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la décisionL’été n’est pas encore là et déjà, la rentrée littéraire 2014 – consultable en un clin d’oeil sur la lettre du libraire – est sur de nombreuses lèvres. Alors qu’on ne sait encore pas combien de romans seront annoncés et que l’on ignore par conséquent quelle part sera consacrée aux premiers romans, des titres filtres déjà…

Comme l’an passé, je vous rejoue mon propre festival du premier roman. Parce que j’aime toujours autant les nouvelles plumes, potentielles promesses de toutes les audaces, de tous les renouveaux littéraires. Et parce qu’il me tient toujours autant à coeur de contribuer, ne serait-ce qu’un petit peu, à la mise en lumière de nouveaux auteurs qui, contrairement aux sempiternelles têtes de gondole lues, relues et parfois peu réinventées, ne bénéficient pas de super plans de com’ pour rencontrer leur public.

Sera donc ici fait un tour d’horizon le plus complet possible des premiers romans français ou des premiers romans étrangers à paraître dès la mi-août 2014, qui sera complété tout au long de l’été. Êtes-vous prêts à vous offrir de l’inattendu, du jamais lu, lecteurs en tous genres, liseurs de tous horizons, impatients découvreurs de nouvelles saveurs et peut-être de best seller de demain ? Voici un premier aperçu de ces livres qui deviendront peut-être les classiques et autres incontournables des années à venir, l’amorce d’une nouvelle vague littéraire, à condition que vous leur laissiez une chance en les lisant, merci pour eux puisque c’est tout le malheur qu’on leur souhaite :

Aux Éditions Stock :

Les mots qu’on ne me dit pas de Véronique Poulain, à paraître le 20 août : « “ Salut, bande d’enculés ! ” C’est comme ça que je salue mes parents quand je rentre à la maison. Mes copains me croient jamais quand je leur dis qu’ils sont sourds. Je vais leur prouver que je dis vrai. “ Salut, bande d’enculés ! ” Et ma mère vient m’embrasser tendrement. » Sans tabou, avec un humour corrosif, elle raconte. Son père, sourd-muet. Sa mère, sourde-muette. L’oncle Guy, sourd lui aussi, comme un pot. Le quotidien. Les sorties. Les vacances. Le sexe. D’un écartèlement entre deux mondes, elle fait une richesse. De ce qui aurait pu être un drame, une comédie. D’une famille différente, un livre pas comme les autres.

Constellation d’Adrien Bosc, à paraître le 20 août : Le 27 octobre 1949, le nouvel avion d’Air France, le Constellation, lancé par l’extravagant M. Howard Hughes, accueille trente-sept passagers. Le 28 octobre, l’avion ne répond plus à la tour de contrôle. Il a disparu en descendant sur l’île Santa Maria, dans l’archipel des Açores. Aucun survivant. La question que pose Adrien Bosc dans cet ambitieux premier roman n’est pas tant comment, mais pourquoi ? Quel est l’enchaînement d’infimes causalités qui, mises bout à bout, ont précipité l’avion vers le mont Redondo ? Quel est le hasard objectif, notion chère aux surréalistes, qui rend « nécessaire » ce tombeau d’acier ? Et qui sont les passagers ? Si l’on connaît Marcel Cerdan, l’amant boxeur d’Édith Piaf, si l’on se souvient de cette musicienne prodige que fut Ginette Neveu, dont une partie du violon sera retrouvée des années après, l’auteur lie les destins entre eux. « Entendre les morts, écrire leur légende minuscule et offrir à quarante-huit hommes et femmes, comme autant de constellations, vie et récit. »

La chance que tu as de Denis Michelis, à paraître le 20 août : Ici au moins, il est au chaud. Ici au moins, il est payé, nourri, blanchi. Ici au moins, il a du travail. L’enfermement le fait souffrir certes, mais pense un peu à tous ceux qui souffrent vraiment. Ceux qui n’ont plus rien. Alors que toi, tu as une situation et un toit où dormir, ça n’est pas rien tu sais. Et tu oses te plaindre. »

Le monde n’a pas de fin de Bilal Tanweer (Pakistan), à paraître le 20 août : Le monde n’a pas de fin est une ode à Karachi, l’hommage d’un « écrivain dans la ville » qui ne veut pas qu’elle soit réduite à sa violence. Il en rassemble les fragments pour voir au-delà des apparences et faire surgir le monde fascinant d’avant l’islamisation forcenée, d’avant les bombes. Dans le bus qui mène du centre ville à la mer, se croisent ainsi trois générations de personnages qui racontent leur histoire : le père magicien, l’écolier repenti, le Camarade poète Sukhanza, le caïd amoureux, le diseur de mauvaise aventure… « Quand on raconte une histoire à quelqu’un, nous sommes dans le même monde », écrit Bilal Tanweer et, avec lui, on aime cette ville bruyante et vivante en toutes circonstances.

