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du soleil en boîtePrésentation de l’éditeur : La soixantaine alerte, le verbe haut, le conseil toujours prompt, surtout quand il n’est pas sollicité, et la coiffure aussi raide que le genou, Edith McLoughlin frôle la caricature de la belle-mère de comédie. En fait sa tyrannie, légère et tissée de bonnes intentions, serait plutôt drôle si elle n’était à l’origine d’un drame épouvantable – la mort de son fils – qui pèsera évidemment à jamais sur la vie de Nancy, sa belle-fille. Restée veuve, avec une petite Chloé de sept ans, Nancy – professeur d’astrophysique à Wellington, où, en New-Yorkaise bon teint, elle se sent toujours un peu en exil –, va devoir affronter une existence d’autant plus compliquée qu’Edith entend plus ou moins la régenter. Après l’échec d’une tentative de cohabitation, et le remariage de Nancy avec un opticien philosophe, Edith paraît s’effacer. Pour réapparaître brièvement et, jouant un instant au jeu de la vérité, s’expliquer enfin sur son attitude. Ruptures maladroites et rapprochements émouvants rythment ainsi le récit du long chemin d’amitié que ces deux femmes vont parcourir, liées non seulement par le souvenir d’un être follement aimé mais en réalité par une extraordinaire et peu commune tendresse. Qu’elles ne s’avoueront qu’à mots couverts, sous la menace d’une mort annoncée dont l’épisode final organisé par Nancy – le départ d’Edith pour les rivages de l’amour et de la mort – est propre à tirer les larmes des coeurs les plus blasés. Meilleur livre de 2013 pour le New Zeland Herald, Du soleil en boîte a trôné en tête des meilleures ventes pendant plusieurs semaines.

Éditions Phiilippe Rey – 265 pages

Traduit de l’anglais (Nouvelle-Zélande) par Bernard Turle.

À paraître le 9 mai 2014 en librairie.

Ma note : 3 / 5

Broché : 18 euros

Ebook : 10,99 euros

L’on ne choisit pas sa famille. Encore moins sa belle-famille – cette branche étrangement désignée « par alliance » alors même qu’elle est communément associée à un rapport conflictuel, le plus souvent de la belle-mère, voire la belle-doche, pire, la marâtre d’avec sa rivale de belle-fille.

C’est cette relation, entachée de nombreux présupposés caricaturaux, que Christine Leunens s’attache à explorer et à décortiquer dans Du soleil en boîte. Au travers de l’histoire de trois générations de femmes – une belle-mère, sa belle-fille et sa petite-fille -, l’auteur, qui comme son personnage de bru est une native américaine installée en Nouvelle-Zélande, dépeint le rapport complexe entre les principales figures féminines de la vie d’un homme et comment le deuil de cet homme bouleverse totalement le lien entre ces femmes. Comment la rivale peut devenir un soutien amical. Comme il est nécessaire de trouver, sans toujours y parvenir, un terrain d’entente pour le bien-être de toutes à commencer par l’enfant du disparu. Comment ce fonctionnement autour de l’absent peut être un frein pour reconstruire sa vie… Autant de facettes relationnelles d’un duo imposé abordées dans ce récit tout en délicatesse et formant, finalement, un hommage touchant à la figure de belle-mère, avec ses qualités et avec ses défauts.

Du soleil en boîte est aussi, l’air de rien, une invite à la réflexion sur le temps qui passe, les orientations que l’on choisit de donner à sa vie et les façons d’appréhender la mort qui se rapproche inéluctablement… »L’air de rien » car là est bien la particularité de ce récit : il ne paye pas de mine, l’on ne sait pas trop ce qu’il veut démontrer, l’on pense même qu’on n’en gardera pas forcément souvenir. Et pourtant il trouble. Et il habite. Longtemps après qu’on l’a refermé. Un moment de lecture aussi agréable que mystérieux, qui laisse un sentiment aussi flou dans l’ensemble que très précis pour ce qui est de sa bouleversante et poignante scène finale. Un morceau de littérature étrange et indéfinissable dont on ne sait pas vraiment s’il tient à la vision de l’auteur ou aux différences culturelles. Flou, dis-je.

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Extraits :

Ce qui est vrai à la lumière artificielle ne l’est pas toujours à la lumière du jour.

Joseph Joubert

Fais face au soleil et les ombres passeront dans ton dos.

Proverbe maori

La plupart du temps, on vivait vers l’avant alors qu’on pensait vers l’arrière. Le présent n’existait pas vraiment : il était comme le trou minuscule d’un sablier à travers lequel l’avenir filtrait  vers le passé dans une durée quasiment nulle. « Je pense donc je suis ». La formule aurait dû être : « J’ai pensé donc je fus. » Mais « Je fus… je fus… je fus… », c’était tellement fuyant qu’on se dérobait à soi-même… comme une poignée de sable glissant entre nos doigts : notre vie se désintégrait sans cesse, chutait dans le royaume du révolu au moment même où nous la vivions.

Un grand merci aux Éditions Philippe Rey pour m’avoir offert l’opportunité de découvrir ce livre en avant-première.

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