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bastardsPrésentation de l’éditeur : Un extraordinaire thriller contemporain qui se nichera comme un chat dans vos meilleurs cauchemars. À court d’inspiration, l’écrivain new-yorkais Alexander Byrd se lance à la recherche de Cat-Oldie, une vieille dame qui s’est débarrassée de trois agresseurs avec un outil de jardin et l’aide d’un chat. Sa quête se transforme en véritable investigation qui ravive une guerre entre services spéciaux impliquant la mystérieuse ancêtre. Elle l’amène aussi à croiser le chemin de femmes aussi félines que fatales et à requérir l’assistance de Colum McCann, Norman Spinrad, Jerome Charyn, Paul Auster, Toni Morrison, Michael Chabon, Siri Hustvedt…

Éditions Au Diable Vauvert – 522 pages

Depuis le 20 février 2014 en librairie.

Ma note : 5 / 5 mention Coup de coeur

Broché : 20 euros

Ebook : épisodes 1 & 2 gratuits, 3 à 12 à 0,99 euros

Un hasard si Ayerdhal, l’un des plus grands auteurs de SF français, a été deux fois lauréat du Grand Prix de l’Imaginaire et a reçu le Prix Cyrano en 2011 pour l’ensemble de son oeuvre (plus de vingt romans) ? Certainement pas ! C’est « uniquement » parce que la fertilité de son imagination est proprement hallucinante et qu’il maîtrise à la perfection les scénarios complexes qu’il tire de cette créativité débordante.

Après avoir été subjuguée l’an passé par Rainbow warriors – puisqu’en plus d’être talentueux, l’auteur est prolifique -, c’est avec un plaisir anticipé que je me suis lancée à l’assaut de la nouvelle production du maître.

Bastards est au commencement l’histoire d’un écrivain confronté au syndrome de la page blanche après avoir reçu le Pullitzer. Cherchant de l’aide auprès d’amis aussi prestigieux que Colum McCann ou encore Jerome Charyn pour ne citer qu’eux, il se retrouve sur la piste de femmes envoûtantes et de singuliers matous, entre mythologie et guerre des services secrets. Et l’originalité de ce pitch de départ n’a d’égal que la richesse et la fantaisie du récit jusqu’à son terme.

Initialement diffusé en feuilleton numérique, le roman s’articule autour de courts chapitres ponctués de cliffhanger à répétition servis par une écriture riche, ciselée et addictive. Une construction millimétrée qui ne fait que renforcer l’intrigue foisonnante et palpitante. Action et adrélanine sont les maîtres mots de ce page turner.

Inclassable, il mélange savamment les genres : il tient du polar, du thriller, du roman fantastique, du roman d’action, de la quête initiatique, de la satire sociale et de la romance. Cette fresque new-yorkaise est aussi un bel hommage à la littérature et aux personnes âgées.

Bref, Bastards est un roman dense, résolument moderne, aussi ensorcelant que les personnages féminins qui le jalonnent. Ayerdhal prouve une fois encore, si besoin était, son talent immense. Sa plume, unique en son genre, est au service de son imaginaire débordant. À peine commencé, impossible de le lâcher. Ce voyage littéraire qui fait passer par toutes les émotions est à entreprendre au plus vite… En deux mots : ça déchire !

Sans transition, cette lecture m’a permis de découvrir un détail original des Éditions Au Diable Vauvert qui, à chaque parution, décline leur logo en cohérence avec le récit. Ici, le diablotin devient forcément un chat.

Vous aimerez sûrement :

Enfants de la paranoïa de Trevor Shane, Jour de confession d’Allan Folsom, Apocalypse bébé de Virginie Despentes, 99 F de Frédéric Beigbeder, Zalbac Brothers de Karel de la Renaudière, Peste de Chuck Palahniuk, Avant d’aller dormir de S.J. Watson, Un passé en noir et blanc de Michiel Heyns, Les Revenants de Laura Kasischke, Bloody Miami de Tom Wolfe, Le livre sans nom d’Anonyme, Ferrailleurs des mers de Paolo Bacigalupi…

Extraits :

Bien qu’elles se diluent dans notre amnésie collective, les personnes âgées n’ont pas toujours été des personnes âgées.

