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lolitaPrésentation de l’éditeur : « Lolita, lumière de ma vie, feu de mes reins. Mon péché, mon âme. Lo-lii-ta : le bout de la langue fait trois petits pas le long du palais pour taper, à trois, contre les dents. Lo. Lii. Ta. Le matin, elle était Lo, simplement Lo, avec son mètre quarante-six et son unique chaussette. Elle était Lola en pantalon. Elle était Dolly à l’école. Elle était Dolores sur les pointillés. Mais dans mes bras, elle était toujours Lolita. »

Traduit du russe par Maurice Couturier.

Éditions Folio – 532 pages

Archive du blog Gwordia

Ma note : 3 / 5

Broché : 25 euros

Poche : 8,40 euros

Ebook : 6,58 euros

Cet immense classique, comme peu doivent l’ignorer, est le récit de la passion brûlante d’un pédophile pour sa belle-fille Lolita, âgée seulement de douze ans. Écrit de manière confondante à la première personne, l’illusion dérangeante de l’autobiographie ne fait que renforcer la profondeur du roman ; le plus perturbant étant ce style si talentueusement emprunté aux prédateurs sexuels : la repentance illusoire dont la formulation ô combien subtile ne dissimule – sciemment – jamais tout à fait la satisfaction du criminel ayant accompli son forfait mais parvient toutefois de manière fugace à égarer la compassion du lecteur.

Nouvellement traduit pour ne pas heurter les consciences d’aujourd’hui, l’aspect dérangeant me semble édulcoré – même si je ne dispose pas de la comparaison d’avec l’ancienne version – et il semble qu’il en soit de même avec les adaptations cinématographiques de Stanley Kubrick (1962) et d’Adrian Lyne (1997).

À ne surtout pas écarter de la lecture, l’introduction et l’avant-propos ainsi que la note explicative finale de l’auteur.

Ce roman a beau compter parmi les textes incontournables de la Littérature, je n’ai pas vraiment accroché, je me suis ennuyée et le sujet est par trop dérangeant.

Extrait :

J’aimerais maintenant introduire l’idée suivante. On trouve parfois des pucelles, âgées au minimum de neuf et au maximum de quatorze ans, qui révèlent à certains voyageurs ensorcelés, comptant le double de leur âge et même bien davantage, leur nature véritable, laquelle n’est pas humaine mais nymphique (c’est-à-dire démoniaque) ; et ces créatures élues, je me propose de les appeler « nymphettes ».

On notera que j’exprime en termes de temps et non d’espace. J’aimerais, en fait, que le lecteur considère ces deux chiffres, « neuf » et « quatorze », comme les frontières – les plages miroitantes et les roches roses – d’une île enchantée, entourée d’une mer immense et brumeuse, que hantent les dites nymphettes. Toutes les enfants entre ces deux âges sont-elles des nymphettes ? Bien sûr que non. Le seraient-elles que nous aurions depuis longtemps perdu la raison, nous qui sommes dans le secret, nous les voyageurs solitaires, les nympholeptes. Qui plus est, la beauté ne constitue nullement un critère ; et la vulgarité, ou du moins ce que l’on nomme ainsi dans une communauté donnée, n’amoindrit pas forcément certaines caractéristiques mystérieuses, cette grâce fatale, ce charme insaisissable, fuyant, insidieux, confondant, qui distingue la nymphette de telle ou telle de ses congénères qui sont infiniment plus dépendantes de l’univers spatial des phénomènes synchrones que de cet îlot intangible de temps enchanté où Lolita s’ébat avec ses semblables. Entre ces âges limites, le nombre des nymphettes authentiques est notoirement inférieur à celui des fillettes provisoirement sans charme, ou simplement accortes, ou « mignonnes », ou même encore « délicieuses » et « séduisantes », ordinaires, grassouillettes, informes, froides de peau, ces fillettes intrinsèquement humaines, avec leurs nattes et leur ventre rebondi, qui deviendront ou ne deviendront pas des femmes d’une grande beauté (songez à ces affreuses gamines boulottes, en bas noirs et chapeaux blancs, qui se métamorphosent en stars éblouissantes à l’écran). Présentez à un homme normal la photographie d’un groupe d’écolières ou de girl-scouts en le priant de désigner la plus jolie d’entre elles : ce n’est pas nécessairement la nymphette qu’il choisira. Il vous faut être un artiste doublé d’un fou, une créature d’une infinie mélancolie, avec une bulle de poison ardent dans les reins et une flamme supra-voluptueuse brûlant en permanence dans votre délicate épine dorsale (oh, comme il vous faut rentrer sous terre, vous cacher !), pour discerner aussitôt, à des signes ineffables – la courbe légèrement féline d’une pommette, la finesse d’une jambe duveteuse, et autres indices que le désespoir et la honte et les larmes de tendresse m’interdisent d’énumérer -, le petit démon fatal au milieu de ces enfants en bonne santé ; aucune d’entre elles ne la reconnaît et elle demeure elle-même inconsciente du fantastique pouvoir qu’elle détient.

4 réflexions sur “Lolita de Vladimir Nabokov

  1. Comme toi, il m’a été impossible d’accrocher… J’en suis déçue, un si grand classique, dont l’aspect psychologique était prometteur… Mais je n’ai même pas pu finir de le lire.

    Aimé par 1 personne

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