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le ravissement des innocentsL’été est tout juste là et déjà, la rentrée littéraire 2014 – consultable en un clin d’oeil sur la lettre du libraire – est sur de nombreuses lèvres. Alors qu’on ne sait encore pas combien de romans seront annoncés et que l’on ignore par conséquent quelle part sera consacrée aux premiers romans, des titres filtres déjà…

Comme l’an passé, je vous rejoue mon propre festival du premier roman. Parce que j’aime toujours autant les nouvelles plumes, potentielles promesses de toutes les audaces, de tous les renouveaux littéraires. Et parce qu’il me tient toujours autant à coeur de contribuer, ne serait-ce qu’un petit peu, à la mise en lumière de nouveaux auteurs qui, contrairement aux sempiternelles têtes de gondole lues, relues et parfois peu réinventées, ne bénéficient pas de super plans de com’ pour rencontrer leur public.

Sera donc ici fait un tour d’horizon le plus complet possible des premiers romans français ou des premiers romans étrangers à paraître dès la mi-août 2014, qui sera complété tout au long de l’été. Êtes-vous prêts à vous offrir de l’inattendu, du jamais lu, lecteurs en tous genres, liseurs de tous horizons, impatients découvreurs de nouvelles saveurs et peut-être de best seller de demain ? Voici, après La rentrée littéraire 2014 côté premier roman #1 et La rentrée littéraire 2014 côté premier roman #2, un troisième aperçu de ces livres qui deviendront peut-être les classiques et autres incontournables des années à venir, l’amorce d’une nouvelle vague littéraire, à condition que vous leur laissiez une chance en les lisant, merci pour eux puisque c’est tout le malheur qu’on leur souhaite :

Aux Éditions Flammarion :

Voyageur malgré lui de Minh Tran Huy, à paraître le 20 août : En 2012, Line découvre l’existence d’Albert Dadas. Le destin de ce premier cas de touriste pathologique, recensé au XIXe siècle, lui remet en mémoire l’histoire de sa famille, en particulier celle de Thinh, cousin de son père, rendu fou par l’exil, et celle de sa cousine Hoai disparue depuis sa tentative de fuite du Vietnam communiste par la mer.

Splendeurs et misères de l’aspirant écrivain de Jean-Baptiste Gendarme, à paraître le 27 août : À travers des anecdotes recueillies auprès d’auteurs publiés, l’auteur révèle tous les secrets du milieu littéraire et livre de nombreux conseils aux futurs écrivains : bizutage des salons, lettres de refus, attente fébrile du coup de téléphone de l’éditeur, premier article dans la presse, etc.

Aux Éditions Le Manuscrit :

Une vie simple : histoire d’un Italien déraciné de Donatangelo Morganella, à paraître le 21 août : Un jeune homme en quête de ses origines retourne avec son grand-père en Italie, son pays natal. Il va y découvrir l’insouciance et la liberté qui ont marqué la jeunesse de son aïeul.

Des racines et des sources : périple amoureux de Tlemcen à Venise de Maurice Dahan, à paraître le 28 août : Au XVIe siècle, Haïm Cherki, jeune juif refusant la conversion forcée à l’islam, fuit Rabat avec sa mère et sa soeur pour se réfugier à Tlemcen, en Algérie. Il y développe une société d’import-export, dont le succès l’amène à partir pour Venise avec son épouse, où ils mènent une vie dédiée autant au commerce qu’à l’art.

La vie à côté : le destin d’un Malgré-lui mosellan de Michel Dessaigne, à paraître le 25 septembre : Mosellan enrôlé par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale, Stanislas est devenu résistant par remords, et tente de retrouver l’amour auprès d’Annonciade. Reclus dans le château d’Avécourt en Lorraine, ne parvenant pas à se réconcilier avec son passé, Stanislas décide de partir à la recherche de son fils pour trouver le salut.

Aux Éditions Gallimard :

Le ravissement des innocents de Taiye Selasi (Nigéria/ Ghana), à paraître le 4 septembre : C’est l’histoire d’une famille, des ruptures et déchirements qui se produisent en son sein, et des efforts déployés par chacun pour œuvrer à la réconciliation. En l’espace d’une soirée, la vie sereine de la famille Sai s’écroule : Kwaku, le père, un chirurgien ghanéen extrêmement respecté aux États-Unis, subit une injustice professionnelle criante. Ne pouvant assumer cette humiliation, il abandonne Folá, sa ravissante épouse nigériane, et leurs quatre enfants. Dorénavant, Olu, leur fils aîné, n’aura d’autre but que de vivre la vie que son père aurait dû avoir. Les jumeaux, la belle Taiwo et son frère Kehinde, l’artiste renommé, verront leur adolescence bouleversée par une tragédie qui les hantera longtemps après les faits. Sadie, la petite dernière, jalouse l’ensemble de sa fratrie. Mais l’irruption d’un nouveau drame les oblige tous à se remettre en question. Les expériences et souvenirs de chaque personnage s’entremêlent dans ce roman d’une originalité irrésistible et d’une puissance éblouissante, couvrant plusieurs générations et cultures, en un aller-retour entre l’Afrique de l’Ouest et la banlieue de Boston, entre Londres et New York.

