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les saisons de l'envolPrésentation de l’éditeur : En arrivant à Los Angeles munie d’une green card gagnée à la loterie du gouvernement américain, Prema laisse derrière elle le Népal, les bosquets de bambou et les rizières. La guerre civile et la pauvreté. Elle veut prendre un nouveau départ, vivre son American dream. Mais les milliers de kilomètres qui la séparent de son pays natal n’effacent ni son histoire ni son passé. Plus tout à fait népalaise, pas encore américaine, Prema flotte entre deux mondes. Ses différentes rencontres et sa passion pour El Segundo Blue, une espèce de papillon en voie de disparition, lui permettront-elles de trouver sa place ? Réflexion sur l’exil et le déracinement, Les Saisons de l’Envol est le récit lumineux d’une femme qui décide de rompre avec son passé pour donner un sens à sa vie. Porté par une très belle écriture, ce roman révèle le talent de l’écrivain népalais Manjushree Thapa.

Traduit de l’anglais (Inde) par Esther Ménévis.

Éditions Albin Michel – 275 pages

Depuis le le 7 février 2013 en librairie.

Ma note : 3 / 5

Broché : 22,50 euros

Ebook : 15,99 euros

Il m’a fallu quelques dizaines de pages pour entrer pleinement dans Les saisons de l’envol. De prime abord, j’ai été doublement déconcertée.

Tout d’abord, par le personnage principal : Prema. J’ai éprouvé un peu de difficulté à sympathiser avec cette jeune femme que je n’arrivais pas à cerner. Je la trouvais distante, indifférente et je ne voyais pas vraiment où elle m’emmenait. Jusqu’à ce que je comprenne que Prema elle-même se cherchait, ne savait pas qui elle était, où elle allait, ni pourquoi. Alors au lieu de tenter de me mettre à sa place, j’ai compris que je ne pouvais que l’accompagner dans sa quête d’elle-même et du sens de sa vie.

Autre détail qui m’a déroutée, le style de l’écrivain. S’écarter des sentiers traditionnels de ce que j’appellerais la littérature himalayenne est un parti pris certes surprenant mais qui, éclairé de l’ambition de l’auteur, prend tout son sens : Manjushree Thapa a souhaité « écrire à propos de ses personnages népalais avec la même complexité que permet la littérature occidentale pour les personnages occidentaux. Elle a toujours évité de rendre ses personnages exotiques. »

Deux surprises, un nécessaire temps d’adaptation pour plonger pleinement dans l’histoire de l’auteur et non celle que je m’imaginais. Quoi de mieux finalement ? Une fois relevé le défi de me laisser porter, j’ai pleinement profité de ce récit loin de tous clichés sur le déracinement, l’intégration et la quête identitaire envers et contre toutes les aliénations émotionnelles, politiques ou existentielles. Malgré son apparente froideur, Prema est parvenue à m’embarquer dans un voyage rempli d’émotions, au coeur de son intériorité complexe, de sa vie somme toute banale et malgré tout extra-ordinaire.

Ce livre ne sera peut-être pas de ceux dont je garderai un souvenir impérissable, faute finalement de cette particularité exotique qui ancrerait le roman dans ses racines, mais il comptera parmi ceux dont j’ai apprécié le cheminement. Et c’est déjà beaucoup, un agréable moment !

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Extraits :

Elle n’était pas douée pour l’introspection. C’est en examinant le monde extérieur qu’elle entrevoyait ce qui se cachait en elle.

Certains aspects de nous-mêmes trouvent leur origine dans des choses qui nous sont étrangères, auxquelles nous nous retrouvons liés par association. Qui prennent possession de nous.

C’est par la douleur que le corps avertit les animaux d’un danger. Si l’animal est en mesure de le faire, être attentif à la douleur peut lui sauver la vie. Si cela lui est impossible, s’il est captif par exemple, alors le mal qui lui a été fait est irrémédiable. Chez les hommes, il existe une concience de leur mort imminente. Mais au moment de mourir, il est psychologiquement plus facile de ne pas savoir que notre heure approche, que nous soit épargnée l’anticipation de notre mort. Le plus difficile, c’est de savoir que l’on va mourir. Ici, maintenant.

« Nous vivons une époque d’extinction massive sur terre. Les hommes sont en train d’exterminer beaucoup plus d’espèces que la nature n’en remplace. C’est ce qu’on appelle un collapsus écologique. Ça veut dire que nous n’avons plus assez de ressources. Les hommes sont en train de détruire leur habitat naturel. »

Cette incertitude tenace – ne jamais savoir, ne jamais savoir avec certitude ou ne jamais savoir du tout – lui resta.

Un grand merci aux Éditions Albin Michel pour m’avoir offert l’opportunité de découvrir ce livre en avant-première.

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