La décision de Britta Böhler (Allemagne), à paraître le 20 août : En 1933, Thomas Mann quitte Munich pour un voyage d’agrément en Suisse, avec sa femme Katia et les petits. Pendant ce temps, dans la patrie, le monde s’écroule. C’est le début de l’exil… Un exil d’abord résigné, jusqu’à ce jour de février 1936 où Thomas Mann se résout à condamner publiquement le régime nazi dans une lettre qu’il destine au Neue Zürcher Zeitung. Lorsque le roman s’ouvre, Thomas Mann pénètre dans l’enceinte du journal pour remettre la lettre à son ami Korodi, mais ce dernier est souffrant et la publication retardée de trois jours. Trois longs jours durant lesquels le doute va s’emparer de lui. Peut-on continuer à être un écrivain lorsqu’on a perdu la reconnaissance de sa patrie, de ses lecteurs ? En tant que père a-t-on le droit de mettre en péril la vie des siens ? Mais en tant qu’homme et citoyen, « lorsqu’on hait le mal de toute son âme, on devra dire adieu au pays natal »…

Aux Éditions La Table ronde :

L’idiot du palais de Bruno Deniel-Laurent, à paraître le 21 août : Au Palais, une prison dorée parisienne, l’agent de sécurité d’origine serbe Dusan est affecté au service du Prince, qui arrive des États-Unis. Il se voit confier par le « Docteur » Elias la mission de pourvoir à tous ses désirs. Il recrute alors Khadija et la ramène au Palais, ignorant qu’elle va provoquer sa perte.

Aux Éditions Grasset :

Le manteau de Greta Garbo de Nelly Kapriélian, à paraître le 1er septembre : L’identité, la personnalité et la vie de Greta Garbo dévoilées par le prisme de sa garde-robe.

Aux Éditions du Seuil :

Un été en famille d’Arnaud Delrue, à paraître le 21 août : Après la mort de sa soeur, la vie de Philippe semble reprendre ses droits. Cependant un malaise subsiste et de nombreux mystères remontent à la surface concernant la relation de Philippe avec sa soeur défunte, la maladie de celle-ci, etc. L’étrangeté des situations grandit au fil des pages d’un récit entrecoupé de descriptions des paysages.

Aux Éditions Zulma :

Le complexe d’Eden Bellwether de Benjamin Wood (Angleterre), à paraître le 4 septembre : Benjamin Wood signe un premier roman magistral sur les frontières entre génie et folie, la manipulation et ses jeux pervers – qui peuvent conduire aux plus extravagantes affabulations, à la démence ou au meurtre. Cambridge, de nos jours. Au détour d’une allée de l’imposant campus, Oscar est irrésistiblement attiré par la puissance de l’orgue et des chants provenant d’une chapelle. Subjugué malgré lui, Oscar ne peut maîtriser un sentiment d’extase. Premier rouage de l’engrenage. Dans l’assemblée, une jeune femme attire son attention. Iris n’est autre que la sœur de l’organiste virtuose, Eden Bellwether, dont la passion exclusive pour la musique baroque s’accompagne d’étranges conceptions sur son usage hypnotique… Bientôt intégré au petit groupe qui gravite autour d’Eden et Iris, mais de plus en plus perturbé par ce qui se trame dans la chapelle des Bellwether, Oscar en appelle à Herbert Crest, spécialiste incontesté des troubles de la personnalité. De manière inexorable, le célèbre professeur et l’étudiant manipulateur vont s’affronter dans une partie d’échecs en forme de duel, où chaque pièce avancée met en jeu l’équilibre mental de l’un et l’espérance de survie de l’autre. L’auteur du Complexe d’Eden Bellwether manifeste un don de conteur machiavélique qui suspend longtemps en nous tout jugement au bénéfice d’une intrigue à rebonds tenue de main de maître.

Aux Éditions Serge Safran :

Aÿmati de Béatrice Castaner, à paraître le 21 août : Aÿmati, jeune femme de trente mille ans, vit sur le continent européen. Mära, elle, va naître en Amérique du Nord. Elles sont les dernières représentantes de leur espèce, néandertalienne pour l’une, sapiens pour l’autre. Aucun lien entre elles, à l’exception d’une statuette en ivoire, mais Aÿmati va transmettre à Mära une part de sa compréhension du monde, pour l’accompagner jusqu’à sa dernière demeure, près d’un fleuve. De nos jours, Gabrielle, archéologue française, au coeur du récit, constitue l’articulation entre les deux époques si distantes des deux femmes. Elle travaille en équipe avec Myn, archéologue chinois de renommée internationale, créateur de Salongapan, camp africain de recherches en primatologie. C’est par lui que Mära et Aÿmati seront reliées. À travers différents récits qui s’entrecroisent et s’interpénètrent en miroirs, Béatrice Castaner aborde ici, avec une originalité de construction et une virtuosité d’écriture étonnantes, les questions essentielles de la transmission, notamment à travers l’art. Et pose la question de ce qui restera de nous, derniers représentants du genre humain, lorsque notre espèce aura disparu.

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