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la voleuse de livresPrésentation de l’éditeur : Leur heure venue, bien peu sont ceux qui peuvent échapper à la Mort. Et, plus rares encore, ceux qui réussissent à éveiller Sa curiosité. Liesel Meminger y est parvenu. Trois fois cette fillette a croisé la Mort et trois fois la Mort s’est arrêtée. Est-ce son destin d’orpheline dans l’Allemagne nazie qui lui a valu cet intérêt inhabituel ? Ou sa force extraordinaire face aux événements ? À moins que ce ne soit son secret… Celui qui l’a aidée à survivre et a même inspiré à la Mort ce si joli surnom : la Voleuse de livres…

Éditions Pocket – 634 pages

Ma note : 5 / 5

Broché : 19,90 euros

Poche : 8,10 euros

À lui seul, son titre est déjà un appel aux lecteurs compulsifs, amoureux du livre et autres bibliophiles. Si l’on ajoute à cela la réputation de Markus Zusak qui s’est imposé depuis quelques années comme le plus novateur et le plus poétique des auteurs contemporains, l’on a incontestablement la recette d’un véritable best seller international.

CQFD puisque La voleuse de livres a été traduit dans plus de vingt langues et adapté au cinéma ; il est sorti sur les écrans français au premier trimestre de l’année 2014. Mais comment expliquer ce succès ? Pourquoi tout le monde s’arrache ce livre ?

Déjà parce que La voleuse de livres appartient à cette littérature destinée autant aux adolescents qu’aux adultes – il y a d’ailleurs eu une parution simultanée dans les deux rayons des librairies avec des couvertures différentes. Mais au-delà du titre accrocheur, du nom du romancier comme gage de qualité et du ciblage élargi, il y a un parti pris narratif réellement atypique.

Dans ce livre, c’est la Mort qui raconte une histoire. Une idée morbide ? Un texte forcément glauque ? Nullement ! La Mort est ici un personnage courtois et pince-sans-rire. Elle se présente comme un travailleur débordé, au bord du burn out. Forcément, l’intrigue se déroule en pleine Seconde Guerre Mondiale, au coeur de l’Allemagne nazie, à Molching non loin de Dachau !

Avec philosophie et découragement, la Mort raconte comment l’homme devient, par moments, fou. Comment l’espèce humaine augmente, de manière ponctuelle au fil du temps, sa production de cadavres. Débordée par la folie des hommes, elle désespère de l’humanité.

Mais heureusement, il existe des êtres, trop rares, qui lui prouvent que l’aventure humaine vaut la peine. Liesel est de ceux-là. Et de nous raconter l’histoire de cette petite Liesel emportée dans le tourbillon de la grande Histoire… Au coeur de l’horreur, survivent l’amour de la lecture, les liens familiaux et amicaux, la liberté de penser, l’envie de rire, la solidarité…

Ce roman est tout à la fois optimiste et tragique, oscille entre beauté et atrocité, émeut comme il bouleverse. Le flot d’émotions est soutenu par une écriture rythmée et une profondeur de propos totalement accessible. La voleuse de livres est une authentique bouffée d’humanité, du genre qui fait du bien à l’âme et vous réconcilie avec ce Monde vraiment upside down.

Vous aimerez sûrement :

L’Ombre du vent de Carlos Ruis Zafon, Le libraire de Regis de Sa Moreira, L’insoutenable légèreté de l’être de Milan Kundera, La Vallée des masques de Tarun Tejpal, Vous ne connaîtrez ni le jour ni l’heure de Pierre Béguin, Rainbow Warriors d’Ayerdhal, Enfants de la paranoïa de Trevor Shane, Ferrailleurs des mers de Paolo Bacigalupi…

Extraits :

Lorsqu’elle entreprit d’écrire son histoire, elle se demanda à quel moment exactement les livres et les mots avaient commencé à avoir une influence capitale pour elle. Était-ce la première fois où elle posa les yeux sur la pièce aux nombreux rayonnages remplis de volumes ? Lorsque Max Vandenburg arriva rue Himmel avec le Mein Kempf d’Hitler et de la souffrance plein les mains ? Lorsqu’elle lut dans les abris ? Était-ce le dernier défilé vers Dachau ? La Secoueuse de mots ? Peut-être ne saurait-elle jamais exactement où et quand c’était arrivé.

Comme tous les gens qui font partie d’une famille, Liesel se permettait de critiquer les membres de la sienne, mais refusait que quelqu’un d’autre le fasse et réagissait en prenant leur défense.

J’ai eu nombre de tournées à faire, cette année-là, de la Pologne à l’Afrique et retour, en passant par la Russie. Vous me direz que je fais mes tournées de toute façon, quelle que soit l’année, mais parfois l’espèce humaine aime accélérer les choses. Elle augmente la production de cadavres et des âmes qui s’en échappent. Quant aux survivants, ils se retrouvent sans maison et je vois partout des sans-abri. Ils me poursuivent souvent pendant que j’erre dans les rues des villes dévastées. Ils me supplient de les emporter, sans se rendre compte que j’ai trop de travail pour cela. « Votre heure viendra », leur dis-je, et j’essaie de ne pas regarder en arrière. Parfois, j’aimerais pouvoir leur répondre : « Vous ne voyez pas tout ce que j’ai déjà sur les bras ? », mais je ne le fais pas. Je me plains intérieurement tout en vaquant à mes tâches, et, certaines années, les âmes et les corps ne s’additionnent pas ; ils se multiplient.

En toute honnêteté (et je sais que j’ai tendance à trop me plaindre, actuellement), je ne m’étais pas encore remise de Staline, en Russie. La prétendue « seconde révolution » – l’assassinat de son propre peuple.

Et puis Hitler est arrivé.

On dit que la guerre est la meilleure amie de la mort, mais j’ai une autre opinion là-dessus. À mes yeux, la guerre est comparable à un nouveau patron qui attend de vous l’impossible. Il est là, sur votre dos, à répéter sans arrêt : « Il faut que ce soit fait, il faut que ce soit fait. » Alors, vous mettez les bouchées doubles. Et le travail est fait. Pour autant, le patron ne vous remercie pas. Il vous en demande plus encore.

Un grand merci aux Éditions Pocket pour m’avoir offert l’opportunité de découvrir ce livre.

8 réflexions sur “La voleuse de livres de Markus Zusak

    • Sorti récemment, il y a aussi Le messager du même auteur. Totalement différent, mais tout aussi original, il est aussi bien si ce n’est mieux ! Je devrais en faire la critique très prochainement…
      Avez-vous vu le film également de La voleuse de livres ? Je ne suis personnellement pas fan des adaptations que je ne vois que rarement car trop souvent décevantes…

      J'aime

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