Avant que la succession des ans ne les courbe, les plisse, les fripe, les ralentisse, avant que le fil des saisons ne leur entaille les chairs, le souffle et la mémoire, avant qu’elles ne soient plus aux yeux du monde que des vieillards friables à demi transparents, elles ont traversé des âges que beaucoup d’entre nous ne connaîtront pas, construits des existences que nous sommes incapables de soupçonner, riches d’expériences dont nous ne savons rien.

Les yeux fermés, il suffit de tendre l’oreille pour savoir où l’on se trouve dans Central Park. Où et quand. À quelques dizaines de mètre près, parfois moins. Avec une résolution de quelques minutes à certaines heures, au pire d’une heure certains jours. Il faut une longue pratique, évidemment, et cela nécessite de l’entretenir, ne serait-ce que parce que les effets de mode modifient les habitudes au fil des années, voire d’une année sur l’autre, mais un esprit déductif armé de connaissances sociologiques et ornithologiques suffit à combler les déficits de fréquentation avec une faible marge d’erreur. (…)

Suivant son âge, son sexe et sa situation sociale, le singe nu, comme l’appelle Desmond Morris, s’adonne au jogging de telle heure à telle heure en empruntant tel ou tel parcours, ne s’octroyant pour variable que la nature ouvrable ou fériée du jour de la semaine. Il pratique l’embouteillage automobile de manière assez grégaire, mange systématiquement aux mêmes heures, répugne à se bécoter dans l’herbe quand il pleut, promène son chien ou sa poussette selon des rituels que seules les saisons font varier, nourrit les animaux qu’il est interdit de nourrir avec la même constance, rit bruyamment ou révise assidûment en fonction d’échéances cycliques, patine à roulettes ou à glace, pédale, marathonne, équitationne, mégaphone suivant des règles bien établies. Bref, accompli toujours peu ou prou toujours les mêmes choses, aux mêmes moments, aux mêmes endroits, et fait bruisser l’air de signaux qu’une oreille avertie peut traduire en coordonnées spatio-temporelles d’une précision remarquable.

Il est difficile de ne pas nouer un lien quand on ramène régulièrement à leurs propriétaires un cochon d’Inde, un hamster, une gerbille, un chinchilla, un écureuil de Corée, voire même un rat norvégien. Du moins quand on ramène l’animal vivant. Or, si Folsky est un voleur compulsif, il n’a aucun penchant meurtrier. Il promène les rongeurs comme une chatte transporterait un chaton, du bout des crocs, délicatement, et il joue avec eux sans sortir les griffes.

La seule souris que Folsky met à mal est celle du desktop d’Alexander. Folsky est un geek d’un genre très particulier. Il couve le clavier, mastique les câbles, démonte la molette de la souris, crache après le ventilateur de la tour, considère que tout ce qui bouge sur le monitor est un jeu vidéo et se comporte comme si l’écran était tactile.

Il collectionne aussi les TOC : il déteste les portes fermées et sait abaisser les poignées comme tourner les boutons, ne s’aventure pas dehors la nuit sans être accompagné, refuse les viandes crues, les produits laitiers et les poissons, lèche les sacs plastique, adore voyager sur les épaules d’Alexander dans la rue même lorsqu’il s’agit de se rendre chez le vétérinaire, se baigne dans les flaques, lavabos, éviers, gouttières, se sèche bien évidemment sur Alexander, et raconte sa vie à grand renfort de mew très modulés mais incompréhensibles chaque fois qu’il rentre des jardins ou qu’Alexander a été absent plus d’une heure.

Son empathie féline est indiscutable – il sait parfaitement ce que ressent un être humain – mais il en use d’une façon qui est, elle, très discutable : il fait toujours le contraire de ce qui est espéré.

Un grand merci aux Éditions Au Diable Vauvert pour m’avoir offert l’opportunité de découvrir ce livre.

8 réflexions sur “Bastards de Ayerdhal

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  3. Je dois t’avouer que ce titre d’Ayerdhal (comme Raimbow Warriors d’ailleurs) m’ont franchement déçus. Je trouve que qu’il se regarde écrire en fait (je ne trouve pas d’autre image en fait pour décrire mon ressenti à la lecture), bref je suis vraiment passé à côté

    Aimé par 1 personne

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