Home

quelques adieuxPrésentation de l’éditeur : Il est des amours lumineux. Il en est d’autres obscurs, irrémédiables, au bord desquels on est pris de vertige et dont on sait qu’ils nous briseront. François n’aurait jamais cru qu’il vivrait les deux – et qu’il les vivrait en même temps. Que l’un et l’autre lui sembleraient aussi essentiels, aussi inséparables que les deux moitiés d’un même fruit. Anne l’incandescente, la violente, fuit l’amour, s’en défend comme s’il contenait sa mort. Elisabeth y consent cœur et bras ouverts, sans jamais considérer le prix d’un tel abandon. Pour tous trois, François, Anne, Elisabeth, l’amour scande des rythmes effrénés ou apaisés, mais toujours déchirants.

Éditions Anne Carrière – 395 pages

Archive du blog Gwordia

Ma note : 4,5 / 5

Broche : 14,50 euros

Ebook : 6,99 euros

Marie Laberge m’avait littéralement conquise (comme tout ce que j’ai lu en provenance du Québec pour l’instant) avec sa formidable trilogie Le goût du bonheur : Gabrielle, Adélaïde, Florent. C’est donc confiante et certaine de passer un bon moment que je me suis lancée dans ce livre autrement plus concis que ce à quoi l’auteur m’avait habituée.

Le moins que je puisse dire est que mes attentes ont été comblées. Une fois de plus, Marie Laberge a su créer des personnages bouleversants, mettre en scène des secrets lourds et m’amener à m’interroger sur la façon donc je réagirais en pareille situation. Émotion et sensualité sont les promesses tenues par ce roman tout en douceur.

Extraits :

Et je me demande si la foudroyant attirance que nous avons subie, de tous les malentendus, de tous les pièges de la vie, n’est pas l’un des plus cruels. A cause de lui, après que j’en fus sortie, j’ai gardé pour longtemps, peut-être pour toujours, de l’effroi envers ce que l’on appelle l’amour.

Gabrielle Roy

Il ressuscite l’enfance, ses blessures, ses espoirs insensés, et parle de la pureté indicible, de l’absolu contenus en chaque enfant ; et il parle de la lutte sauvage que la société mène à cette pureté. Les étudiants, si proches encore de cette enfance reniée, écoutent en ayant l’impression qu’on leur rend un droit d’être et de souffrir qui leur fut longtemps refusé, sous prétexte d’innocence. A travers Salinger, ils récupèrent leur droit à l’émotion extrême, au sentiment si peu disparu qu’être adulte exige un renoncement à un certain absolu, une sorte de passage affreux par la brûlure des compromissions.

La vie, de toute façon, la vie, cette fragile construction, n’en ferait qu’à sa tête et le laisserait tomber un jour, lâchement. Il le savait et il n’en éprouvait aucun regret, non, aucun regret, mais un profond désespoir.

Anne ne disait jamais rien à Claudine, sachant très bien que sa mère saurait tout : il y avait une complicité entre ces deux-là qu’aucun lien fraternel ne saurait briser. Le « secret » pour Claudine consistait en une chose que l’on devait taire à tous et dire à sa mère. Claudine ne savait cacher que ses propres secrets, ceux des autres, elle en faisait bon marché, sans scrupules ni mauvaise conscience.

« L’amour est comme un cancer, un chancre, une masse sournoise qui se nourrit d’elle-même, grossit, grandit, et finit par nous dévorer. On meurt et on se demande si finalement, on n’aurait pas mieux fait d’haïr seulement ou de rester indifférent. L’amour est une félicité, vous avez raison, un poison d’une douceur sans nom, mais tous les poisons finissent par nous tordre les boyaux, ne le savez-vous pas ? Si tant de bonheur pouvait aller sans souffrance, j’y souscrirais immédiatement… mais l’ultime cadeau de la vie est une souffrance indicible, parce que l’amour meurt, le corps vieillit, nous abandonne lâchement et la maladie, l’inévitable humilité, nous gagne. Dites-moi, à quoi sert de tant aimer ? A quoi sert de tant donner ?

La vérité vaut tous les tourments.

Camus

Merci de partager vos avis, remarques, etc. Je vous répondrai toujours et avec plaisir !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s