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l'empereur aux mille conquêtesPrésentation de l’éditeur : L’histoire vraie et rocambolesque de Pedro Ier, père fondateur du Brésil, par Javier Moro, maître du roman historique. Sous ses airs de mauvais garçon, le prince Pedro descend d’une longue lignée : les Bragance. Il a vécu à Lisbonne jusqu’à l’âge de huit ans, en 1807, date à laquelle les armées de Napoléon marchèrent sur la capitale portugaise et ou son père décida d’embarquer la Cour vers la principale colonie du royaume, le Brésil, pour sauver la monarchie. Pedro se souvient encore de cette nuit-là, tandis que les matelots chargeaient à la hâte les caisses sauvées de la débâcle – et qui, pour la plupart, resteraient à quai. Il revoit les membres de sa famille monter à bord du navire, sous le regard accusateur de la foule… Rio de Janeiro devint ainsi la capitale de l’empire portugais et, pour Pedro, le royaume de son enfance. Ce garçon qui n’aime rien tant que sa liberté, qui grandit comme un faune heureux entouré de serviteurs, de maîtresses et d’esclaves attentifs à ses moindres désirs, ne peut imaginer qu’un jour il sera appelé à devenir un héros. Pourtant, au côté de Leopoldine, sa femme, il changera non seulement le destin du Brésil mais aussi celui du Portugal, et fera de leurs deux peuples deux nations libres et modernes. Dans un roman à couper le souffle, digne des meilleurs scénarios hollywoodiens, Javier Moro raconte un personnage hors du commun.

Traduit de l’espagnol par Marianne Millon.

Éditions Robert Laffont – 547 pages

Depuis le 22 mai 2014 en librairie.

Ma note : 4,5 / 5

Broché : 22,50 euros

Ebook : 15,99 euros

Parce qu’en ces temps de Coupe du monde de la FIFA 2014, il est impossible de ne pas entendre parler du Brésil mais que l’on n’est pas forcément branché football, L’empereur aux mille conquêtes est l’opportunité littéraire idéale pour coller à la tendance du moment et devenir autrement plus cultivé que n’importe quel supporter du ballon rond.

Le dernier livre de Javier Moro n’est pas un simple livre sur le plus grand pays d’Amérique du Sud, c’est LE livre pour comprendre les fondements d’un Brésil à l’histoire aussi complexe que fascinante.

Roman historique parfaitement documenté, il permet de découvrir par le biais des biographies romancées de Jean VI du Portugal, Pedro 1er du Brésil / Pedro IV du Portugal et Pedro II du Brésil, comment cette ancienne colonie lusitanienne s’est émancipée du Portugal, de la monarchie et de l’esclavage pour devenir la septième puissance économique mondiale.

Les portraits de nombreux personnages historiques présents tout au long du récit sont captivants et mettent en évidence les profondes et fondamentales différences entre les trois générations successives de monarques. L’histoire de la famille régnante des Bragance est étonnante et parfois surréaliste, notamment en ce qui concerne Pedro Ier sur lequel le roman est principalement concentré.

Surnommé « le Libérateur » et bien qu’à l’origine de la première constitution après avoir proclamé l’indépendance et la liberté du pays, Pierre Ier du Brésil était un personnage paradoxal et excessif, en contradiction permanente entre ses aspirations libérales et son attachement au pouvoir exclusif mais surtout entre son personnage public et sa personnalité privée. Incorrigible coureur de jupons, il était autant un homme égoïste pour qui seuls ses désirs avaient de l’importance qu’un père attaché à sa nombreuse descendance. Confronté à l’opinion publique, il ne parvint pas à abolir l’esclavage, réforme qui sera prise par son fils Pierre II, amené à régner pendant cinquante ans et considéré comme l’architecte du Brésil contemporain.

Le parti pris de l’auteur d’axer son récit sur les amours de Pedro Ier permet à ce livre riche et intelligent d’être plus digeste et divertissant qu’un simple ouvrage historique. Il ne manquera pas de satisfaire les férus d’histoire tout autant que les amoureux des romances tumultueuses.

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La calèche de Jean Diwo, Sashenka de Simon Montefiore, Le chirurgien ambulant de Wolf Serno, Le châle de Cachemire de Rosie Thomas, Les perles de la Moïka d’Annie Degroote, Mille femmes blanches de Jim Fergus, Le cercle des confidentes de Jennifer McGowan, La couleur des sentiments de Kathryn Stockett, La pensionnaire du bourreau d’Olivier Dutaillis…

Extraits :

Il suffit d’un instant pour faire un héros, mais il faut une vie entière pour faire un homme.

Romain Rolland

La mariage de Leopoldine servit de prétexte pour amorcer l’une des plus grandes aventures scientifiques du XIXe siècle, dont les participants allaient parcourir plus de dix mille kilomètres à travers le Brésil, découvrant des tribus, cataloguant des espèces inconnues d’animaux et de plantes, traçant des cartes et décrivant des minéraux.  Dom João pouvait être content : la fiancée qu’il avait voulue pour son fils apportait non seulement le prestige de sa dynastie, mais aussi la culture de l’Europe au coeur même de l’Amérique du Sud.

Depuis la défaite de Napoléon, les Portugais ne comprenaient pas pourquoi leur pays devait jouer le rôle humiliant de colonie de son ancienne colonie américaine. De sorte qu’il parvenait à Rio des messages et des pétitions qui réclamaient le retour de dom João et de sa famille, rendant ainsi à l’Empire lusitanien son centre de gravité, Lisbonne, l’ancienne capitale.

À l’époque, deux habitants sur trois étaient d’origine africaine à Rio, un tiers de la population composée d’esclaves. (…) Tous les Africains avaient été amenés de force pour des travaux que ni les indigènes ni les Européens ne voulaient exécuter. Rio était, de loin, le plus grand marché aux esclaves d’Amérique.

Si tu marches en tête des idées de ton siècle, ces idées te suivront et de soutiendront. Si tu marches derrière elles, elles t’entraîneront avec elles. Si tu marches contre elles, elles te renverseront.

Napoléon III

Le prince régent Pedro et sa femme, tous deux âgés de vingt-trois ans, devaient écrire une page de l’histoire du continent américain.

(…) La première mesure qu’il prit laissa ses sujets perplexes. Lui qui n’était pas cultivé fit supprimer les droits de douane sur les livres étrangers et abolit la censure de tout matériau imprimé.

Le temps où l’on abusait les hommes s’achève.

Pedro Ier

Peut-être le pouvoir ébranlait-il l’idée qu’il se faisait de lui-même ?

Il n’est guère facile de conseiller et de servir un prince aux idées extrêmement arbitraires, intelligent, mais sans discernement ni principes, très jaloux de son autorité, irritable, et d’une grande inconsistance dans ses amitiés…

Baron von Mareschal

Il voyait bien qu’il ne pourrait jamais séparer sa condition d’homme de celle de gouvernant. La mort de Leopoldine avait renversé le mur qu’il avait voulu élever entre ces deux catégories. Et en tombant, ce mur avait mis en évidence son incurie, son amoralité, ses défauts.

Ne dit-on pas que l’homme est le seul animal qui trébuche deux fois sur la même pierre ?

Un grand merci aux Éditions Robert Laffont pour m’avoir offert l’opportunité de découvrir ce livre en avant-première.

6 réflexions sur “L’empereur aux mille conquêtes de Javier Moro

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