Dans le jardin de l’ogre de Leïla Slimani, à paraître le 28 août : « Une semaine qu’elle tient. Une semaine qu’elle n’a pas cédé. Adèle a été sage. En quatre jours, elle a couru trente-deux kilomètres. Elle est allée de Pigalle aux Champs-Élysées, du musée d’Orsay à Bercy. Elle a couru le matin sur les quais déserts. La nuit, sur le boulevard Rochechouart et la place de Clichy. Elle n’a pas bu d’alcool et elle s’est couchée tôt. Mais cette nuit, elle en a rêvé et n’a pas pu se rendormir. Un rêve moite, interminable, qui s’est introduit en elle comme un souffle d’air chaud. Adèle ne peut plus penser qu’à ça. Elle se lève, boit un café très fort dans la maison endormie. Debout dans la cuisine, elle se balance d’un pied sur l’autre. Elle fume une cigarette. Sous la douche, elle a envie de se griffer, de se déchirer le corps en deux. Elle cogne son front contre le mur. Elle veut qu’on la saisisse, qu’on lui brise le crâne contre la vitre. Dès qu’elle ferme les yeux, elle entend les bruits, les soupirs, les hurlements, les coups. Un homme nu qui halète, une femme qui jouit. Elle voudrait n’être qu’un objet au milieu d’une horde, être dévorée, sucée, avalée tout entière. Qu’on lui pince les seins, qu’on lui morde le ventre. Elle veut être une poupée dans le jardin de l’ogre. » Adèle, journaliste, et Richard, médecin, vivent apparemment heureux avec leur petit garçon. Mais la jeune femme cache un lourd secret : elle ne peut s’empêcher de rencontrer des hommes et d’assouvir ses fantasmes.

Chant furieux de Philippe Bordas, à paraître le 28 août : Photographe, Mémos est contacté par un éditeur pour suivre Zinedine Zidane jour et nuit, pendant trois mois, afin de réaliser un livre sur le champion en pleine gloire. Une connivence immédiate s’établit entre les deux hommes. Issus des quartiers difficiles, ils parlent la même langue. Par-delà le tourbillon de la vie de Zidane, prince des stades et idole médiatique, le roman raconte surtout la quête de Mémos, venu du parler rudimentaire et rageur des cités, parti à la conquête de la haute langue de Chrétien de Troyes, Rabelais, Saint-Simon et Céline. Tissé à l’intention d’un ami aveugle admirateur de Zinedine, qui n’a jamais vu son visage ni ses dribbles virtuoses, le récit de Mémos prend une dimension épique et flamboyante, pour devenir une chanson de geste moderne. Faisant revivre la bande de gamins dépenaillés débarquant jadis à la gare du Nord comme des barbares, il ne se contente pas de rendre hommage à ces êtres que personne ne défend, il leur offre une existence de pleine lumière et invente pour eux un français riche et vivant, réconciliant la langue d’en bas et celle d’en haut, autour de la figure mythologique et solaire de Zinedine Zidane. Philippe Bordas signe ici une œuvre littéraire d’une puissance exceptionnelle.

Balnès de Hedwige Jeanmart, à paraître le 28 août : « Et si on allait à Blanès ? C’était mon idée. Je l’avais lancée le samedi 10 mars vers onze heures du matin, après mes deux cafés, consciente de ce que je disais et aussi du fait que je le disais pour lui faire plaisir, sans soupçonner une seconde que cette phrase innocente serait celle qui me ferait chuter tout au fond du gouffre où je suis. Pourtant des phrases, j’en ai dit. J’ai trop dit je t’aime alors que je savais que cela le fatiguait, j’ai dit des choses intelligentes aussi, puis des conneries comme tout le monde. Mais je n’aurai pas survécu à cette phrase-là. Samuel a répondu pourquoi pas ? Ça te dirait ? J’ai dit oui ça me dirait, on n’est jamais allés à Blanès, ce n’est pas si loin, une heure en voiture depuis Barcelone, à peine plus. On s’est mis d’accord, on irait le lendemain. Le soir, on s’est couchés en chien de fusil dans des draps blancs comme un linceul, j’ai respiré son odeur du soir, un peu âcre, et senti la chaleur de sa cuisse sur laquelle j’avais posé la main. Je me suis endormie heureuse sûrement, sans doute, pourquoi pas ? Je ne savais plus bien à présent, et le matin du dimanche 11 mars, en fin de matinée, nous avons pris chacun un livre et nous sommes partis pour Blanès. » En juin 1995, à Lyon, Louise s’apprête à passer le bac et bientôt à quitter le foyer familial. Ses parents lui apprennent que sa grande soeur Alice revient vivre chez eux pour soigner son alcoolisme, avec son petit garçon Jean. Partagée entre le désir de vivre sa vie et celui d’aider sa famille, elle choisit finalement de rester, tout en gardant son projet d’émancipation.

Aux Éditions Léo Scheer :

Louise de Julie Gouazé, à paraître le 20 août : « Louise va bien. C’est un principe de base. Une loi fondamentale. Alice est enfermée, Jean est perdu, Marie et Roger ont pris quinze ans dans la figure. Ne vous inquiétez pas, il en faut plus pour entamer Louise ! Elle est forte. C’est un soleil et le soleil ne s’éteint pas. Même la fée Clochette se remet à briller quand on recommence à croire en elle. » La sœur de Louise, Alice, se noie dans l’alcool. Roger et Marie, leurs parents, les noient dans un trop-plein d’amour. Louise, elle, va tout faire pour garder la tête hors de l’eau. Roman à l’écriture affûtée, Louise plante son scalpel au cœur des relations familiales. Autopsie d’un bonheur obligé, d’un débordement d’affection qui provoque l’asphyxie, il est un lumineux récit d’apprentissage et une formidable leçon de vie.

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