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la nuit ne dure pasPrésentation de l’éditeur : Une trilogie racontée à la première personne, à tour de rôle, par chaque membre des Kid Bombardos, groupe français existant réellement. Les récits de trois frangins en quête d’eux-mêmes, la rage chevillée au corps et le rock’n’roll au bout des doigts… « J’ai su tout de suite que j’allais tourner mal. Le train filait droit vers moi. Il filait vite. Il filait droit… comme une chanson de Johnny Cash. Sa silhouette s’épaississait. Je me tenais là, tout près des rails, sur mes pieds douloureux à cause des Converse et de la longue promenade que je venais de faire en bordure de voie. J’allais me jeter devant lui et il m’emporterait. Il emporterait tout ce qui encombrerait ma tête. Terminus l’Enfer. Je ne voulais pas mourir de mort lente. Terminus l’Enfer. Tout ce que je méritais. »

13e Note Éditions – 266 pages

Archive du blog Gwordia

Ma note : 5 / 5

Broché : 19 euros

Ebook : 12,99 euros

Je dois bien l’avouer – faut-il s’en cacher ? -, si je suis passée par différentes phases musicales, le rock n’a jamais vraiment pu bénéficier de mes faveurs. C’est donc peu enthousiaste et prématurément convaincue que je n’irais pas au bout de cette lecture que je me suis engagée dans le premier roman d’Olivier Martinelli. Un fucking roman.

99 % des références musicales – elles sont nombreuses – me sont inconnues à commencer par celles des Kid Bombardos, héros – malgré eux ? – de cette biographie et pourtant, j’ai chialé comme si l’on faisait éclater en boucle les notes d’une musique qui me secoue les tripes. Je n’ose même pas imaginer la puissance des ressentis pour ceux qui ont les mêmes références discographiques.

Ce « roman » – qu’ils disent – est une affaire de famille. Ça débute par une dédicace du frangin de l’écrivain, dans le genre frère avec un grand F qui te tire la larmiche en une page. Ça continue donc par le texte en lui-même en trois parties qui narre la vie des trois neveux de l’auteur (donc des fils de celui qui a écrit la préface, vous suivez ?) mais en utilisant le « je » comme si ce n’était pas l’oncle (le frère de monsieur prologue donc l’écrivain quoi, ok ?) qui parlait mais chacun des petits zicos. Et au final, c’est le premier bouquin de l’auteur qui a longtemps vu ses manuscrits classés sans suite, qui perce grâce au succès de ses neveux et qui est édité chez l’éditeur de son auteur favori – John Fante – découvert par l’entremise de son frère. Une histoire de famille, je vous mens pas.

Le tout, ça te percute, ça te transperce, ça t’éclate, ça te déchire. Bref, c’est puissant. Comme le dit la jaquette, c’est « l’instantané d’une jeunesse en quête d’absolu, de rock au vitriol et de cul tendre ». Si un jour j’ai des gamins, je leur ferai lire ça au moment de l’adolescence parce que c’est un vrai message ce bouquin. Et que l’on aime le rock ou pas mais que l’on soit un peu (ou beaucoup) connaisseur en musique, la plume d’Olivier Martinelli est un vrai plaisir : mélodie, crescendo et decrescendo, pause, soupirs… Ça chante, ça vit et ça résonne longtemps après le point final.

Extraits :

Ils se la jouaient rebelles par procuration. Ils étaient pitoyables. Ils avaient lu un jour que les rapeurs adulaient Scarface. Alors, ils s’y étaient mis eux aussi. Ils oubliaient un truc. C’est que chacun truc d’eux avaient un sacré parachute derrière, des parents qui assuraient et assureraient davantage en cas de coups durs… des parents comme les miens.

« Les filles c’est comme ça, même si elles sont plutôt moches, même si elles sont plutôt connes, chaque fois qu’elles font quelque chose de chouette on tombe à moitié amoureux d’elles et alors on sait plus où on en est. »

J.D. Salinger

8 réflexions sur “La nuit ne dure pas d’Olivier Martinelli

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