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l'institutrice d'izieuPrésentation de l’éditeur : « Je remarquai leur attitude fière, parfois grave et je compris qu’ils ne s’en laisseraient pas conter ! (…) Ces enfants avaient souffert, étaient mûris avant l’âge. Jamais ils ne me dirent qu’ils étaient juifs : ils voulaient et savaient garder leur secret. » Gabrielle Perrier. Le 6 avril 1944, à Izieu, 44 enfants âgés de 5 à 17 ans et leurs sept moniteurs sont emmenés par des soldats allemands, sur ordre de Klaus Barbie. Gabrielle Perrier est leur institutrice, elle a 21 ans. Depuis la veille, elle est rentrée chez elle pour les vacances de Pâques. Ce jour-là, son monde s’effondre. Elle s’en voudra de ne pas avoir eu conscience du danger que couraient ses élèves. Modeste, discrète, elle dissimulera son chagrin en se réfugiant dans le silence, jusqu’au procès de Klaus Barbie, quarante-trois ans plus tard. Enfin, elle pourra porter le deuil de ses élèves morts à Auschwitz.

Éditions du Seuil – 246 pages

Depuis le 13 mars 2014 en librairie.

Ma note : 2,5 / 5

Broché : 19 euros

Ebook : 13,99 euros

C’est un triste anniversaire qu’à voulu célébrer Dominique Missika en écrivant L’institutrice d’Izieu. Commémoration du 70 ans de la rafle du 6 avril 1944 qui vit, à Izieu, l’arrestation, la déportation et le gazage de 44 enfants juifs et 7 éducateurs, le document se veut un hommage à Gabrielle Perrier-Tardy. Figure méconnue de l’événement, cette femme discrète disparue en 2010 était l’enseignante en charge de ces enfants sacrifiés sur l’autel du Mal. Outre le fait que ce livre constitue un énième témoignage sur cette sombre époque, son intérêt est d’autant plus mitigé qu’il va à l’encontre de la volonté de l’intéressée, « Mademoiselle Gabrielle » n’ayant pas souhaité répondre aux questions de l’auteur.

L’on apprend ainsi que le poste d’enseignement était officiel malgré le statut particulier des enfants pris en charge par des réseaux clandestins en attente d’un passage en Suisse. Que la Maison d’Izieu ouverte avec le soutien du préfet et dirigée par Sabine Zlatin, plus qu’un refuge, était une véritable plaque tournante de la résistance. Que de nombreux fonctionnaires, à l’image de l’inspecteur primaire Gonnet et du sous-préfet Wiltzer, protégeaient à leurs risques et périls la colonie, mais rien de plus à leur sujet. Que les enfants montèrent dans le camion allemand en chantant « Vous n’aurez pas l’Alsace et la Lorraine ». Que l’ennemi ne put arriver dans ce coin perdu que par dénonciation. Que l’ordre de la rafle, à seulement deux mois du débarquement, fut donné par le SS Klaus Barbie.

Concernant Gabrielle Perrier, l’on découvre, outre le portrait d’une enseignante modèle, qu’elle ignorait le danger couru par ses élèves, qu’elle n’était pas présente lors de la rafle, qu’elle n’eut jamais d’enfant, qu’elle consacra sa vie à se documenter sur ces quelques mois, qu’elle se sentit coupable de n’avoir pris la mesure des événements ni rien pu faire – mais quoi ? – et qu’elle ne s’ouvrit sur cette période de sa vie que très laconiquement à l’occasion du procès de Barbie en 1987 quarante-trois ans après les faits.

La seule page digne d’attention dans cette succession de faits sans grand intérêt à propos d’une inconnue qui souhaitait le rester est la liste de fin d’ouvrage établie par Serge Klarsfeld mentionnant le nom et l’âge des victimes. Ce livre semble davantage prétexte à faire rayonner la Maison d’Izieu devenue mémorial en 1994, musée le plus visité de l’Ain et dont l’écrivain est membre du comité scientifique. Rien de très émouvant en somme.

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Un grand merci au magazine ELLE et aux Éditions du Seuil pour m’avoir offert l’opportunité de découvrir ce livre dans le cadre du Grand Prix des Lectrices de ELLE 2015.

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