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le séducteurPrésentation de l’éditeur : 1907. Piet, un jeune homme doté d’un charme irrésistible, se présente à la porte d’une demeure bourgeoise d’Amsterdam. Il a échappé à la grisaille des provinces pour gagner le quartier de la Courbe d’or. Il aspire désormais à bâtir sa propre fortune. Son atout : il a toujours exercé sur ses semblables, qu’ils soient hommes ou femmes, une puissante attraction sexuelle. Devenu le précepteur du fils des Vermeulen-Sickerts – une famille très en vue de la bonne société néerlandaise -, il s’emploie à percer à jour, grâce à un instinct farouche et aux confidences domestiques, chacun des habitants de cette maison à la rigueur toute protestante. Son élégance, sa délicatesse, sa quête de volupté le conduisent à s’immiscer dans leur vie, enfreignant les usages, transgressant les tabous, éveillant les sens. Pourtant, dans l’euphorie grisante du siècle qui se lève, au milieu des plaisirs et des tentations qu’il a seulement rêvés, Piet découvre que certaines des liaisons qu’il a cultivées peuvent se révéler dangereuses…

Traduit de l’anglais par Aline Oudoul.

Éditions Robert Laffont – 339 pages

Archive du blog Gwordia

Ma note : 2,5 / 5

Broché : 21 euros

Ebook : 15,99 euros

Que de livres misant, tout ou partie, sur l’érotisme ! Le (discutable) phénomène Cinquante nuances de Grey aurait-il débridé les plumes des auteurs ? À moins que ce ne soit une spécificité toute britannique puisque Richard Mason, Sud-Africain de naissance, a grandi en Angleterre.

Quoi qu’il en soit, les scènes sensuelles – pour ne pas dire sexuelles – du Séducteur sont l’incontestable point fort du livre. S’il est difficile d’écrire dans ce registre sans tomber dans la vulgarité ou le ridicule, l’auteur a su trouver la juste tonalité, livrant des scènes aussi esthétiques qu’exaltantes. N’en déplaise cependant aux pudibonds, ce roman n’a rien d’outrageusement licencieux.

Passée la trempe de ces quelques scènes capiteuses et électrisantes, l’histoire, sans être désagréable, n’a pourtant pas le charme escompté. L’auteur a beau arguer dans la présentation de son livre – en français s’il vous plaît (so sexy !) – que l’idée centrale de son récit est de mettre en scène la Belle Époque, le cadre n’est qu’en filigrane et l’histoire de son héros aurait pu se dérouler en tout temps et en tous lieux. Le charme de l’époque en prend déjà un coup.

Celui de son protagoniste aussi. Piet, d’extraction modeste et provinciale mais toutefois riche d’une éducation lui permettant de se fondre dans les plus honorables milieux, n’aspire qu’à s’élever dans le monde. Pour se faire, il compte moins sur son sens de l’étiquette que sur son physique avantageux et son talent de séducteur ravageur. Pour faire court, cette sorte de Don Juan du XXe siècle naissant n’est ni plus ni moins qu’un gigolo ambitieux pour ne pas dire arriviste, qui n’hésite pas à payer de sa personne pour parvenir à ses fins. À son opportunisme teinté de libertinage s’ajoutent une suffisance et une inconséquence propre à son jeune âge qui suffisent à gâter son charme. Sans compter que confronté à l’imprévu et aux aléas de l’existence, le jeune enjôleur a une chance aussi insolente qu’improbable qui achève de le rendre tout à fait insupportable. Finalement, Richard Mason illustre le principe sociologiquement démontré selon lequel tout réussi mieux aux gens dotés d’un physique avantageux, bien qu’à force de jouer avec le feu, Piet prend plus qu’à son tour le risque de se brûler les doigts…

C’est donc avec plus d’exaspération que de plaisir que l’on suit ce Casanova des temps modernes gravir les échelons sans états d’âmes. Et de l’observer manipuler chacun des membres de la famille cossue amstellodamoise pour laquelle il est précepteur. Si l’on peut s’amuser, dans ce tableau de la bourgeoisie de l’époque et de ses moeurs, de l’apologie irrévérencieuse de l’adultère comme gage de sauvetage du couple en naufrage par l’auteur, son approche des troubles obsessionnels compulsifs voire de l’autisme du jeune élève de Piet est quant à elle totalement absurde. Et faire d’un malin qui se joue du linge sale d’une famille comme une autre le messie de ses membres est assez dérangeant et odieux…

Après ce premier pas dans la bonne société, le jeune loup entend bien poursuivre sa quête de réussite en embarquant à bord d’un paquebot prestigieux. Et de remettre le couvert avec son audace et son ardeur, entre opportunes déveines et invraisemblables aubaines…

Le « à suivre » final promet un second tome… Encore faudrait-il que le premier ne laisse pas à quai. Les aventures rocambolesques de ce jeune homme ne sont pas déplaisantes mais tout de même assez décevantes. Ce grand drame au sens théâtral manque résolument de crédibilité et de profondeur. Disons que c’est un divertissement léger dont les scènes torrides d’anthologie méritent le coup d’oeil.

Ils en parlent aussi : Page des libraires, Les Échos.

Vous aimerez sûrement :

Un mariage poids moyen de John Irving, Une Île de Tracey Garvis Graves, La double vie d’Irina de Lionel Shriver, Éloge des femmes mûres de Sthepen Vizinczey, Mr d’Emme Becker, Lolita de Nabokov…

Extrait :

Piet Barol avait découvert, au détour de l’adolescence, son grand pouvoir de séduction sur la plupart des femmes et sur nombre d’hommes. Il était assez mûr pour en tirer parti, assez jeune pour se montrer impudent et assez expérimenté pour sentir qu’aujourd’hui, cela pourrait se révéler décisif.

Un grand merci aux Éditions Robert Laffont et à Babelio pour m’avoir offert l’opportunité de découvrir ce livre.

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