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le journal de polinaUne adolescence tchétchène

Présentation de l’éditeur : Polina Jerebtsova a 14 ans en 1999 lorsque débute le deuxième guerre de Tchétchénie. Elle tient un journal intime jusqu’en 2002 : elle y témoigne de ses souffrances, du quotidien rythmé par les bombardements, la faim, la peur et les deuils. Seule avec sa mère dans Grozny, la jambe criblée d’éclats d’obus, Polina continue de manifester un formidable appétit de vivre et de savoir. Elle tombe amoureuse, apprend le karaté, embellit son quotidien en l’illustrant par des poèmes qu’elle écrit ou qu’elle emprunte à d’autres. Les émois de l’adolescente alternent avec son récit circonstancié du siège de la ville. Tout semble bon pour survivre, même les pires bassesses. Polina n’y cède jamais. L’écriture est le garant de son intégrité. La publication de son journal a provoqué des débats virulents en Russie. Le régime de Vladimir Poutine et ses partisans ne sont pas prêts à reconnaître les crimes commis par l’armée russe dont témoigne Polina. Menacée de mort, elle a dû fuir Moscou. Elle vit aujourd’hui en exil en Finlande, où elle a obtenu l’asile politique.

Traduit du russe par Véronique Patte.

Préface d’Anne Nivat, grand reporter de guerre indépendante.

Books Éditions – 558 pages

Depuis le 23 septembre 2013 en librairie.

Ma note : 2,5 / 5

Broché : 23 euros

Ebook : 11,99 euros

Une guerre, une adolescente, un journal intime… Impossible de ne pas penser à Anne Frank et son témoignage émouvant sur sa vie quotidienne de jeune juive sous le joug nazi ! Mais difficile de supporter la comparaison avec un tel monument de la littérature autant que de l’histoire connu dans le monde entier…

Ici, la jeune fille s’appelle Polina, elle a quatorze ans et le conflit dont il est question est la deuxième guerre russo-tchétchène. Deux guerres qui se sont soldées, selon des estimations, par la mort de 100 000 à 300 000 personnes, soit un dizième de la population de Tchétchénie.

Fille d’une mère russe et d’un père tchétchène, l’adolescence livre dans son cahier, sa vision enfantine de la guerre. Difficile de rester de marbre à la lecture de ce témoignage où elle évoque le conflit, ses horreurs, l’avilissement mesquin de l’humain en ces temps troublés, tout autant que les instants volés à ce quotidien bouleversé comme les premiers émois, la poésie ou encore l’amitié.

Pourtant, les longueurs se font ressentir au fil du texte et force est de constater que si l’on ne connaît pas les tenants et les aboutissants de ce conflit – hormis qu’il accable la Russie – et l’histoire de cette région, l’on en apprend pas plus à la lecture de ce texte. Un texte qui, dans l’ensemble, reste anecdotique et peine à toucher au plus profond de l’émotion.

Il a malgré tout fait écho puisqu’il a provoqué la colère d’une Russie bien décidée à cacher les horreurs commises qui ont résulté sur la mise en place d’un gouvernement pro-russe. Remises en question de la valeur de son témoignage et menaces auront eu raison de la vie à Grozny de la jeune Polina qui a dû réclamer et obtenu l’asile politique en Finlande.

Abandon en page 152.

Vous aimerez sûrement :

Muette d’Éric Pessan, Rescapé de Sam Pivnik, Une adolescence américaine de Joyce Maynard, On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans de Barbara Samson, L’affaire Eszter Solymosi de Gyula Krúdy, Deuxième génération de Michel Kichka, Je ne suis pas celle que je suis de Chahdortt Djavann, Un fusil dans la main un poème dans la poche d’Emmanuel Dongala, Marthe et Mathilde de Pascale Hugues, Des nouvelles d’Alain de Guibert, Keler & Lemercier…

Extraits :

Polina peut passer d’un bombardement à une crème glacée. Cette déconcertante facilité à se mouvoir dans les réalités de la guerre les illustre pleinement : Polina a raison, on peut avoir échappé au pire, avoir vu des gens mourir autour de soi, et avoir envie de manger une glace. On peut aussi trouver que la soupe qu’une voisine apporte en guise de repas funéraire à la mémoire de son enfant perdu il y a peu est « délicieuse » car on a faim, et l’on n’arrive pas à être rassasiée d’oignon et de farine pourrie.

Vivre dans la guerre, c’est se couler dans cet autres rythme imposé par la nécessité, accepter que ce nouvel état transforme radicalement les relations humaines, les rendent plus directes, moins « diplomatiques ». Dans la guerre, tout est binaire : soit on meurt, soit on parvient vaille que vaille à survivre, sans être jamais sûr que cela va durer. On vit alors intensément quelques heures, guettant le calme de la nuit, et le lendemain, ça recommence sans que l’on sache quand cela se terminera. Pour essayer de se convaincre que se qui se passe autour de soi n’est pas vrai, pour tenter de continuer à croire qu’on a peut-être rêvé, on s’escrime à poursuivre sa vie quotidienne comme elle était avant, du moins à en conserver les apparences. Même si c’est inutile, même si c’est pathétique, c’est humain. C’est ce qu’il faut faire pour, psychologiquement, s’en sortir.

Les bombes des avions qui volent

Noient nos maisons dans la fumée,

Je rêve d’une vie simple et folle,

D’être jeune et d’être aimée !

 Un grand merci à Books Éditions pour m’avoir offert l’opportunité de découvrir ce livre en avant-première.

Une réflexion sur “Le journal de Polina de Polina Jerebtsova

  1. Pingback: L’ange de charbon de Dominique Batraville | Adepte du livre

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