse insouciante en Algérie à la vieillesse difficile en passant par la solitude et les liens délicats de la filiation, les années défilent, les époques se succèdent. Mais quel que soit le temps, l’amour est là, exigeant, inépuisable qui, peu à peu, modifie les rôles. Ce texte est une ultime déclaration. L’adieu d’une fille à sa mère.

Éditions Mercure de France – 140 pages

Depuis le 17 avril 2014 en librairie.

Ma note : 3,25 / 5

Broché : 14 euros

Ebook : 10,99 euros

Comment vivre dans un monde dans lequel votre mère n’est plus ? Adorée ou haïe, la Mère, LA femme de toute vie… Beaucoup se sont pliés à l’exercice de l’ode à cet amour unique en son genre tels Colette dans Sido, Albert Cohen dans Le livre à ma mère, dans La promesse de l’aube Romain Gary ou encore Mathias Malzieu et son sublime Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi consacré tout spécialement à l’adieu déchirant. Autant de textes, souvent courts, qui ont en commun d’être des déballages du cœur tout en pudeur, justes, émouvants mais sans pathos, d’une étrange gaité

Avec Dire adieu, Sophie Avon s’inscrit dans la lignée de ces écrivains de l’ultime déclaration. Une tentative périlleuse puisqu’elle se doit d’être à la fois le portrait singulier d’une personnalité et la fresque universelle d’une relation.

Si ce récit concis n’arrache pas les larmes, l’auteur parvient à exprimer l’essence même de la relation filiale, ce lien profond fait de sentiments à double tranchant. De son texte suivant une structure davantage sensitive que chronologique et empli de verbes d’action à l’image du caractère vif de sa mère, Sophie Avon raconte l’amour inconditionnel envers et contre tout et tous, les rapports à la fois fusionnels et volcaniques, l’inversement des rôles quand arrive la maladie, l’incapacité à concevoir la disparition autrement que quand elle est consommée. Comme elle le dit si bien, face à la disparition, en particulier maternelle, « on a trop de mots et pas assez« .

Nul doute que sa mère aurait apprécié cet hommage sincère à sa personne et à son existence fantaisiste et pleine de larmes retenues. Des larmes que le lecteur retient lui aussi malgré une ultime page poignante alors qu’en se lançant dans un tel sujet, il cherche probablement à être viscéralement bouleversé… La distance d’avec l’intime est-elle trop grande ? Un texte plus exact qu’émouvant mais qui mérite d’être lu, ne serait-ce que pour rappeler à ceux qui ont la chance d’avoir encore leurs parents d’en profiter !

Vous aimerez sûrement :

Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi de Mathias Malzieu, Juste avant de Fanny Saintenoy, Vous ne connaîtrez ni le jour ni l’heure de Pierre Béguin, A l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie d’Hervé Guibert, Un long silence de Mikal Gilmore, Le cas Sneijder de Jean-Paul Dubois, Journal d’un corps de Daniel Pennac…

Extraits :

Je lui disais tout car elle pouvait tout entendre de moi. Mes tocades, mes misères, mes petitesses. Son amour m’était acquis quoi que je raconte, quoi que je fasse. Elle était celle dont je venais, un moteur auquel j’étais branchée en permanence, une turbine dont la courroie de sécurité me tenait, me liait, me reliait à elle.

Je n’ai pas adapté mes mots à son âge, sûrement pas, je ne voulais pas qu’elle vieillisse, je ne voulais que notre relation soit flétrie ou diminuée. On s’engueulait, mais on se parlait vraiment.

Y a-t-eu un époque où elle a été en paix ? Où son existence a trouvé son équilibre ?

Y a-t-eu un moment où elle s’est dit que, bon an mal an, la vie lui donnait ce qu’elle voulait ?

Pour moi, la fin du monde, c’est la fin de ma mère.

Je n’en reviens pas de faire ça : l’asseoir sur mes genoux comme une petite fille. C’est à la fois évident et incongru. Je m’occupe d’elle parce que je suis sa fille, et ce peu de temps imparti est mon dernier temps d’amour. (…) Ne rien presser, ne pas la bousculer, être avec elle, même sans rien dire. Être ensemble une dernière fois.

« Je ne l’ai jamais vue si heureuse que quand elle dînait avec vous. » Évidemment, cette petite phrase me crucifie, moi qui donnerai tant pour n’avoir pas été si économe de mon temps.

Il m’arrivait de dire : je voudrais qu’elle soit morte – sachant très bien que sa disparition me dévasterait. Je le disais quand même. Pour faire la maligne, pour conjurer le sort, parce qu’il m’arrivait de penser que sans elle, je serais délivrée d’un poids.

Un grand merci au magazine ELLE et aux Éditions Mercure de France pour m’avoir offert l’opportunité de découvrir ce livre dans le cadre du Grand Prix des Lectrices ELLE 2015.

Une réflexion sur “Dire adieu de Sophie Avon

  1. Pingback: Amelia de Kimberly McCreight | Adepte du livre

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