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orchidée de sangUne histoire pas naturelle de l’Amérique

Présentation de l’éditeur : Orchidée de sang est le premier volet d’une trilogie qui a rendu son auteur célèbre aux États-Unis. Dans la tradition de Hunter S. Thompson, Charles Bowden ausculte l’histoire et la civilisation américaines, mêlant les paysages, les faits divers, la littérature, l’histoire, l’écologie, la société, la guerre et la sexualité en une fresque hallucinée qui contient les questions essentielles de notre temps. Il s’interroge ici sur la violence inhérente au destin de son pays. Personne n’a jamais écrit sur l’Amérique comme Charles Bowden. Son œuvre est une révélation.

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Bernard Cohen.

Éditions Albin Michel – 354 pages

Depuis le 30 octobre 2013 en librairie.

Ma note : abandon en page 82

Broché : 22 euros

Publié il y a vingt ans aux États-Unis, Orchidée de sang de Charles Bowden est disponible en français pour la première fois. Annoncé comme un véritable événement, il a été encensé par la critique américaine, unanime quant à la qualité de l’oeuvre et à sa valeur quasi prophétique. Jim Harrison lui-même figure en jaquette de l’édition française :

Lire Bowden, c’est comme rouler dans une Ferrari dont les freins auraient lâché : on va à toute blinde, mais pas moyen de s’arrêter. Lisez-le, vous n’avez rien à perdre, si ce n’est quelques fausses certitudes. Aucun autre écrivain ne porte un regard aussi détaché et lucide sur notre culture.

Présenté comme un livre en marge de la production ambiante, il est tout ce qu’il y a de plus prometteur : il se propose de faire découvrir au lecteur une approche moins consensuelle de la civilisation américaine en revisitant l’histoire, toute l’histoire depuis la découverte des Amériques, à la façon du journalisme gonzo. Bowden partage son road trip à la rencontre des « vrais » américains en sept chapitres. Entre chaque chapitre, de bout en bout du livre, des notes sur la vie sexuelle des orchidées ; la stratégie de reproduction de cette plante carnivore étant la métaphore filée de l’histoire et de l’évolution des États-Unis.

Bref, un vrai portrait sans concession, pour ne pas dire au vitriol, des sacro-saints U.S.A., tout pour me plaire. Sauf que. Impossible de rentrer dans le livre. Une question de style ? Une histoire de mauvais moment ? Aucune idée. J’avais envie d’aimer cet impertinent et lucide essai, mais las. Je reéssayerai une prochaine fois. Parce que nul doute que ce livre, c’est quelque chose… Avis aux amateurs de la civilisation américaine aussi fascinante que rebutante.

Vous aimerez sûrement :

Une adolescence américaine de Joyce Maynard, Mille femmes blanches de Jim Fergus, Seuls le ciel et la terre de Brian Leung, Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur de Harper Lee, La couleur des sentiments de Kathryn Stockett, Les confessions de Nat Turner de William Styron, Le jeu des ombres, La décapotable rouge et La malédiction des colombes de Louise Erdrich, Home de Toni Morrison, Bloody Miami de Tom Wolfe, Tant que je serai noire de Maya Angelou, Le dernier testament de Ben Zion Avrohom et L.A. Story de James Frey, Les saisons de la solitude de Joseph Boyden, Enig marcheur de Russel Hoban…

Extraits :

« À quel point devrons-nous attendre l’approche du danger ? Par quels moyens nous fortifier face à lui ? Faut-il craindre que quelque géant militaire transatlantique enjambe l’Océan pour nous écraser ? Jamais ! Toutes les armées combinées d’Europe, d’Asie et d’Afrique, avec toutes les richesses du monde (…) ne pourraient venir par la force s’abreuver dans l’Ohio ou ouvrir une piste à travers les montagnes du Blue Ridge, quand bien même elles essayeraient mille ans (…) Si la destruction est notre destinée, nous en serons nous-mêmes l’auteur et l’exécuteur. Nation d’hommes libres, nous devons survivre à tous les aléas, ou périr par suicide. »

Abraham Lincoln, 1838

J’ai été éduqué dans les mêmes valeurs de certitude, de fierté et de passion. Mon univers se fondait sur le patriotisme, le dur labeur, l’amour du pays et du drapeau. Je ne m’imaginais pas un instant en désaccord avec mon gouvernement, mes voisins ou quoi que ce soit d’autre. Je me rappelle encore quand, au crépuscule des années Eisenhower, Francis Gary Powers a été abattu dans son U-2 au dessus du territoire soviétique, que mon gouvernement a dénié mener des missions d’espionnage et que je l’ai cru sans la moindre réserve. J’étais jeune et stupide, évidemment, mais l’idée ne me serait jamais venue que mes dirigeants puissent me mentir sur un sujet aussi grave. J’aimerais pouvoir dire que j’ai beaucoup changé depuis cette époque mais je ne pense pas que ce soit le cas. Je suis plus un amant éconduit qu’un ennemi acharné. Certes, je n’ai plus confiance en mon gouvernement, ni en quelque forme de pouvoir centralisé, et pourtant je continue à croire aux promesses de la vie, du moins une partie de moi épargnée par mes pensées les plus sombres, et notamment aux promesses que portent ma terre natale.

Un grand merci aux Éditions Albin Michel pour m’avoir offert l’opportunité de découvrir ce livre.

2 réflexions sur “Orchidée de sang de Charles Bowden

  1. Pingback: Six jours de Ryan Gattis | Adepte du livre

  2. Pingback: Hobboes de Philippe Cavalier | Adepte du livre

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